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L’année en montagnes russes de la Dre Jennifer Russell

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick raconte comment elle a vécu la dernière année sur le plan personnel, avec ses nombreuses « vagues » successives.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell, en mars 2021.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell, en mars 2021

Photo : Radio-Canada / Bryan Moreau

Quand le coronavirus a fait sa première victime au Nouveau-Brunswick, le 11 mars 2020, Jennifer Russell revenait tout juste d’un voyage en famille dans les Bahamas.

C’était juste quelques jours après un voyage avec mes enfants, raconte la médecin hygiéniste en chef, devenue aujourd’hui le visage de la gestion de la pandémie au Nouveau-Brunswick.

À peu près au même moment, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait l’état de pandémie mondiale et l’Italie se refermait complètement sur elle-même.

Des travailleurs de la santé s'occupent d'un patient atteint de la COVID-19 dans une unité de soins intensifs de l'hôpital San Raffaele à Milan, en Italie, le 27 mars 2020.

Les premières images des ravages de la COVID-19 en Italie ont constitué un point tournant pour la Dre Russell.

Photo : Reuters / Flavio Lo Scalzo

C’est à la vue des images en Italie que Jennifer Russell a commencé à saisir toute l’ampleur de la situation.

La mystérieuse maladie qui faisait l’objet de discussions entre médecins hygiénistes en janvier dépassait maintenant les frontières de l'Asie et s'en prenait à des pays occidentaux.

C’est là que je me suis dit : ''Oh. Ça va être difficile à gérer si la même situation arrive au Canada, si la même situation arrive au Nouveau-Brunswick''.

Une citation de :Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick

Le ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, avait alors pris la décision d’interdire aux enfants sortis du pays durant le congé de mars de se présenter à l’école.

Une directive qui s’appliquait directement à la famille de la plus haute fonctionnaire de la santé publique de la province. Au début, les enfants ne comprenaient pas pourquoi ils ne pouvaient pas aller à l’école, relate la Dre Russell. Mais peu de temps après, personne ne pouvait aller à l’école.

L’« incroyable » esprit de communauté

Fermeture des écoles et des commerces, installation de postes de contrôle aux frontières, gestion des effectifs et des équipements dans les hôpitaux : les autorités de la province ont rapidement dû s’organiser. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a formé un comité non partisan consacré à la gestion de la pandémie.

Jamais la petite province de quelque 700 000 habitants n’avait eu auparavant à gérer une crise de cette ampleur. On savait encore si peu de choses sur ce virus, le risque de désinformation était élevé.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell, a accordé une entrevue sur son expérience personnelle de la pandémie à l'animatrice du Téléjournal Acadie Karine Godin.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell, a accordé une entrevue sur son expérience personnelle de la pandémie à l'animatrice du Téléjournal Acadie Karine Godin.

Photo : Radio-Canada / Bryan Moreau

Aux yeux de la médecin qui se dit choyée d’être bilingue, il était plus important que jamais d’envoyer un message clair dans les deux langues officielles.

Je sais que dans une province bilingue c’est important d’avoir la connexion avec la culture et la langue pour que les gens reçoivent les messages.

Une citation de :Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick

Selon la Dre Russell, cette expérience aura mis à l’épreuve l’incroyable esprit d’équipe qui règne dans la province.

Je suis vraiment fière d’être Néo-Brunswickoise et de la population ici, de la manière dont les communautés se sont soutenues les unes les autres.

Garder le cap sur l’objectif

La dernière année aura été chargée en émotions.

C’étaient beaucoup de vagues, des hauts et des bas, les uns après les autres.

Une citation de :Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick

Le plus difficile pour celle qui exerçait autrefois la profession de médecin de famille consiste à ne pas perdre de vue l’objectif — assurer la sécurité de la population — au moment de prendre des décisions qui ne font pas le bonheur de tous.

Il y a tellement de choses à tenir en compte pour avoir un équilibre. On essayait de gérer tous les problèmes ensemble d’une façon à trouver un équilibre, mais on savait que c’était impossible.

Jennifer Russell donne l’exemple de la fermeture des frontières, décrétée le 25 mars. Selon elle, il s’agit de la mesure qui a été la plus efficace, mais la plus difficile à gérer.

Oui, ça me brisait le cœur d’entendre des histoires de gens touchés. Mais aussi je savais qu’on avait notre but, d’avoir le moins de gens possible hospitalisés, le moins de gens possible décédés, conclut-elle.

D'après une entrevue de Karine Godin

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