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Un an de pandémie dans le monde culturel : des artistes débrouillards et solidaires

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Le théâtre Capitol à Moncton

Photo : Autre banques d'images / Guy R. Leblanc

La pandémie a plongé le monde artistique acadien dans l’incertitude. Annulations et reports de spectacle, cette dernière année a changé le visage de l’industrie.

Tout le monde en mode virtuel

Émilie Landry lors de son spectacle en direct.

Émilie Landry lors de son spectacle en direct

Photo : Facebook : Le Grenier musique

Les artistes dont les spectacles ont été annulés ont eu la réaction presque immédiate de se tourner vers le web afin d'atteindre leur public.

C’est au beau milieu du sound check qu’ils ont dit qu'on ne pouvait pas faire le spectacle parce qu’on dépassait la limite, se remémore Émilie Landry, qui a offert son premier spectacle virtuel quelques jours plus tard.

J’en ai fait quelques autres, j’ai même lancé un vidéoclip comme ça. C’était bon pour connecter avec le monde.

Une citation de :Émilie Landry, autrice-compositrice-interprète

Selon elle, les prestations en direct du salon n’ont plus le même intérêt qu’au début de la pandémie. Elle estime que les artistes misent aujourd’hui sur des spectacles numériques plus complets et professionnels.

Quel est l'avenir des spectacles virtuels?

Kim Rayworth, directrice du théâtre Capitol.

Kim Rayworth, directrice du théâtre Capitol

Photo : Radio-Canada

Les diffuseurs de spectacles se sont aussi adaptés à la nouvelle réalité en présentant des spectacles virtuels, ou hybrides, lorsque l’accueil du public était permis.

Ce nouveau mode de diffusion présente certains avantages selon Kim Rayworth, directrice générale du théâtre Capitol, à Moncton.

On sait qu’on peut rencontrer un plus grand nombre de personnes. Ceux qui ne se sentent pas prêts de retourner et ceux qui sont à l'extérieur de la région.

Une citation de :Kim Rayworth, directrice générale du théâtre Capitol

Alors que le retour en salle demeure leur priorité, les diffuseurs réfléchissent à l'avenir du spectacle numérique après la pandémie.

Selon plusieurs, la demande du public et les coûts associés à la production virtuelle seront des facteurs à prendre en considération.

Un nouveau rôle sur les plateaux de tournage

Trois personnes travaillent sur un plateau de tournage en portant un masque.

Masques, visières et panneaux de plexiglas font désormais partie de l’environnement de travail des plateaux de tournage.

Photo : Radio-Canada

La pandémie a mené à la création d'un nouveau poste au sein des équipes de tournage : le responsable COVID-19.

J’étais le premier arrivé, et le dernier parti, explique Paul Parker, qui a été embauché pour assurer le respect des règles sanitaires sur le plateau de tournage de la série Comme dans l’espace, à Shediac.

Paul Parker, jeune homme dans la vingtaine, en entrevue virtuelle, dans un chalet avec des murs en bois.

Paul Parker doit s'assurer que toutes les règles sanitaires soient respectées sur le plateau de tournage.

Photo : Radio-Canada

Ses tâches quotidiennes consistent à désinfecter les lieux et à poser les questions de vérification émises par le gouvernement, en plus de manipuler des objets pour éviter les contacts entre les employés.

Paul Parker indique que ses collègues sont disciplinés, et qu’il n’a pas eu à jouer à la police COVID.

Des groupes de créateurs épargnés?

Ryan Doucette, un cure-dent dans la bouche, assis au bar avec une comédienne.

Ryan Doucette est scénariste pour deux séries télévisées. Il estime que la pandémie n'a pas eu d'incidence sur son quotidien en tant qu'auteur.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Alors que les arts de la scène ont subi de grands changements, les auteurs n’ont pas vécu les mêmes bouleversements.

Ryan Doucette, scénariste et réalisateur de l’émission Le sens du punch, constate qu’il vivait déjà sa vie 90 % en quarantaine.

Des scénaristes ou des écrivains, on est des gens qui sont dans notre tête tout le temps, être tout seul et écrire, ça fait partie de la machine. Je pense que nous autres, ça n’a pas changé grand-chose au niveau de notre environnement de travail.

Une citation de :Ryan Doucette, scénariste

En art visuel, les expositions sont nombreuses malgré le nombre de visiteurs limité en galerie.

Une galerie d'art.

Des artistes et des galeries en Atlantique se tournent vers les réseaux sociaux pour promouvoir l'art visuel.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau-Potvin

Sur sa page Facebook, le galeriste Daniel Chiasson indique avoir présenté plus d'une dizaine d'expositions et collaboré avec différentes galeries du Nouveau-Brunswick afin de promouvoir ses artistes au cours de la dernière année.

Plus de temps pour le développement

Un à côté de l'autre, de gauche à droite : Kevin Mcintyre à la basse, Jean-François Breau à la batterie, Jonathan Painchaud à la guitare, Éloi Painchaud au violon et George Belliveau, aussi au violon.

La formation Salebarbes interprète La danse du Mardi gras au studio 12 de la Maison de Radio-Canada, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Claude Dubé

L’annulation de concerts a poussé plusieurs musiciens à se consacrer à l’écriture de nouveaux albums.

Le groupe Salebarbes, qui devait entreprendre une tournée de 70 spectacles l’an dernier, a saisi l’occasion pour travailler sur un nouveau projet.

On s’est dit qu’à défaut de se voir, on va écrire de la musique. Pour la première fois on écrit des chansons originales, alors que le premier album, c'était des reprises du répertoire cajun.

Une citation de :Jean-François Breau, membre du groupe Salebarbes

De son côté, la compagnie Satellite Théâtre mise sur le développement de concepts, et sur l’écriture dramatique plutôt que sur la diffusion.

L’automne dernier, la compagnie a réimaginé la salle de spectacle en proposant une pièce déambulatoire en plein air.

Les comédiennes parmi les pommiers au Verger Belliveau, à Memramcook, au Nouveau-Brunswick.

De gauche à droite : Katrine Noël, Bianca Richard, Florance Brunet et Wijdane Akachkach

Photo : courtoisie

À un moment donné on s’est dit peut-être que la façon la plus sécuritaire de rencontrer le public, c'est dehors. C'est un parcours, donc certaines des stations sont habitées par des actrices qui nous livrent des monologues tous écrits par Caroline Bélisle.

Une citation de :Marc-André Charron, directeur artistique de Satellite Théâtre

La troupe prévoit reprendre le spectacle Pépins, un parcours de petites détresses l’été prochain.

Le secteur des arts et de la culture a fait preuve de résilience et de solidarité au cours de la dernière année.

Les créateurs ont su s'adapter pour combler un besoin d'évasion de plus en plus présent dans la société, en plus d'humaniser un quotidien lourd de solitude.

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