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Le gouverneur Cuomo fait désormais l'objet d'une enquête en destitution

Andrew Cuomo lors d'une conférence de presse.

En plus d'être visé par des allégations d'inconduite sexuelle, le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, est critiqué pour sa gestion de la crise de la COVID-19 dans les résidences pour aînés.

Photo : Getty Images / Matthew Cavanaugh

L'étau semble se resserrer autour du gouverneur démocrate Andrew Cuomo, visé par plusieurs allégations d'inconduite sexuelle et même d'agression : le président de l'Assemblée législative de l'État a autorisé, jeudi, l'ouverture d'une enquête en destitution, une des plaintes a été signalée à la police et des dizaines d'élus de son parti réclament sa démission.

Le démocrate Carl Heastie a permis au Comité judiciaire de l'assemblée de lancer une enquête sur les allégations d'inconduite sexuelle formulées contre le politicien de 63 ans.

Les accusations visant le gouverneur sont sérieuses, explique-t-il dans un communiqué.

Le Comité aura le pouvoir d'interroger des témoins, d'ordonner la production de documents et d'évaluer les preuves, précise M. Heastie, se disant persuadé que l'enquête sera rapide, complète et approfondie.

Il a spécifié que la démarche serait parallèle à l'enquête indépendante, supervisée par la procureure générale de l'État, Letitia James.

Dans la matinée, il avait indiqué que les membres de la formation discuteraient pendant la journée des voies potentielles à suivre à la lumière des allégations qui s'accumulent.

Plus tôt cette semaine, les républicains avaient pour leur part annoncé une résolution de mise en accusation du gouverneur, mais une telle procédure doit cependant obtenir l'aval du président de l'assemblée pour pouvoir être déposée et soumise au vote.

Près d'une soixantaine d'élus démocrates ont en outre demandé sa démission.

Le gouverneur doit faire passer les citoyens de New York en premier, ont écrit 19 sénateurs et 40 membres de l'Assemblée législative dans une lettre conjointe, rendue publique jeudi.

Nous avons une lieutenante-gouverneure [Kathy Hochul] qui peut prendre la relève et diriger [l'État] pour le reste du mandat, et c'est ce qu'il y a de mieux pour les New-Yorkais en cette période critique, arguent-ils. Il est temps pour le gouverneur Cuomo de démissionner.

À la lumière de l'aveu du gouverneur d'avoir eu un comportement inapproprié et du fait qu'on a découvert que les données sur les morts liées à la COVID-19 dans les établissements de soins pour aînés ont été modifiées, il a perdu la confiance de la population et de la législature de l'État, ce qui le rend inefficace en cette période où les besoins sont les plus urgents.

Une citation de :Extrait de la lettre de 59 élus démocrates

Après la dernière allégation en date, celle d'une collaboratrice disant avoir été victime d'une agression, le maire de New York, Bill de Blasio, un démocrate qui n'a pas une bonne relation avec le gouverneur, a lui aussi estimé que M. Cuomo devait quitter son poste.

C'est profondément troublant. L'allégation spécifique selon laquelle le gouverneur a appelé l'une de ses employées – une personne sur laquelle il avait du pouvoir –, l'a convoquée dans un lieu privé et l'a ensuite agressée sexuellement est absolument inacceptable, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse. C'est dégoûtant pour moi, et il ne peut plus servir en tant que gouverneur. C'est aussi simple que cela.

Depuis que les allégations ont commencé à émerger sur la place publique, il y a quelques semaines, le politicien, qui en est à son troisième mandat, a rejeté les appels à sa démission.

S'il s'est dit excusé sincèrement d'avoir blessé certaines femmes, il a cependant réfuté tout geste déplacé.

Une allégation signalée à la police

Entourée d'autres manifestants, une jeune femme tient une pancarte disant : « Cuomo doit démissionner ».

Des citoyens réclament eux aussi la démission du gouverneur Cuomo.

Photo : Getty Images / Scott Heins

La police de l'État de New York et le bureau du conseiller juridique du gouverneur ont tous deux contacté, mais de façon indépendante, la police d'Albany pour leur signaler une possible agression qui serait survenue dans la résidence officielle du gouverneur, ont rapporté divers médias américains.

Un porte-parole de la police de l'État ainsi que la conseillère juridique du gouverneur par intérim, Beth Garvey, ont tous deux confirmé les discussions avec la police locale, selon le New York Times.

L'épisode en question est lié à une sixième victime présumée, la dernière en date, dont a fait état mercredi le Times Union d'Albany, journal de la capitale de l'État.

Cité par le New York Times, un responsable du service de police local a déclaré que l'allégation en question pourrait constituer un crime.

La présumée victime n'a cependant pas porté plainte, selon un porte-parole, qui a précisé que le département lui avait offert ses services, comme il le ferait pour tout autre signalement. Cela ne signifie pas qu'une enquête criminelle a été ouverte, a-t-il précisé.

La femme, qui n'a pas été identifiée, mais qui serait une collaboratrice du gouverneur Cuomo beaucoup plus jeune que lui, aurait affirmé avoir été touchée par lui de façon inappropriée à sa résidence officielle, dans ce qui semble constituer jusqu'ici l'allégation la plus grave.

Selon une source du journal, qui n'a pas parlé à la femme elle-même, le sexagénaire l'aurait convoquée chez lui sous un prétexte professionnel à la fin de l'an dernier. Il aurait ensuite mis sa main sous la blouse de son employée et l'aurait caressée, mais la femme lui aurait dit d'arrêter.

Toujours selon la source, la collaboratrice du gouverneur aurait confié qu'il avait souvent flirté avec elle, une affirmation concordant avec les témoignages d'autres accusatrices, et que ce n'était pas la première fois qu'il la touchait.

La femme se serait confiée à une superviseure dans la foulée d'une conférence de presse du gouverneur au cours de laquelle il a soutenu n'avoir jamais touché une femme de façon appropriée, après le témoignage publié en ligne par la première victime présumée.

Mercredi soir, M. Cuomo, a de nouveau nié tout acte répréhensible. Je n'ai jamais rien fait de tel, a-t-il soutenu dans un communiqué.

Il a en outre refusé de commenter davantage cette nouvelle allégation et les précédentes, citant l'enquête indépendante et se disant persuadé d'être blanchi.

Six accusatrices

Un total de six femmes, essentiellement des collaboratrices, anciennes ou encore en poste, ont pour l'instant reproché au gouverneur démocrate d'avoir posé des gestes de harcèlement sexuel ou d'avoir eu un comportement déplacé.

Andrew Cuomo est également sur la sellette pour sa gestion de la crise de la COVID-19 dans les résidences pour aînés. Il fait même l'objet d'une enquête du FBI sur cette question.

Il était jusqu'à récemment perçu comme un candidat à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2024. Les médias américains ont également rapporté qu'il figurait sur la liste des candidats possibles au poste de procureur général dans le Cabinet de Joe Biden.

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