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Au Yukon, les femmes qui dirigent espèrent encore plus de représentativité

Kluane Adamek et Doris Bill.

Kluane Adamek et Doris Bill occupent toutes deux un rôle politique au sein des Premières Nations du Yukon.

Photo : Claudiane Samson/Philippe Morin

Les femmes, et notamment celles issues des Premières Nations du Yukon, reconnaissent que de nombreux plafonds de verre ont été brisés ces dernières années dans le monde politique, mais espèrent voir encore plus de changement pour celles qui suivront leurs traces.

Doris Bill le reconnaît : quand elle a été élue au conseil de la Première Nation Kwanlin Dün en 2014 tous ses collègues étaient des hommes. C’est un peu mieux maintenant, mais cela reste un monde essentiellement masculin, avoue la cheffe.

Comme ses collègues Kluane Adamek, la cheffe régionale de l’Assemblée des Premières Nations et Maria Benoit, Haa Shaa du Hen (cheffe adjointe) de la Première Nation de Carcross/Tagish elle pense pourtant qu’une perspective féminine est essentielle dans le monde politique, notamment sur le dossier des femmes et filles autochtones disparues ou assassinées.

Et la cheffe Bill affirme que changer les mentalités passe avant tout par une introspection. On doit vraiment se préoccuper des choses qui peuvent contribuer au manque de représentation des femmes, comme la violence, lance-t-elle. Surtout, elle affirme qu’il est important que des solutions viennent des Premières Nations elles-mêmes.

Doris Bill.

La cheffe de la Première Nation Kwanlin Dun, Doris Bill, affirme que malgré les avancées, les dirigeantes autochtones font toujours face à des défis.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

« Il est clair qu’un jour j’aimerais beaucoup voir une femme autochtone au poste de première ministre, qui dirige notre gouvernement. »

— Une citation de  Doris Bill, cheffe, Première Nation Kwanlin Dün

Kluane Adamek sait aussi que le chemin sera long. On ne parle pas seulement de changer les règles, mais de changer notre façon de penser et de nous comporter, soutient-elle.

Pour Mme Benoit, les changements se feront aussi et surtout par l’éducation. C’est pourquoi elle encourage toutes les jeunes femmes autochtones à se former à des postes de direction, et à candidater pour de tels postes.

Lutter contre le sexisme au sein de l’Assemblée des Premières Nations

Il y a quelques mois, Doris Bill a présenté une résolution à l’Assemblée des Premières Nations pour changer les choses au sein du puissant organisme. La résolution, adoptée en décembre dernier, demandait la tenue d’une enquête indépendante sur la discrimination envers les femmes et les personnes issues de la communauté LGBTQ+.

Doris Bill affirme que malgré le petit séisme provoqué, elle s’est sentie soutenue dans le processus. Je n’ai pas eu un seul commentaire négatif, affirme-t-elle encore un peu surprise.

Kluane Adamek.

Kluane Adamek, cheffe régionale de l'Assemblée des Premières Nations pour le Yukon, pense qu'il faut créer des espaces dans lesquelles les femmes se sentent à l'aise et soutenues dans des rôles dirigeants, comme c'est le cas des hommes.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Malgré les victoires, Kluane Adamek, comme Doris Bill, confie que les choses n’ont jamais vraiment été simples pour elle, notamment en raison de son genre et de son jeune âge. Il n'est pas normal que les gens aient l'impression que leur voix n'est pas entendue et respectée à cause de ces facteurs, argue-t-elle.

« Je pense qu'en tant que femme dans toutes les parties du monde, dans tous les rôles que nous avons, il y a des défis et des expériences que nous partageons tous et qui sont probablement très communs. »

— Une citation de  Kluane Adamek, cheffe régionale de l’Assemblée des Premières Nations

Plus de femmes aux prochaines élections territoriales?

Avec les élections territoriales qui se rapprochent (elles seront déclenchées avant le 18 novembre), les deux femmes se disent néanmoins ravies de voir des candidatures féminines se concrétiser, surtout que la tâche peut parfois sembler compliquée.

Tout type de leadership peut être intimidant. Il peut être stimulant. Il faut beaucoup de courage pour se lancer, reconnaît Mme Bill.

Aujourd’hui, sur 19 députés, trois sont des femmes autochtones, ce qui fait dire à Doris Bill, qu’il y a largement la place pour plus de représentation féminine.

La cheffe de file du NPD du Yukon, Kate White, est aussi très fière des femmes qui la rejoignent en politique. Elle dit faire sa part pour encourager ses dernières en allant vers elles, en les invitant à des rencontres, plutôt qu'en attendant qu'elles se manifestent.

Kate White.

La cheffe du Nouveau parti démocratique du Yukon, Kate White, regrette les commentaires auxquelles font parfois face les femmes en politique.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Avec son statut, il faut dire qu’elle aussi a l’habitude des commentaires. On m’a déjà dit que j’étais trop émotive pour une femme en politique, je me demande si c’est le genre de critique qu’on a déjà entendue sur un homme, interroge-t-elle.

Si Kluane Adamek est particulièrement enthousiaste à voir des femmes se lancer dans les prochaines élections, c’est parce qu’elle pense elle que les futures élues pourraient faire beaucoup pour la cause féminine en politique, notamment en inspirant les futures générations.

Elle avoue elle-même avoir eu ses propres modèles, qui l’ont accompagnée et le font toujours, le long de son parcours. Shirley Adamson (Première Nation de Carcross/Tagish), Judy Gingell (Première Nation Kwanlin Dün) et Mary Jane Jim (Première Nation Champagne et Aishihik) pour ne citer qu’elles.

J'espère que plus nous nous voyons comme des femmes autochtones élues à des postes de direction, plus nous continuerons à sentir que, oui, nous avons une place, affirme-t-elle. Donc, si j'ai aidé une femme à sentir qu'elle peut le faire aussi, c'est incroyable, et cela me rend très humble.

Avec les informations de Claudiane Samson

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