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La pandémie de COVID-19 a raison de la carrière de l'escrimeur Maxime Brinck-Croteau

L'athlète de 34 ans refuse de voyager pour se qualifier dans les circonstances actuelles et prend sa retraite.

Un escrimeur, les bras dans les airs, célèbre après avoir marqué un point décisif. Son adversaire a la tête penchée vers l'arrière en signe de déception.

Maxime Brinck-Croteau, alors qu'il célébrait le point qui l'envoyait aux Jeux de Rio, en 2016 (archives ).

Photo : Gracieuseté de Devin Manky

L’escrimeur Maxime Brinck-Croteau rêvait de participer à ses deuxièmes Jeux olympiques, à Tokyo. La pandémie de COVID-19 a finalement eu raison de la carrière de l’athlète de Gatineau.

Brinck-Croteau a confié à Radio-Canada qu’il prend sa retraite, à 34 ans, parce qu’il ne veut pas faire le parcours du combattant qui l’attendait pour se qualifier et se rendre au Japon l’été prochain.

Ma réflexion a vraiment commencé en mars de l’an dernier, au début de la pandémie. Je devais prendre ma retraite en 2016 et j’ai été chanceux de mettre un autre 25 cents dans le parcomètre pour me rendre jusqu’ici. Ce n’est pas comme si j’avais 19 ans et que je ne vivais que pour ça, mentionne l’athlète, serein par rapport à sa décision.

Il y avait beaucoup trop de si. Est-ce que je prendrais quand même ma retraite si j’avais déjà mon billet pour Tokyo? J’aime croire que oui… En même temps, je sais que les gens vont me dire que c’est facile de le dire parce que je ne l’ai pas.

Une citation de :Maxime Brinck-Croteau, escrimeur
Un athlète prend la pose pour une photo dans les rues d'un quartier résidentiel. Il porte son manteau d'athlète du Canada.

L'escrimeur Maxime Brinck-Croteau prend sa retraite après plus de 20 ans de carrière.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Jobin

Le chemin qu’il devait emprunter pour se rendre à Tokyo était parsemé d’embûches. Le Gatinois devait devancer un autre Canadien lors d'une compétition en Russie, dans deux semaines, et remporter ensuite un autre événement en Amérique latine pour se qualifier. Brinck-Croteau ne se voyait pas voyager autant dans la situation actuelle.

Je ne voulais pas rapporter des complications chez nous. Il y a un paquet de questions que je ne voulais juste pas me poser. C’était au-delà de la qualification olympique, mais plutôt à la bonne chose à faire, ajoute l’escrimeur.

C’est purement une décision qui m’appartient. Je ne veux pas mettre la responsabilité morale à qui que ce soit. Dans ma situation, je trouvais que ça n’avait pas de sens d’envoyer des messages de sécurité et de dire que l’important c’est la santé et d’aller dans des pays où la situation est difficile.

Une carrière dont il peut être fier

Maxime Brinck-Croteau a commencé à faire de l’escrime en 1997. Son premier entraîneur, Michel Dessureault, l’a inspiré dès le début. Je suis revenu à la maison après mon premier cours et j’ai dit à ma mère que je voulais aller aux Olympiques un jour. Ce discours-là ne m’a jamais quitté, rigole l’athlète.

Non seulement son rêve ne l’a pas quitté, mais il l’a réalisé en participant aux Jeux de Rio, au Brésil, en 2016. Il a pris le 27e rang de l’épreuve individuelle, s’inclinant dans un match serré, 15-14, en prolongation face au Russe Vadim Anokhin. 

Deux escrimeurs s'affrontent lors d'un match d'escrime aux Jeux olympiques.

L'escrimeur gatinois Maxime Brinck-Croteau, lors de son match contre Vadim Anokhin, aux Jeux olympiques de Rio, en 2016

Photo : Associated Press / Vincent Thian

Malgré tout, ce n’est pas sa participation aux Jeux olympiques qui représente son meilleur souvenir, mais bien sa première victoire d’une Coupe Canada, en 2011.

Cette compétition vaut zéro point. Tu peux même ne pas te présenter si tu veux. Mais je perdais toujours dans les gros tournois et cette victoire m’a donné la motivation de continuer et de me rendre aux qualifications olympiques, se souvient Brinck-Croteau.

Un athlète, médaille d'or au cou, célèbre sa victoire avec ses deux adversaires après une compétition d'escrime.

Maxime Brinck-Croteau, tout sourire, après sa première victoire en Coupe Canada, en 2011.

Photo : Gracieuseté de Maxime Brinck-Croteau

L'athlète insiste : il prend sa retraite comme escrimeur, mais il ne prend pas sa retraite de l’escrime. Il va continuer à offrir ses conseils dans les clubs locaux et au sein de la fédération nationale, en plus de s'impliquer dans l’organisme Excellence sportive Outaouais.

Je veux redonner de la sagesse du petit vieux qui est plus capable de le faire, mais qui sait comment ça marche, blague l’athlète olympique.

Les escrimeurs de demain en Outaouais pourront compter sur un guide qui garde toujours son humour bien à lui.

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