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La pandémie, « une expérience d'humilité » pour les médecins

Karl Weiss dehors devant l'entrée de l'Hôpital général juif.

Le microbiologiste et infectiologue Karl Weiss admet qu'il restera des mystères au coronavirus pour des générations à venir.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

« Entre ce qu'on pensait connaître et ce qu'on a fini par apprendre, la différence était très grande », reconnaît le Dr Karl Weiss, microbiologiste et spécialiste en maladies infectieuses à l'Hôpital général juif à Montréal, un an après le début de la pandémie.

En entrevue avec Patrice Roy, ce médecin spécialiste, qui a multiplié les apparitions télévisées au cours de la dernière année pour vulgariser la lutte contre la COVID-19, reconnaît que les 12 derniers mois ont été une expérience d'humilité pour la profession.

Personne ne savait à quoi s'attendre exactement. Nous n'avions pas l'histoire des autres coronavirus, parce qu'ils sont survenus à une époque où l'on n'avait pas les capacités qu'on a aujourd'hui, explique le Dr Weiss.

Encore aujourd'hui, au moment où la campagne de vaccination bat son plein au Québec, plusieurs inconnues demeurent. Et il restera probablement des mystères pour des générations à venir, prédit le microbiologiste et infectiologue.

Il y a encore plein de choses qu'on ne sait pas, admet-il. Comment les variants vont-ils faire évoluer le virus? Comment un retour à la normale dans le futur va-t-il faire que ce virus va évoluer?

Peut-être que des coronavirus comme la COVID-19 vont un jour devenir un simple rhume, comme beaucoup de coronavirus le sont.

Une citation de :Karl Weiss, microbiologiste et infectiologue à l'Hôpital général juif à Montréal

En attendant ce jour béni où la pandémie ne sera plus qu'un mauvais souvenir, il faudra prendre ça de façon très humble et essayer de se préparer à l'avenir, croit le médecin spécialiste.

Pour ce faire, le Québec devra d'abord casser les dogmes, selon lui. Avec le recul, le Dr Weiss estime que le port du couvre-visage, par exemple, aurait dû être exigé dès le départ par la santé publique, et ce, même si cette pratique, répandue en Asie, n'était pas encore dans les moeurs des Québécois.

Il faudra aussi parler de réindustrialisation, poursuit le microbiologiste et infectiologue : le Québec devra pouvoir produire ses propres appareils médicaux, ses propres médicaments et ses propres vaccins pour se défaire de sa dépendance absolue envers les fournisseurs étrangers.

Et puis le réseau devra se doter d'une capacité de mobilisation beaucoup plus rapide, fait valoir le Dr Weiss, afin de permettre aux étudiants des sciences de la santé – de même qu'aux infirmières, inhalothérapeutes et médecins retraités – de venir prêter main-forte promptement en cas d'urgence.

Une pancarte annonçant la vaccination devant l'hôpital; on aperçoit un patient en fauteuil roulant, portant un masque, qu'un accompagnateur aide à se déplacer.

Malgré la campagne de vaccination qui bat son plein, les Québécois n'en ont pas encore fini avec la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Car une fois que la pandémie de COVID-19 sera derrière nous, d'autres surviendront inévitablement. Personne ne sait où ni quand. Mais le Dr Weiss prépare déjà ses plus jeunes collègues à y faire face en invitant les médecins résidents de son établissement à s'impliquer dans la lutte contre la maladie.

Je leur ai dit : "Vous savez, dans 25 ans, la prochaine pandémie, c'est vous qui allez être en charge de ça, et vous allez être les porteurs de l'information et de l'expérience que vous vivez maintenant, témoigne-t-il.

D'ici là, le Québec, à l'instar du monde entier, devra continuer de se battre contre la COVID-19. Avant de retourner à une vie complètement normale [...] ça va probablement prendre encore deux ou trois ans, prévient le spécialiste.

Sans compter que le coronavirus pourra probablement survivre chez la chauve-souris et que certaines poches de population ne pourront pas être immunisées à temps. Ce n'est donc pas exclu qu'il faille revacciner les gens, un peu comme l'influenza, sur une base régulière afin de maîtriser la COVID-19, explique le Dr Weiss.

Tout dépendra de la durée de protection des vaccins, dit-il, illustrant par le fait même que les experts continuent d'avancer à tâtons pour percer les mystères de cette redoutable infection.

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