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Pierre, Monte, Jean-Jacques, disparus à l’aube de leurs 100 ans

Près de 3500 personnes sont mortes de la COVID-19 au Québec alors qu'elles avaient plus de 90 ans. Voici l’histoire de ces presque centenaires, nés dans les années 20, que la mort a rattrapés tragiquement au bout d'une longue vie.

Un homme regarde un lac à partir d'un balcon.

Monte Swartzman, décédé de la COVID-19, adorait passer ses étés dans un chalet avec sa famille.

Photo : Offert par la famille Swartzman

Monte Swartzman a été l’un des premiers Québécois à recevoir une dose du vaccin contre la COVID-19, le 16 décembre. « Je me disais qu’il était presque sorti du bois. Il avait évité le virus pendant un an. Nous étions exaltés », dit sa fille, Mia Swartzman.

Mais avant d’avoir pu développer son immunité, Monte a été infecté par la COVID-19, et il en est mort.

Bien qu'elle ait perdu son père à cause de ce virus, Mia garde des souvenirs heureux.

Né à Winnipeg le 10 mars 1928, Monte Swartzman a passé son enfance à Ottawa, où son père était scientifique pour le gouvernement fédéral.

Dans les années 50, Monte a fait partie d’un mouvement socialiste juif et songeait à s’installer en Israël dans un kibboutz. Il a rencontré sa femme, Rama, une Montréalaise d’origine, dans ce groupe.

Des vies inoubliables

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Un collier avec le mot «papa».

Ensemble, ils ont abandonné l’idée de s’installer en Israël et ont choisi Montréal pour y fonder une famille.

Ils ont eu trois filles, Mia, Leora et Elana.

Un homme assis dans une chaise sourit

Monte Swartzman, tout sourire.

Photo : Offert par la famille Swartzman

Monte était architecte, mais il avait une passion pour la musique. Il a joué du violon, de la mandoline et de l’harmonica.

Lorsque ses filles ont commencé à jouer de la flûte à bec, il a décidé lui aussi d’apprendre à en jouer. Il continuera d'en jouer pendant plus de 50 ans et ira jusqu'à maîtriser la flûte contrebasse.

Pour perfectionner sa technique, Monte a participé à plusieurs camps musicaux. Il a également fait partie, pendant plus de 10 ans, du groupe amateur Flutissimo. Il n’a jamais manqué une pratique!, dit Sophie Larivière, qui dirige cet ensemble et qui a développé au fil des ans une belle amitié avec lui.

Un homme joue de la flûte contrebasse.

Monte avait appris à jouer de flûte traversière, puis de la flûte contrebasse. Il ne manquait jamais une répétition lorsqu'il était membre de l'ensemble Flutissimo.

Photo : Offert par Gilles Brissette

Monte était un musicien hors pair, doté d'une mémoire exceptionnelle, dit Sophie. C'était comme une encyclopédie! Il connaissait l’histoire de Montréal, du Canada.

Dans les dernières années, des problèmes pulmonaires l'empêcheront de continuer à jouer de la flûte contrebasse. Il a toutefois continué l’harmonica jusqu’à l’âge de 91 ans.

Monte était extrêmement généreux et s’est assuré que sa passion pour la musique soit transmise aux futures générations, dit Sophie. Il a, entre autres, légué son violon au fils de cette dernière, en plus de faire don d'une grande partie de son impressionnante collection de partitions à de jeunes musiciens, comme à des professionnels.

En plus de la musique, Monte était chocolatier amateur.

Tout le monde attendait les chocolats de Monte. lls étaient tellement bons qu’on lui avait suggéré de les vendre. Il avait dit : "non, sinon ce ne serait plus un plaisir".

Une citation de Mia Swartzman, fille de Monte

Homme actif, il a fait beaucoup de ski et a appris à faire de la planche à voile dans la cinquantaine. Il a continué à en faire jusqu’à l’âge de 75 ans, un plaisir qu'il a partagé avec ses filles et ses petits-enfants.

Trois enfants assis sur une planche à voile.

Monte a enseigné la planche à voile à ses enfants et à ses petits-enfants.

