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Les logiciels antitricherie aux examens universitaires soulèvent des questions

Un jeune homme assis à une table devant un écran d'ordinateur.

Ce logiciel de surveillance est « une autre couche d'anxiété et de stress qui s'abat sur les étudiants », selon certains d'entre eux. (archives)

Photo : iStock / dusanpetkovic

Radio-Canada

Les étudiants de l'Université McMaster affirment être inquiets vis-à-vis d'un logiciel de surveillance en ligne qui capture les données vidéo et audio afin d’enrayer la possible tricherie aux examens à distance.

Certains étudiants affirment que le système de surveillance est source d’anxiété. D’autres se demandent ce qui advient de leurs données personnelles une fois l’examen complété.

Le logiciel Respondus scrute les activités des étudiants grâce à leur webcam, le microphone de leur ordinateur ainsi que toute activité à l'écran pendant que ceux-ci passent un examen. L'activation des différentes fonctionnalités est laissée à la discrétion de l'enseignant, peut-on lire sur le site web de l'université.

La sécurité est limitée dans le monde cybernétique, selon Simran Dhindsa, étudiante en troisième année du programme de sciences de la vie. Celle-ci fait partie de l'Assemblée des représentants des étudiants (SRA), qui régit l’association étudiante.

Mme Dhindsa est derrière la motion proposée à la SRA de publier une déclaration selon laquelle les étudiants se disent déçus du manque de consultation entre l'école et les étudiants. La déclaration dénonce aussi les informations insuffisantes et peu claires fournies par l’université.

devanture de l'université mcmaster

L'Université McMaster utilise le logiciel Respondus afin de surveiller les étudiants en train de passer un examen à distance. (archives)

Photo : Radio-Canada

Selon Simranjeet Singh, étudiante de quatrième année en biomédecine et en commercialisation, la difficile transition vers l'apprentissage en ligne s'accompagne de nouvelles inquiétudes. Des questions de bande passante insuffisante ou de connexion qui peut lâcher à tout moment inquiètent constamment les étudiants, dit-elle.

Elle affirme qu’un tel logiciel de surveillance est une autre couche d'anxiété et de stress qui s'abat sur les étudiants.

De son côté, l'Université McMaster a affirmé dans un communiqué que les examens et autres évaluations sont toujours stressants et a reconnu que la surveillance en ligne peut ajouter des couches supplémentaires d'inquiétude à une situation déjà stressante.

La SRA demande à l'université de les inclure dans les prochaines décisions sur les solutions de surveillance. 

Nous espérons pouvoir apporter notre contribution à l'université avant qu'elle ne prenne ces décisions en notre nom, a déclaré Christy Au-Yeung, étudiante en quatrième année de sciences intégrées. 

Des données personnelles

Les étudiants de l’association demandent également à l'université de fournir davantage d'informations sur l'utilisation des données recueillies par le logiciel.

Selon ces étudiants, les conditions d'utilisation du logiciel sont ambiguës et remplies de jargon. Ces conditions indiquent que les données peuvent être utilisées à des fins de recherche, a déclaré Mme Au-Yeung. La recherche en tant que telle n’est pas définie, a-t-elle ajouté.

De plus, ces conditions d’utilisation peuvent être modifiées en tout temps, selon eux. Les étudiants affirment que cela les rend incapables de donner un consentement éclairé. 

Jodi Feeney, directrice de l'exploitation de Respondus Inc. a déclaré que la société travaille avec plus de 2000 universités et qu'environ 2 millions d'examens en ligne sont surveillés chaque semaine à l’aide du logiciel.

Notre système collecte et stocke le moins de données possible, a-t-elle déclaré.

Mme Feeney a précisé que la société américaine ne stocke pas d'informations telles que les adresses courriel, les numéros de téléphone, les adresses domiciliaires ou les notes des étudiants aux examens.

Elle a ajouté que Respondus ne visionne pas de vidéos après l'examen, ne vend pas et ne partage pas de données, et ne stocke pas de profils biométriques sur ses serveurs.

L'université a également déclaré que ces données ne seront partagées avec le personnel universitaire concerné que si un problème d'intégrité académique se pose.

Mais les conditions d'utilisation, qui varient selon les régions et sont disponibles sur le site, indiquent que des échantillons aléatoires d'enregistrements vidéo et/ou audio peuvent être collectés et peuvent être partagés avec des chercheurs sous contrat.

Mme Feeney a préféré ne pas expliquer en détail ce que cela signifiait, prétextant qu’une telle réponse lui prendrait des heures à formuler.

La direction de l’université affirme que son bureau de protection de la vie privée et son bureau de sécurité de l'information ont effectué une analyse approfondie des risques avant de choisir Respondus. 

À l'heure actuelle, a déclaré Mme Au-Yeung, il semble que les étudiants soient obligés d’accepter les termes d’utilisation de Respondus ou abandonner leur cours, ce qui se reflètera sur leur relevé de notes.

L'université a indiqué que les étudiants peuvent s'adresser au bureau de la protection de la vie privée ou au bureau de l'intégrité académique pour toute question ou préoccupation spécifique dans ces domaines, aux services technologiques de l'université pour un soutien technique, et au centre de bien-être des étudiants pour recevoir un soutien pour l'anxiété liée aux tests.

Avec les informations de CBC News

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