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Le traitement des patients atteints de la COVID-19 s'améliore, selon des médecins

Des membres du personnel médical autour d'un lit.

Au cours de la dernière année, l’expérience et les essais cliniques ont permis d’améliorer le traitement offert aux patients atteints de la COVID-19 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Mikaela MacKenzie

Radio-Canada

Un an après l’apparition des premiers cas de COVID-19 au Manitoba, deux médecins de Winnipeg expliquent l’évolution de la prise en charge du virus et l’amélioration du traitement des patients atteints de la COVID-19.

Médecin aux soins intensifs et spécialiste des maladies infectieuses à Winnipeg, Anand Kumar se souvient du traitement offert aux premiers patients.

Les patients ont commencé à arriver extrêmement malades, incapables de respirer, devenant bleus et devant immédiatement être mis sous respirateur. C’était très similaire à la grippe H1N1 il y a 10 ans, raconte le Dr Kumar.

Mais le nombre de cas de COVID-19 était beaucoup plus important et effrayant, ajoute-t-il.

Au cours de la dernière année, explique Anand Kumar, les essais cliniques ont aidé à déterminer quels médicaments il fallait utiliser et à quel moment.

Si on compare aux chiffres qui ont été publiés au début de la pandémie, on constate que le nombre de personnes ayant survécu à la maladie s'est nettement amélioré.

Un meilleur usage des respirateurs

L’une des premières choses que les médecins ont pu apprendre durant la pandémie a été de savoir quand utiliser un ventilateur.

Le Dr Anand Kumar pose pour la caméra au milieu d'équipement médical.

Le Dr Anand Kumar se souvient du début de la pandémie, où les patients étaient rapidement mis sous respirateur artificiel (archives).

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Au début, nous avons vu que l’état de beaucoup de patients avait tendance à se détériorer rapidement, et nous les avons donc intubés immédiatement, explique le Dr Kumar.

Pourtant, de nombreuses personnes atteintes de la COVID-19 sont mortes malgré la respiration artificielle.

Selon Anand Kumar, le respirateur est désormais une solution de dernier recours.

Parallèlement, d’autres techniques pour favoriser l’oxygénation des patients ont été mises au point. Les médecins ont notamment découvert que le fait de placer un malade sur le ventre faisait une grande différence dans son niveau d'oxygène.

C'est devenu une norme de soins, et les intubations précoces ne sont plus pratiquées, explique le Dr Kumar.

Les médecins utilisent également un dispositif appelé oxygénateur à membrane qui permet d’oxygéner le sang des patients qui doivent être placés sous respirateur, ce qui offre davantage de chances aux poumons de guérir.

D’autres options de traitement

Les traitements médicamenteux ont été beaucoup étudiés durant la lutte contre la COVID-19.

Selon Anand Kumar, le stéroïde appelé dexaméthasone a rapidement été essayé sur les patients, et son usage est maintenant beaucoup plus fréquent.

En 2009, nous avons découvert que les stéroïdes n'étaient pas bons pour la pneumonie virale. Nous avons donc eu tendance à nous en méfier à l’arrivée de la COVID, explique le spécialiste. Mais il s'agit d’un virus différent, et la dexaméthasone s’est avérée utile chez les personnes dont l'état se dégradait au point de nécessiter une intubation.

Selon le Dr Kumar, l’utilisation de l’héparine a également permis un meilleur traitement de la maladie.

L’hématologue et médecin en soins intensifs de Winnipeg Ryan Zarychanski raconte comment les bienfaits de cet anticoagulant ont été découverts.

Le Dr Zarychanski, en chemise et cravate, un stéthoscope au cou pose dans une chambre d'hôpital.

Le Dr Ryan Zarychanski,, de l'Université du Manitoba, a dirigé une étude sur les effets des anticoagulants sur les patients atteints de la COVID-19, à laquelle ont participé plus de 300 hôpitaux répartis dans le monde. (archives)

Photo : Université du Manitoba

Selon le Dr Zarychanski, le Manitoba a participé à des essais cliniques au cours de l'année dernière.

Une étude mondiale dirigée par l'hématologue a montré qu'il était avantageux de donner une dose complète d'héparine aux patients hospitalisés en raison de la COVID-19 avant qu'ils ne soient gravement atteints par la maladie.

L'étude, à laquelle ont participé plus de 300 hôpitaux sur les 5 continents, a montré que 20 % des patients ayant reçu une dose complète d'héparine devaient être admis aux soins intensifs, alors que ce taux est d'environ 30 %chez ceux qui ont reçu une dose plus faible.

Nous avons montré qu'un médicament peu coûteux et largement disponible peut réduire la mortalité et la nécessité d’une admission aux soins intensifs, explique le Dr Zarychanski.

Il ajoute que certains des essais cliniques réalisés ont également permis de démontrer l'inefficacité de certains traitements comme l'hydroxychloroquine.

Nous avons cru en l'efficacité de l'hydroxychloroquine et d'autres médicaments que les gens pensaient efficaces, dit-il. Si nous n'avions pas fait ces études, nous les utiliserions encore aujourd'hui. Nous penserions faire du bon travail, alors qu'en fait, ce n’était pas le cas.

L’après-pandémie

Quatre vaccins sont actuellement approuvés par Santé Canada et le calendrier publié par la santé publique du Manitoba suggère que toutes les personnes volontaires pourront avoir reçu une dose de vaccin d’ici la fin du mois de juin au plus tard.

Toutefois, Anand Kumar et Ryan Zarychanski affirment que les recherches sur la COVID-19 ne s'arrêteront pas.

Deux questions subsistent dans mon esprit, explique le Dr Zarychanski. Où se trouve le médicament antiviral spécifique qui fonctionne pour ce virus particulier et quelles seront les conséquences pour le corps d’une personne ayant eu la COVID-19?

Nous allons devoir faire face à ce virus et à ses manifestations pendant des années, renchérit le Dr Kumar.

De plus, on ne sait pas quel rôle les variants vont jouer dans les mois à venir, conclut-il.

Avec les informations de Alana Cole et Cameron MacLean

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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