Photo : Offert par la famille Swartzman

Mia se souvient des étés passés en famille au chalet. Quand il est devenu moins mobile, il s'asseyait sur le balcon pour jouer de l’harmonica et nous regarder nous amuser dans l’eau.

Sa fille le décrit comme un perfectionniste talentueux, mais très humble. Il a transmis beaucoup de ses passions sans les imposer aux autres, explique-t-elle.

Ses problèmes de santé ont commencé en 2009. Peu à peu, il n’arrivait plus à se déplacer. En 2019, une pneumonie l’a beaucoup affaibli. L'année suivante, peu avant le début de la pandémie, Monte a été hospitalisé au Mount Sinaï à Montréal, avant d'être déplacé quelques mois plus tard au Centre hospitalier gériatrique Maimonides.

Tout ce temps, il est demeuré un lecteur vorace. Je lui apportais 14 livres toutes les deux semaines, raconte Mia. Il avait un peu plus de difficulté à se concentrer sur de longs romans, donc il m’a demandé de lui apporter davantage d’histoires courtes.

Un homme joue de l'harmonica

Monte avait une oreille musicale et adorait jouer des chansons folkloriques et des chansons des années 60.

Photo : Offert par la famille Swartzman

En raison de la pandémie, il y avait peu d’activités à la résidence. Mais Monte a eu une agréable surprise un jour d’août lorsque Sophie et son mari ont donné un concert dans le jardin.

Je ne savais pas qu’il était là. C’était très touchant. Il m’a reconnue. Et moi, même à distance, même avec son masque, j’ai reconnu son regard.

Une citation de Sophie Larivière, amie de Monte

Elle dit avoir été très émue à l'idée que ce serait peut-être l’une des dernières fois qu’elle le verrait.

Mia sait que son père a été extrêmement touché par ce concert et heureux d’avoir revu Sophie.

Huit jours plus tard, la COVID se faufilait dans la résidence, Monte a été infecté. Nous savions que, dans son état, il ne serait pas capable de combattre la maladie, dit Mia.

Parce qu'elle avait elle-même eu la COVID-19 en novembre, elle a été autorisée à voir son père une heure par jour.

Au moins il n’a pas été complètement seul à la fin de sa vie, se console-t-elle.

Monte Swartzman est décédé le 14 janvier 2021, à l’âge de 92 ans.

Un chirurgien bien aimé

Pierre Théocharidès est né le 24 juillet 1928 à Alexandrie, en Égypte. À 17 ans, il est allé étudier la médecine en France.

Malgré ses diplômes français, y trouver du travail n’est pas facile en raison de sa nationalité britannique, son père étant de Chypre, un protectorat britannique.

Pierre a décidé d’immigrer en 1956 avec sa femme dans un pays du Commonwealth; ils ont choisi le Québec.

Un homme porte un masque chirurgical

Pierre Théocaridès a été un chirurgien pendant près de 40 ans à Montréal.

Photo : Offert par la famille Théocaridès

Il a d’abord travaillé à Rouyn-Noranda comme interniste, puis est devenu chirurgien à l’hôpital de Verdun. Il y a exercé la chirurgie thoracovasculaire pendant près de 40 ans, dont dix comme chef du département de chirurgie.

Pierre était un médecin chaleureux et profondément humain, raconte sa fille Nathalie Théocaridès. Elle dit avoir reçu de nombreux témoignages d'anciens patients après son décès.

Un monsieur de 70 ans avait été opéré il y a 35 ans par mon père. Il appelait mon père son sauveur.

Une citation de Nathalie Théocaridès, fille de Pierre Théocaridès

Pierre adorait nager et faire de la voile. Il aimait le fleuve Saint-Laurent, dit-elle. Je pense que ça lui rappelait son enfance sur le bord de la mer en Égypte. Ce grand sportif aimait particulièrement le tennis, à raison de trois à quatre heures par jour.

Un homme joue au billard.

Lorsqu'il a déménagé dans une résidence pour aînés, Pierre a appris à jouer au billard.

Photo : Offert par la famille Théocaridès

Nathalie décrit son père comme étant un homme doté d'une grande personnalité et d'un grand sens de l’humour.

