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Miser sur les « écoémotions » pour passer à l’action

Une femme est assise à un bureau, la tête entre les mains.

Crise climatique et crise de santé mentale sont indissociables, selon l'organisme Éco-motion.

Photo : getty images/istockphoto

Radio-Canada

Selon l'organisme Éco-motion, la crise climatique et la crise de santé mentale que nous traversons actuellement sont indissociables.

C'est pour cette raison que le Centre universitaire de formation en environnement et en développement durable de l’Université de Sherbrooke organise, ce mercredi midi, une conférence virtuelle sur le sujet offerte par Isabelle Béliveau, de l'organisme Éco-motion.

Éco-motion est un projet que je porte depuis plusieurs années et j'ai réalisé que l'on peut étudier l'environnement, être au courant des chiffres et des statistiques, au fait qu'il faut agir, mais on ne pense pas assez à l'aspect psychologique que toutes ces informations ont sur nous et sur notre manière de réagir à ce qu'il se passe dans le monde. Je trouvais qu'il n'y avait pas assez de recherche, explique la fondatrice et directrice de l'organisme, Isabelle Béliveau.

Ne pas être paralysé par les chiffres

L'organisme souhaite donc renverser cette tendance d'être paralysés par ces chiffres. C'est une menace, on le sait, mais ce n'est pas une menace qui est devant nous, c'est intangible. On a de la misère à savoir comment agir. On veut changer le ton des menaces environnementales, la manière qu'on les aborde. Utiliser le côté affectif pour engager les gens dans l'action et réduire les sentiments d'anxiété et les symptômes dépressifs que l'on voit chez les jeunes, ajoute-t-elle.

Selon Mme Béliveau, l'écoanxiété est un sujet d'étude en pleine effervescence au Québec. Oui, ça affecte les jeunes, mais on sait aujourd'hui que ça affecte les personnes aînées qui s'inquiètent pour leurs petits-enfants, les parents qui ont de jeunes enfants et qui sont inquiets à savoir dans quel monde leurs enfants grandiront. C'est vraiment répandu dans la population.

Isabelle Béliveau soutient que plusieurs professionnels du milieu de la santé ont de la difficulté à comprendre cette écoanxiété. C'est une anxiété qui est normale, qui est adaptative, qui n'est pas pathologique, que l'on doit traiter. C'est une anxiété qui nous prépare à l'action. C'est normal d'en vivre. C'est même souhaitable, mais il faut composer avec. On cherche un juste milieu avec Éco-motion.

Cette dernière rappelle que si les gens agissent constamment, ils finiront par s'épuiser et l'anxiété deviendra envahissante. C'est ce qu'on voit souvent chez les jeunes qui s'impliquent pour le climat. Ils finissent par sortir du mouvement parce qu'ils ne sont plus capables de s'occuper d'eux-mêmes. C'est trop envahissant. Ce qu'on dit, c'est qu'on doit trouver un juste milieu entre le repos et l'action. C'est là que l'anxiété est canalisée à la bonne place.

La conférence aura lieu ce lundi à 12 h 15. Les informations disponibles sont sur la page Facebook Climat et santé psychologique.

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