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Le Montréalais Mike Payette futur directeur artistique du Tarragon Theatre de Toronto

« Ce qui m’intéresse, c’est de participer au prochain chapitre de ce théâtre en termes de créations théâtrales, de pluralité et de diversité des voix. »

Mike Payette.

Un demi siècle après la fondation du Tarragon Theatre, Mike Payette en sera le quatrième directeur artistique. Il entrera en fonction en septembre.

Photo : Rudy Perez

Maud Cucchi

Malgré la pandémie, la scène théâtrale bouge encore. Pour preuve, la récente nomination du metteur en scène montréalais Mike Payette à la tête du Tarragon Theatre de Toronto. Aux aléas de l'époque, qu’ils soient sanitaires, financiers ou sociaux, la nouvelle recrue oppose son désir de bâtir des ponts en arts et de soutenir la diversité sous toutes ses déclinaisons.

Présentement à la tête du Geordie Theatre, compagnie anglophone spécialisée dans le théâtre jeune public à Montréal, Mike Payette remplacera Richard Rose, qui part à la retraite à la fin de la saison théâtrale.

Le metteur en scène a été deux fois lauréat du prix du Théâtre anglais de Montréal (META). Il a également été le co-fondateur et directeur artistique du théâtre Tableau D'Hôte et directeur artistique adjoint du Black Theatre Workshop.

Qu’est ce qui a motivé votre décision de rejoindre Tarragon Theatre?

Tarragon a une très forte histoire en tant que plateforme pour les auteurs de nouvelles pièces. Ce théâtre a fait beaucoup pour que leur travail rayonne au Canada. Plusieurs pièces que des artistes de ma génération ont lues et étudiées ont été présentées en première au Tarragon. Comme Hosanna de Michel Tremblay, qui a été traduite d’abord en anglais au Tarragon dans les années 1970 [NDLR : et qu'il a mise en scène en 2015].

La façade de Tarragon Theatre.

Le Tarragon Theatre, sous la direction artistique de Richard Rose depuis 2002, était à la recherche de son remplaçant depuis environ un an.

Photo : Tarragon Theatre

50 ans plus tard, Tarragon poursuit son mandat de porter des créations de différentes voix canadiennes. J’étais vraiment curieux de connaître à quoi ressemblerait son prochain chapitre. Quelles autres formes d’arts pouvons-nous introduire au théâtre pour accueillir encore davantage de voix et d’histoires et exposer nos publics à d’autres genres et d’autres valeurs artistiques? La danse, le spoken word [création parlée], la musique...comment peuvent-ils moduler la dramaturgie du Tarragon?

Je veux voir une multitude de voix dans notre théâtre, des artistes qui créent sur place. L’environnement reste théâtral mais les influences artistiques seront diverses.

Une citation de :Mike Payette, prochain directeur artistique du Tarragon Theatre

Ce sera une longue transition. Je ne déménagerai à Toronto qu’en janvier 2022. Je débuterai officiellement à Tarragon en septembre, depuis Montréal, afin d’accompagner la transition avec mon remplaçant à Geordie.

Quelle place accorderez-vous au théâtre francophone?

Je suis né et j’ai grandi à Montréal, j’ai un profond respect pour cette communauté grâce à laquelle j’ai pu avoir beaucoup d'opportunités et un réseau en étant établi au Québec. Mais je suis aussi curieux de voir ce que je peux faire de plus.

Je voudrais construire des ponts entre Toronto, Montréal et les autres régions au Canada. Je considère que Tarragon est le partenaire idéal pour établir des liens avec d’autres compagnies en dehors de la région, pour discuter de l’art que nous voulons créer au Canada.

Une citation de :Mike Payette

Je pense aussi à la nouvelle direction au Théâtre Français de Toronto. Il y a une communauté francophone vibrante à Toronto que je suis curieux de découvrir. Tarragon, dans son histoire, a traduit beaucoup de pièces en français. Olivier Choinière est d'ailleurs l’un des auteurs en résidence actuellement.

Que peut-on apprendre d’une histoire québécoise ou franco-ontarienne? ou franco-manitobaine qui parlerait au public anglophone de Toronto? Je voudrais aussi aller chercher d’autres langues. Je veux ouvrir la porte à ces artistes et leur assurer qu’ils auront une maison à Tarragon.

Comment la pandémie vous a-t-elle affecté?

Ça va...ok. Pour notre secteur, la période a été extrêmement difficile. Les dirigeants des compagnies sont exténués, on a travaillé très très dur pour défendre le théâtre non seulement comme quelque chose de viable, mais avec un impact plus grand sur la communauté.

Ma compagnie Geordie a survécu, on a réussi à continuer de travailler. Mais on s’est tous posé la question : si on ne peut pas dialoguer avec notre public, être ensemble au théâtre dans le même espace, comment garde-t-on contact avec notre public qui meurt d’envie de revenir au théâtre?

La pandémie nous a poussés à l’introspection, à redéfinir ce qui nous incite à faire ce qu’on fait, ça m’a vraiment rappelé l’impact social du théâtre.

Une citation de :Mike Payette

Ceci dit, c’est un empilement de crises, la pandémie, et par-dessus un éveil social en termes de reconnaissance d’injustices sociales, ça a été important de redéfinir ce pour quoi et pour qui nous travaillons. Pour moi, la pandémie a agi comme un hyperpropulseur.

Ce que je constate aujourd’hui, c’est que notre secteur théâtral est au bord du précipice avec un besoin profond de partenariats, de collaborations, pour ne plus opérer en silos chacun dans une ville de son côté.

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