Il n’était pas banal, un peu flamboyant même. Il était assez taquin et aimait plaisanter, se rappelle-t-elle, évoquant alors son sourire à jamais gravé dans sa mémoire.

Rattrapé par le temps, Pierre a décidé de quitter la maison familiale pour emménager dans une résidence pour aînés, mais ce premier séjour a tourné court. Il m’a dit : il faut que tu me sortes de là, ils sont trop vieux! se rappelle sa fille. Il s'est donc trouvé un appartement pour quelque temps, avant de devoir cette fois s'installer définitivement dans une résidence, en 2016.

Puis la pandémie a frappé.

Un homme assis dehors.

Pierre Théocaridès était toujours souriant, toujours enjoué, jamais de mauvaise humeur, dit sa fille Nathalie.

Photo : Offert par la famille Théocaridès

J'étais assez rassurée au début, se rappelle Nathalie. Je savais que c'était plate, qu'il était isolé, qu'il devait manger dans sa chambre. Mais les choses semblaient sous contrôle dans cette résidence.

Pierre a été infecté juste avant Pâques, au printemps dernier.

Il a été hospitalisé là où il avait fait sa carrière, avant d’être transféré à Charles-Lemoyne. Son état de santé s’est rapidement détérioré.

La dernière visite de Nathalie à son père a été quelque peu surréelle. Mon père était très affaibli, j'étais habillée en équipement de protection. J’avais peur parce qu’on disait à quel point c’est contagieux. Je n’ai pas pu l’embrasser, parce que je portais le masque, la visière.

Elle lui a expliqué qu’il avait la COVID-19 et qu’il était en fin de vie. Je voulais qu’il sache parce qu'il est médecin. Il voulait savoir ce qui lui arrivait.

Épuisé par la maladie et ses dernières années de vie, son père, dit-elle, semblait soulagé.

Pierre s’est éteint le 25 avril 2020, à l’âge de 91 ans.

Mon père, il avait l’âge, nous ne sommes pas éternels. Mais ce sont les conditions autour qui sont dures. Ne pas avoir ces dernières paroles, ces derniers échanges...

Une citation de Nathalie Théocaridès, fille de Pierre

Collectionneur et passionné d'histoire

Jean-Jacques Prénoveau est né dans le Faubourg à m’lasse à Montréal.

En 1950, il épouse Marie-Paule Desrochers; deux enfants, Jean-Pierre et Josée, naîtront de cette union heureuse qui durera 66 ans.

Un homme et une famille sourient

Jean-Jacques et son épouse Marie-Paule Desrochers ont vécu un mariage heureux durant 66 ans.

Photo : Offert par la famille Prénoveau

Mon père était réfléchi, bon et généreux, dit sa fille Josée.

Jean-Jacques a fait ses études au Pensionnat de Varennes, puis a obtenu son diplôme des Hautes Études commerciales de Montréal.

Il est devenu comptable agréé avant d'aller travailler comme assistant-contrôleur du Revenu au gouvernement du Québec, au début des années 60, puis à Hydro-Québec comme directeur du budget. À sa retraite, en 1986, il y occupait le poste de vice-président et contrôleur.

Josée dit qu’il était très fier de son travail et qu'il était reconnu pour son leadership et son intégrité.

Je ne sais pas comment il y arrivait. Il me disait toujours : "partout où je vais, on me fait chef!"

Une citation de Josée, fille de Jean-Jacques Prénoveau

Bien qu’il ait été complètement investi dans son travail, Jean-Jacques avait une multitude de passe-temps et de passions. Il aimait chanter, écouter de la musique et jouer du piano.

C'était un grand collectionneur : timbres, antiquités, livres anciens, monnaie… Sa collection de coquillages était particulièrement impressionnante, dit sa fille. Pendant de nombreuses années, il a noté dans de petits calepins la température, les heures de lever et de coucher du soleil. Il était très minutieux.

Un homme assis devant un clavier et une souris d'ordinateur.

Jean-Jacques Prénoveau était très méticuleux et collectionnait une panoplie d'objets.

