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Les femmes autochtones surreprésentées dans le système carcéral de la Saskatchewan

Heather Bear, la vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN), lors d'une conférence de presse le 8 mars 2021.

Selon la vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN), Heather Bear, il faut aborder les problèmes d'injustice et d'inégalité dans le système carcéral de la province à l'encontre des femmes autochtones.

Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

Alors que le 8 mars marque la Journée internationale des droits des femmes, la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN) dénonce les forts taux d’incarcération des femmes autochtones dans les prisons de la province.

La FSIN déplore que ces femmes n’aient pas accès aux services communautaires et manquent de soutien en raison d’un manque de ressources.

Ce manque de ressources les force souvent, selon la FSIN, à rester en prison pendant leur détention provisoire, alors qu’elles n’ont pas encore été jugées.

Les statistiques montrent que la Saskatchewan a le taux le plus élevé de détention provisoire au pays, soit trois fois plus que la moyenne nationale.

Une citation de :Communiqué de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan

Faire plus pour la réinsertion des femmes

Avec l’impact de la COVID-19, la directrice de la société Elizabeth Fry, Patti Tait, déplore que certains procès aient pris beaucoup de retard. Certaines femmes peuvent parfois attendre un an avant d’être jugées non coupables : Elles perdent ainsi un an de leur vie.

Tout comme la FSIN, Patti Tait demande que les gouvernements provincial et fédéral investissent dans des structures de prévention et de réinsertion dans les communautés autochtones.

Plutôt que d’augmenter le nombre de places dans les centres correctionnels, dont la plupart sont en détention provisoire, il faut offrir plus de services et de soutien, avec une communauté qui est là pour aider les femmes.

Une citation de :Patti Tait, directrice de la société Elizabeth Fry

Mme Tait souhaite que des organismes comme le sien aient un meilleur accès aux détenues pour les aider à préparer leur libération et leur réinsertion et qu’elles ne soient pas livrées à elles-mêmes.

Elle déplore d’ailleurs le sort de Kimberly Squirrel, une femme autochtone retrouvée morte à Saskatoon quelques jours après avoir été libérée du centre correctionnel de Pine Grove.

Les chiffres dans la province et au pays

Les femmes autochtones représentaient plus de 42 % des détenues au Canada, selon un communiqué de l’enquêteur correctionnel du Canada, Ivan Zinger, datant de janvier 2020.

Selon Statistique Canada, un peu plus de 14 000 femmes incarcérées au pays en 2018-2019 étaient des Autochtones, alors que celles-ci ne représentent, selon la FSIN, que 4 % de la population.

La FSIN affirme que, dans le centre correctionnel de Pine Grove, au nord de Prince Albert, 90 % des femmes détenues sont Autochtones, alors qu’elles ne représentent que 16 % de la population de la province.

En Saskatchewan, 15 % des femmes détenues pour la période 2018-2019 étaient autochtones, soit un peu plus de 1900 personnes, selon Statistique Canada.

Alors que la population autochtone du Canada est de 4 %, les Autochtones représentent plus de 30 % des incarcérations au pays, selon Ivan Zinger.

Avec les informations de Zoé Clin

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