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Sherbrooke veut un moratoire permanent pour protéger l'eau du lac Memphrémagog

Vue sur le lac Memphrémagog.

Le lac Memphrémagog sert de réservoir d’eau potable à plus de 175 000 habitants.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Emy Lafortune

Depuis 2019, un moratoire de quatre ans empêche le site d’enfouissement de la ville de Coventry, au Vermont, de faire traiter son lixiviat (« jus de poubelle ») au site d’épuration de Newport, une autre ville américaine située à l’embouchure du lac Memphrémagog. La Ville de Sherbrooke demande maintenant au ministère de l’Environnement de rendre ce moratoire permanent pour protéger son réservoir d’eau potable.

Le lac Memphrémagog sert de réservoir d’eau potable à plus de 175 000 habitants, dont ceux de Sherbrooke, souligne le maire, Steve Lussier. Or, la station d'épuration de Newport rejette son effluent dans le lac.

Le lac Memphrémagog, on sait que la qualité de l’eau brute est excellente, on veut vraiment préserver le tout.

Une citation de :Steve Lussier, maire de Sherbrooke
Chantal Rivest et Steve Lussier

Le moratoire en place depuis 2019 a été instauré après une demande d'agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

Des toxines dans l'eau de Sherbrooke

Les contaminants rejetés par le site d'épuration de Newport, qui traite son lixiviat, prennent environ deux ans à atteindre Sherbrooke. Une analyse récente des eaux a démontré que des composés perfluorés (des produits chimiques utilisés notamment comme enduits imperméabilisants et antitaches), provenant probablement de l’usine, ont bel et bien atteint la municipalité estrienne.

Suite à des prélèvements d’eau brute réalisés par le ministère de l’Environnement en septembre et octobre 2020, la présence de composés perfluorés a été constatée pour la première fois dans ces eaux-là. Il faut savoir que la détection des composés analysés nous inquiète, et c’est pour ça que je fais appel à nos collègues, remarque Steve Lussier.

Les résultats de cette analyse rendent la fin du moratoire, prévue en 2023, particulièrement préoccupante, selon le maire. Il demande une rencontre avec les différents ordres de gouvernement pour rendre ce moratoire permanent et empêcher le traitement du lixiviat à Newport. Selon lui, les ministères ne prennent pas assez au sérieux la menace qui pèse sur le lac Memphrémagog.

J’ai interpellé monsieur le ministre. Son bureau et son cabinet m’ont bien répondu que pour eux, finalement, c’était de regarder l’ensemble du dossier, mais je n’ai pas senti d’urgence.

Une citation de :Steve Lussier, maire de Sherbrooke

Protéger l’eau pendant plusieurs décennies 

Jean-Pierre Fortier, chef de division de la gestion des eaux et de la construction à la Ville de Sherbrooke, a remarqué que pour protéger le lac Memphrémagog, il était important d’agir en amont, et on a l’opportunité d’avoir un bassin d’eau brute quasi vierge [...] C’est en faisant des pressions pour éviter qu’on envoie du lixiviat à la station d’épuration Newport qu’on pense préserver pendant plusieurs décennies notre eau brute.

La présidente du comité de l’environnement de la Ville de Sherbrooke, Karine Godbout, a abondé dans le même sens.

On veut protéger [le lac Memphrémagog], pas juste pour les deux, trois prochaines années de moratoire, mais pour les prochaines centaines d’années.

Une citation de :Karine Godbout, présidente du comité de l’environnement de la Ville de Sherbrooke

Il y a aussi des milliers d’autres contaminants émergents qui composent notre soupe chimique de lixiviat, et ce sont des répercussions sur la santé humaine et sur l’environnement qui sont encore méconnues, a-t-elle ajouté.

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