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Chine : le Parlement ouvre la voie à une réforme électorale à Hong Kong

Xi Jinping entouré de législateurs.

Le président chinois Xi Jinping est applaudi à son arrivée à la session de clôture de l'Assemblée populaire nationale, le 11 mars 2021 au Palais du peuple à Pékin, en Chine.

Photo : Getty Images / Kevin Frayer

Agence France-Presse

Le Parlement chinois a approuvé jeudi à la quasi-unanimité une réforme du système électoral à Hong Kong, qui donnera au pouvoir un droit de veto sur les candidats de l'opposition prodémocratie aux élections législatives.

Ignorant les avertissements des capitales occidentales, les quelque 3000 députés de l'Assemblée nationale populaire (ANP) ont approuvé sans surprise un projet de décision sur l'amélioration du système électoral dans l'ex-colonie britannique.

Une salve d'applaudissements a salué le résultat du vote dans l'immense Palais du peuple, le siège du Parlement à Pékin. Aucun député n'a voté contre le texte et un seul s'est abstenu.

Après l'annonce de la réforme la semaine dernière, Londres, Washington et Bruxelles avaient mis le régime chinois en garde contre une nouvelle atteinte à l'autonomie de Hong Kong et à ce qu'il reste de ses libertés.

Un an après la Loi nationale sur la sécurité

Le projet de modification de la désignation des députés du Conseil législatif (Legco), le Parlement hongkongais, survient près d'un an après l'imposition par Pékin d'une loi sur la sécurité nationale, qui s'est traduite par une répression sans précédent des militants de l'opposition dans le territoire autonome.

Le régime communiste avait imposé cette loi après les manifestations monstres de 2019 contre l'influence de Pékin à Hong Kong.

Des centaines de milliers de manifestants marchent dans les rues de Hong Kong en déployant leur parapluie, le 18 août 2019.

Des centaines de milliers de manifestants marchent dans les rues de Hong Kong, le 18 août 2019.

Photo : Getty Images / Chris McGrath

Mais le pouvoir du président chinois Xi Jinping n'avait pas pu empêcher qu'une consultation locale fin 2019 donne une très large victoire aux conseillers de district d'opposition.

À la suite du vote de jeudi, le comité permanent de l'ANP devrait être chargé de rédiger un projet de loi qui sera formellement approuvé par le Parlement chinois avant d'être imposé à Hong Kong.

Pouvoirs accrus à Pékin

Le texte n'a pas été publié, mais l'agence Chine nouvelle a expliqué qu'il consisterait à accroître le rôle du comité électoral hongkongais, un organe soumis à Pékin qui désigne déjà directement la moitié des députés du Conseil législatif.

Ce dispositif a permis au pouvoir chinois de s'assurer des majorités favorables au Conseil législatif de Hong Kong (Legco) depuis la rétrocession de 1997.

Le comité électoral, qui passera à 1500 membres contre 1200 actuellement, sera habilité à sélectionner les candidats autorisés à se présenter au volet démocratique du scrutin, selon l'agence de presse officielle.

Le Legco passera pour sa part de 70 à 90 membres, mais Chine nouvelle n'a pas précisé si le comité électoral pourrait désormais désigner plus de la moitié des députés hongkongais.

Menaces de sanctions à l’international

Le Royaume-Uni, ex-puissance coloniale à Hong Kong, a dénoncé jeudi par la voix de son chef de la diplomatie Dominic Raab une nouvelle mesure de Pékin pour vider de sa substance le débat démocratique sur le territoire.

La semaine dernière, l'Union européenne avait menacé de prendre des mesures de rétorsion, et les États-Unis avaient dénoncé une attaque directe contre l'autonomie de l'ex-colonie.

Ce projet vise à assurer la stabilité et le développement à long terme du concept ''Un pays, deux systèmes'', qui permet depuis 1997 à Hong Kong de bénéficier d'une semi-autonomie en échange de sa rétrocession, a indiqué jeudi à la presse le premier ministre chinois, Li Keqiang.

Lors de cette rétrocession, Pékin avait garanti au territoire, au moins jusqu'en 2047, des libertés inconnues en Chine continentale, comme la liberté de la presse ou une justice indépendante.

Mais le pouvoir et les médias chinois répètent depuis des semaines qu'une réforme est nécessaire pour s'assurer que seuls des patriotes puissent être élus dans la métropole financière.

Le terme de patriotisme signifie aimer l'actuelle République populaire de Chine dirigée par le Parti communiste chinois, a précisé mardi Song Ru'an, commissaire adjoint au ministère chinois des Affaires étrangères à Hong Kong.

Nous examinerons si les candidats répondent à ces critères, a-t-il ajouté.

Report d’élections

Honnie par l'opposition, la cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, a salué jeudi le vote des députés chinois, qu'elle a remerciés du fond du coeur.

Son conseiller Bernard Chan, député hongkongais au Parlement chinois, a toutefois déclaré lundi qu'il ne serait pas surpris de voir une grande partie de l'opposition être autorisée à revenir sur les bancs du Legco.

Si on n'encourage pas ouvertement le séparatisme, alors on remplit les conditions requises pour être élu, a-t-il assuré.

En septembre 2020, les élections qui devaient permettre de renouveler la moitié du Legco avaient été annulées, les autorités invoquant la pandémie de COVID-19.

Lundi, Mme Lam avait laissé entendre qu'un nouveau report des élections prévues en septembre prochain était probable, en raison des changements voulus par Pékin.

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