•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Prioriser la vaccination des autistes et des déficients intellectuels

C’est ce que réclament des familles, qui estiment que le confinement sévère pénalise ces personnes, et Québec semble finalement prêter l'oreille.

Josette Potvin montre un album de photos à sa fille.

Josette Potvin et sa fille

Photo : Radio-Canada

Sylvie L'Heureux tente de convaincre son fils de marcher dehors par moins 10 degrés Celsius. « Allez, viens marcher! C'est la seule chose qu'on a le droit de faire », lance la maman pour stimuler son fils.

Lourdement handicapé, Louis Alexandre vit dans une résidence pour personnes vivant avec un trouble de l'autisme à Longueuil. Il vit un confinement sévère depuis un an. Ses activités de jour sont limitées au minimum. Il n'a vu ni son frère ni sa sœur pendant 12 mois.

Si je l'amène à ma maison, lorsque je le ramène à la résidence il est confiné 14 jours dans sa chambre. Je ne ferai pas ça à mon gars. Je ne le laisserai pas 14 jours confiné dans sa chambre, explique Sylvie L'Heureux. Elle se contente donc de brèves visites à la résidence de son fils.

Le niveau de confinement de ces résidences est semblable à celui des CHSLD. À la différence que les résidents, qu'ils soient handicapés, vivant avec une déficience ou une forme d'autisme, ne sont pas une priorité pour la vaccination. Les consignes veulent qu'ils soient vaccinés uniquement en fonction de leur âge.

Louis-Alexandre a 28 ans. Il va être vacciné quand, en septembre?

La situation est frustrante pour elle, surtout que le fils de Sylvie L'Heureux a perdu plusieurs acquis.

Sylvie L'Heureux

Vaccination des plus vulnérables

Photo : Radio-Canada

Il a reculé au niveau de la motricité. Il a fait des crises d'anxiété et ça a même été à de l'automutilation, dit Mme L'Heureux. Le genre d'histoire qui se multiplie depuis quelques mois.

Des années d'efforts qui disparaissent! Mon fils est devenu incontinent après le premier confinement.

Une citation de :Marie-Josée Lapointe, présidente du conseil d'administration d'Autisme Québec

Son organisme, comme plusieurs autres, milite pour que Québec vaccine parmi les premiers des autistes et des déficients intellectuels.

La qualité de vie de ces personnes-là est grandement amputée et on doit les remonter dans l’ordre de priorité de la vaccination, dit Mme Lapointe.

Le confinement et la diminution importante des activités extérieures exacerbent les tensions dans les résidences.

On ramasse des larmes tous les jours. Il y a beaucoup de colère.

Une citation de :Simon-Pier Drolet-Laperle

Propriétaire d'une petite résidence pour autistes à Brossard, il explique que le confinement est incompréhensible pour des gens qui vivent avec une déficience.

Ils veulent aller chez maman et papa et ne comprennent pas. Ils veulent aller marcher dehors et retourner à leurs plateaux de travail.

M. Drolet-Laperle, comme plusieurs autres propriétaires de résidences, craint qu'un résident ne contamine les autres s'il attrape la COVID-19 lors d'une sortie.

Simon-Pier Drolet-Laperle

Simon-Pier Drolet-Laperle

Photo : Radio-Canada

C'est sûr qu'on aimerait ça qu'ils soient priorisés pour la vaccination, dit-il. Lors de notre passage, Josette Potvin rendait une rare visite à sa fille de 46 ans Catherine. Les contraintes du confinement l'ont plongée dans une crise profonde début février.

Il y avait des pleurs. Elle était perdue. Ils l'ont médicamentée pour calmer ses tensions, explique Mme Potvin.

Elle souhaite aussi que les jeunes adultes vivant avec un trouble du spectre de l'autisme ou une déficience intellectuelle soient vaccinés rapidement.

Si on les confine comme les gens en CHSLD c'est qu'ils sont plus vulnérables. Il faut donc qu'on aille rapidement sur la vaccination.

Une citation de :Josette Potvin

Le gouvernement révise sa position

Mardi, Québec ne semblait pas disposé à changer le plan de vaccination. Un porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux avait expliqué qu'aucune donnée scientifique n'indiquait que les gens vivant avec une déficience étaient plus vulnérables face à la COVID-19.

Une coalition de groupes a toutefois fait une sortie mercredi pour convaincre le gouvernement de changer de cap, ce qui a semblé porter ses fruits. En fin de journée, le cabinet du ministre de la Santé s'est dit extrêmement sensible à leurs demandes.

L’arrivée de nouveaux vaccins davantage mobiles peut entraîner une évolution dans la priorisation de certains groupes, a indiqué une porte-parole. C’est pourquoi une nouvelle demande d’analyse a été formulée au comité d’immunisation du Québec sur la question.

Nous sommes en attente d’une recommandation de la santé publique quant à l’ordre de priorisation, a fait savoir la porte-parole, indiquant que le fait d'allonger l'intervalle entre les deux doses de vaccins et la livraison de plus de doses permettront de vacciner plus de personnes plus rapidement.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !