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Des élections ce printemps? « Je n'exclus rien », dit Trudeau

Justin Trudeau, debout au Parlement.

Le premier ministre Justin Trudeau, lors de la période de questions au Parlement, le 24 février.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau n’exclut pas de plonger le Canada en campagne électorale ce printemps, même si la pandémie de COVID-19, selon tous les experts, sera loin d’être terminée.

C’est du moins ce qu’il a déclaré mercredi matin lors d’une entrevue accordée au micro de Paul Arcand au 98,5 FM, en plaidant sa volonté d’éviter toute obstruction parlementaire.

On est en parlement minoritaire. Moi, ma priorité c’est d’aider les Canadiens, c’est de passer à travers cette pandémie. Mais pour ça, j’ai besoin qu’un parlement fonctionne, a-t-il dit.

Interrogé spécifiquement sur la possibilité que des élections soient déclenchées d’ici le mois de juin, le premier ministre a répondu sans détour.

Je n’exclus absolument rien, parce que je m’attends à ce que tout le monde puisse livrer ensemble pour les Canadiens. C’est ça ma priorité.

Relancé à savoir s’il pourrait lui-même prendre la décision, Justin Trudeau a réitéré son point de vue, en montrant du doigt le Parti conservateur.

Si les autres partis refusent de passer les projets de loi qui vont aider les gens, si on se voit limités à cause des jeux, comme les conservateurs sont en train de jouer maintenant avec l’aide médicale à mourir, je ne peux pas écarter toute possibilité.

Profiter de la vaccination

La colline du Parlement bruisse de rumeurs sur le déclenchement possible d’élections ce printemps depuis plusieurs semaines déjà.

Plusieurs observateurs pensent que le Parti libéral est tenté de tirer profit d'une campagne de vaccination qui devrait battre son plein, et la relance économique qui devrait l’accompagner.

Ces rumeurs ont d’ailleurs incité le Comité permanent de la procédure et des affaires des Communes à adopter, la semaine dernière, une recommandation pour que M. Trudeau s’engage à ne pas convoquer d’élections pendant la pandémie.

La Loi électorale du Canada stipule que des élections doivent obligatoirement se tenir le troisième lundi d'octobre de la quatrième année suivant les précédentes élections. Cela doit avoir lieu, du moins en théorie, le 16 octobre 2023.

Cela n’empêche toutefois pas le premier ministre de déclencher lui-même des élections avant cette date.

Qui plus est, des élections doivent avoir lieu si le gouvernement perd un vote qui engage la confiance du Parlement. Le prochain vote du genre devrait être celui sur le budget, qui sera déposé ce printemps.

Le premier ministre pourrait aussi décider d'ordonner un vote de confiance sur n’importe quelle autre question de son choix.

En octobre dernier, le gouvernement avait agi de la sorte lors d’un vote sur une motion du Parti conservateur portant sur la création d’un comité parlementaire dédié à l’étude de l’affaire UNIS.

Il avait finalement remporté ce vote grâce à l’appui du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Il y a deux semaines, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a d’ailleurs affirmé qu'il était contre le déclenchement d’élections tant que la pandémie de la COVID-19 perdurerait, quitte à appuyer le gouvernement Trudeau sur des votes de confiance.

Lors d’une entrevue accordée une semaine plus tôt à l’émission Les Coulisses du pouvoir, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a aussi dit ne pas vouloir provoquer d’élections, tout en assurant se tenir prêt.

La députation bloquiste à Ottawa est aussi suffisamment importante pour empêcher le déclenchement d’élections en appuyant le gouvernement sur un vote de confiance.

Le chef conservateur Erin O’Toole a aussi déjà signalé qu’il n’entend pas faire tomber le gouvernement Trudeau pendant que la pandémie sévit toujours au Canada.

Il affirme que le prochain scrutin devrait porter sur le meilleur plan de reprise économique, ce qui nécessite implicitement une sortie de crise.

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