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Enceinte, Megan Mitton veut faire changer les choses à Fredericton sur la maternité

Megan Mitton à Aulac le 14 avril 2019.

Megan Mitton, députée du Parti vert dans Tantramar-Memramcook (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La députée du Parti vert Megan Mitton a annoncé lundi, lors du Jour international des droits des femmes, qu’elle était enceinte de son deuxième enfant.

La dernière fois qu’une députée néo-brunswickoise a vécu sa grossesse durant son mandat remonte aux années 90. La députée de Memramcook-Tantramar croit qu’il est grand temps de faire de l’Assemblée législative un lieu plus inclusif pour les nouveaux parents.

Megan Mitton, son mari et sa fille.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Megan Mitton a annoncé sa grossesse sur les médias sociaux à l'occasion de la Journée internationale des femmes.

Photo : Facebook/Megan Mitton

On peut travailler ensemble pour mettre en place un plan et des politiques afin d'aider les familles, de sorte à ce qu’elles sachent à quoi s’attendre quand elles attendent un enfant, soutient Megan Mitton, dont l’accouchement est prévu pour juin.

La députée souhaiterait aussi que les jeunes femmes qui songent à la politique sachent qu’avoir une famille, c’est aussi une possibilité.

Le leader parlementaire progressiste-conservateur Glen Savoie a déclaré qu’il était d’accord avec l'idée de se pencher sur les façons d’enlever les barrières pour que plus de femmes se lancent en politique.

Le député de Saint-Jean-Est, Glen Savoie, après son assermentation à titre de ministre de la Francophonie dans la résidence du gouverneur. Il pose devant les drapeaux du Canada et du Nouveau-Brunswick.

Glen Savoie (archives)

Photo : Radio-Canada / Edwin Hunter

Nous devons trouver plus de moyens d’encourager les femmes à faire de la politique et à s’assurer qu’elles se sentent bien entourées, dit-il.

La députée de 34 ans affirme qu'il était important pour elle, quand elle s'est lancée en politique en 2018, que la voix d’une jeune femme soit entendue à l’Assemblée législative, alors qu'elle envisageait déjà un deuxième enfant.

Maintenant qu’elle est enceinte, elle a déjà demandé au personnel certains accommodements, comme l’installation de tables à langer dans la salle de bain. On m’a promis qu’on pourrait apporter ces changements assez rapidement.

Mais elle dit se heurter à un peu plus de résistance concernant d’autres enjeux, comme le congé de maternité et le vote virtuel.

C’est un lieu de travail généralement plus compliqué.

Les députés exemptés de certains avantages

Contrairement à la plupart des employés, les députés ne cotisent pas à l’assurance-emploi et ne sont donc pas admissibles aux congés de maternité ou de paternité.

De plus, personne ne peut remplacer le ou la député.e quand il ou elle s’absente, parce que seuls les membres élus peuvent participer aux débats et aux votes.

Megan Mitton fait valoir qu’un budget de circonscription plus élevé pourrait l'aider à faire appel à du personnel de soutien et que le vote virtuel pourrait lui permettre de participer aux débats sans avoir à se déplacer à Fredericton.

Mais le vote virtuel a déjà récolté une farouche opposition à l’Assemblée législative, tout particulièrement du ministre de l’Éducation Dominic Cardy.

Le ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy.

Dominic Cardy s'oppose aux débats virtuels (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Dominic Cardy a bloqué l’adoption d’une motion visant à permettre des débats virtuels pendant que certaines zones sanitaires étaient en phase rouge. M. Cardy a déclaré qu'il n'appuierait jamais une telle décision, invoquant des centaines d'années d'histoire.

Un comité de députés doit se pencher à nouveau sur la question mercredi.

Mais ce ne sont pas tous les députés progressistes-conservateurs qui s’opposent à l’idée. La députée de Fundy–Les-Îles–Saint-Jean-Ouest, Andrea Anderson-Mason, a affirmé qu’elle soutenait Megan Mitton pleinement au sujet du besoin d’avoir une conversation, sans toutefois se prononcer en faveur des congés de maternité.

Andrea Anderson-Mason s'avance vers la lieutenante-gouverneure.

Andrea Anderson-Mason (archives)

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Nous savons qu’en acceptant un tel poste, nous devons laisser une partie de nous pour servir le public, a-t-elle déclaré.

Des changements ne seraient pas déraisonnables, selon une ancienne députée

La dernière membre de l’Assemblée législative qui a vécu une grossesse durant son mandat, l’ancienne députée libérale Carolle de Ste-Croix, fait observer que d’autres assemblées du Commonwealth ont réussi à accommoder les nouveaux parents.

Il n’y a aucune raison pour conduire durant quatre heures pour faire un vote ou pour poser une question, dit-elle.

En 2018, la première ministre de la Nouvelle-Zélande Jacinda Arden a pris six semaines de congé de maternité. Ses fonctions ont été assurées en son absence par son adjoint Winston Peters.

Jacinda Arden, première ministre de Nouvelle-Zélande.

La première ministre néo-zélandaise Jacinda Arden (archives)

Photo : Getty Images / Hagen Hopkins

Mme de Ste-Croix, qui soutient maintenant le Parti vert dans la circonscription de Megan Mitton, a été élue dans Dalhousie-Restigouche Est aux élections provinciales de 1995.

Elle a donné naissance à son enfant deux ans plus tard et a demandé une augmentation de budget pour le bureau de sa circonscription de 5000 à 10 000 $ pour l’embauche d’un employé qui aurait pu s’occuper de tâches administratives.

Cela lui aurait permis, selon elle, de travailler 40 heures par semaine au lieu des 60 à 70 heures habituelles.

C’est tout ce que je demandais, et ça a été refusé. Il n’y avait pas beaucoup d’intérêt pour tenter de m'accommoder. J’ai été réduite au silence assez rapidement à ce sujet, se souvient-elle.

Carolle de Ste-Croix.

Carolle de Ste-Croix est une ancienne députée du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.

Photo : Gracieuseté

J’étais vue comme une rebelle ou une faiseuse de trouble, alors que je ne demandais pourtant pas grand-chose.

Finalement, son collègue député libéral Edmond Blanchard, le ministre des Finances de la circonscription voisine de Campbellton, a utilisé un peu d'argent supplémentaire dans le budget de son bureau de circonscription pour engager quelqu'un pour l'aider pendant six mois.

Selon Carolle de Ste-Croix, le défi de la maternité a été le premier argument soulevé par toutes les femmes qu’elle a tenté d’encourager à se lancer en politique.

Megan Mitton croit que les choses stagnent parce qu’il n’y a pas eu beaucoup d’élues, créant un cercle vicieux.

D'après le reportage de Jacques Poitras, CBC

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