Photo : Offert par la famille Prénoveau

Jean-Jacques a fait des recherches exhaustives sur la généalogie de la famille Prénoveau et a voyagé en France pour retracer ses ancêtres. Il a publié trois livres et a reçu des prix de la Société généalogique canadienne-française.

Il avait une passion pour l’histoire du Québec, mais l'Asie le fascinait particulièrement.

Il y avait grande complicité entre mon mari et mon père parce qu’ils avaient un intérêt commun pour l’Asie. Ils en ont parlé pendant des années. Je pense que ma mère était un peu tannée d’en entendre parler!, dit Josée avec un sourire.

Il a par ailleurs commencé à collectionner les bonsaïs et est même devenu président de la Société de bonsaï du Jardin botanique de Montréal, ce qui l'a amené à voyager au Japon.

Après le décès de sa femme, Jean-Jacques a habité quelques années en résidence privée pour aînés. Depuis juillet 2019, il était au CHSLD Saint-Jude à Laval.

Josée, qui était son aidante naturelle, dit avoir beaucoup apprécié le temps qu’elle a pu passer avec lui.

Il était d’une autre génération; les hommes ne montraient pas beaucoup leurs émotions, ils ne parlaient pas beaucoup. Mais ces dernières années, quand je me suis occupée de lui, nous avons pris le temps de faire la paix, d’apprendre à mieux se connaître.

Une femme embrasse un homme sur la joue.

Josée avec son père.

Photo : Offert par la famille Prénoveau

Josée dit qu’elle a dû insister pour pouvoir voir son père en fin de vie. Sa dernière visite au CHSLD restera gravée dans sa mémoire. Il criait : "papa, viens me chercher..." dit-elle, avec émotion.

Jean-Jacques est décédé le 11 mai à l’âge de 94 ans. Plus de 70 aînés sont décédés de la COVID-19 dans ce CHSLD.

Des communautés religieuses décimées

Photos de six religieuses

À la Maison mère des Sœurs Antoniennes de Marie de Chicoutimi, les soeurs Gisèle Lachance, Berta Laforest, Gertrude Boily, Jeannine Douillard, Marie-Alice Boily et Yvette Rivard sont décédées de la COVID-19 au printemps.

Photo : Avis de décès

De nombreuses éclosions ont eu lieu dans des communautés religieuses, où l’âge moyen dépasse souvent les 80, voire les 90 ans.

En janvier 2021, à la Résidence Bonsecours à Montréal, 78 religieuses ont été infectées; 14 en sont décédées.

À Chicoutimi, près d’une dizaine de sœurs sont décédées, dont Marie-Alice et Gertrude Boily, deux religieuses unies par les liens du sang. Elles avaient récemment franchi le cap des 100 ans.

Marie-Alice Boily est entrée chez les Sœurs Antoniennes de Marie avant la Seconde Guerre mondiale à l’âge de 18 ans. Sa sœur cadette, Gertrude, a fait de même à l’âge de 25 ans.

Les deux soeurs assises lors d'une entrevue

Gertrude et Marie-Alice Boily, des soeurs de foi et de sang, lors d'une entrevue en 2017.

Photo : Radio-Canada

À Québec, à la résidence Les Jardins d’Évangéline de la congrégation des Sœurs Servantes du Saint-Cœur de Marie, 14 sœurs sont mortes ce printemps de la COVID-19.

Photo de cinq religieuses

À Québec, les soeurs Monique Vachon, Cécile Fortier, Bernadette Bossé et Gemma Landry, de la congrégation des Sœurs Servantes du Saint-Cœur de Marie, sont décédées de la COVID-19.

Photo : Avis de décès

Ça a été une période très difficile, particulièrement au mois de mai. Nous avons eu beaucoup de décès, jusqu’à trois par jour, raconte la supérieure de la congrégation des Sœurs Servantes du Saint-Cœur de Marie, Anne-Marie Richard.

J’ai beaucoup pleuré mes sœurs.

Une citation de Supérieure Anne-Marie Richard

Deux des religieuses étaient également sœurs de sang. Soeur Fernande et Françoise Malenfant ont rendu l’âme à vingt minutes d’intervalle.

Les soeurs Fernande et Françoise Malenfant, en noir et blanc, une à côté de l'autre

Les soeurs Fernande et Françoise Malenfant étaient des soeurs de sang.

Photo : Soeur servante du Saint-Coeur de Marie

Ces sœurs étaient des personnes exceptionnelles qui ont vécu leur vie de diverses façons, dans diverses missions, explique sœur Richard. Elles ont aimé et servi de leur mieux et ont laissé un témoignage de par leur vie jusqu'à leur dernier souffle.

À Montréal, sœur Pauline Duval est morte le 5 février 2021, à l’âge de 93 ans, à la Maison mère des Soeurs de la Providence.

Cette résidence a connu deux éclosions, une au printemps et une en début d’année, qui ont fait plus de 10 morts.

Portrait d'une femme.

Pauline Duval est décédée le 5 février 2021 au Pavillon Providence à Montréal, à l’âge de 94 ans.

Photo : Facebook/SP International-Internacional

Denise Duval, la nièce de sœur Pauline Duval, raconte qu’elle était très attachée à ses neveux et nièces.

Quand notre père est décédé en 1964, il laissait notre mère avec sept enfants et sans le sou, explique Denise. Elle s’est occupée de notre famille, elle venait toujours passer ses vacances et les fêtes avec nous.

C'était une personne très souriante à l’écoute, poursuit-elle. Elle nous considérait comme ses enfants.

Quand elle sortait du couvent, elle aimait aller manger une poutine, elle adorait magasiner avec nous, les cinq filles, et elle était même prête à nous suivre en kayak, même si elle avait peur de l’eau

Une citation de Denise Duval, nièce de sœur Pauline Duval

À Laval, à la résidence de La Salle, une infirmerie qui appartient à la congrégation religieuse des Frères des Écoles chrétiennes du Canada, on compte une trentaine de décès sur les quelque 74 religieux qui y vivent. L’âge moyen dans cette résidence était de 90 ans.

Parmi les défunts, il y a frère Oscar Bigras, 101 ans, qui a œuvré pendant 45 ans comme enseignant et directeur, notamment au Juvénat de Saint-Bruno, à Saint-Narcisse de Champlain, au Grand Juvénat de Mascouche, ainsi qu’au Séminaire Sainte-Trinité.

Il a aussi frère Antoine Beausoleil, décédé le 16 avril 2020, à l’âge de 87 ans. Au cours de ses 63 ans de vie religieuse, il a été éducateur, professeur en construction mécanique et préfet des études au Québec, en Haïti et au Cameroun.

Malgré cette année très difficile pour les communautés religieuses et pour la société, soeur Richard demeure positive. Elle croit que les Québécois sont résilients, même lorsqu'ils sont confrontés à autant de décès.

J’invite les gens à ne pas fixer notre regard sur tout ce qu’on manque. Ça nous aide à poursuivre, dit-elle. À travers la mort et l'isolement, les gens ont eu le temps de penser à ce qui leur est essentiel pour être heureux.

Je pense qu’il y a une nouvelle humanité qui est en train de naître à travers la pandémie.

Une citation de Supérieure Anne-Marie Richard

Des vies inoubliables

Les familles à qui nous avons parlé souhaitent que leurs proches ne soient pas décédés en vain. Si elles disent toutes que les travailleurs de la santé font un travail extraordinaire, elles déplorent le manque de ressources dans les résidences pour aînés.

Ian Peres, qui a perdu son père et sa mère en l’espace de quelques semaines, croit que ce n’est pas une question d’argent, mais plutôt un manque de volonté politique.

Nous avons des aînés qui ont payé des impôts toute leur vie, et dans leurs moments les plus vulnérables, le système n’est pas là pour les aider, déplore-t-il.

Selon lui, il faut rendre hommage à tous ces Québécois morts de la COVID-19 en améliorant le système de santé pour les aînés.

Dans 10, 20, 30 ans, ce sera nous, tient-il à rappeler.

En un an, environ 10 500 Québécois sont morts de la COVID-19. Près de 3500 d’entre eux avaient 90 ans et plus, soit le tiers des décès dans la province. Plus de 90 % de ces nonagénaires avaient deux problèmes de santé préexistants ou plus qui les ont rendus plus vulnérables au virus.

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