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Quitter son bar pour repartir à zéro dans une ferme

Un femme debout sur un terrain enneigé.

La pandémie a poussé Liz Guerrier à changer de mode de vie.

Photo : Radio-Canada

Un an après le début de la pandémie, nombreuses sont les vies qui ont été bouleversées à bien des égards. Ceux qui ont perdu leur emploi ou leur entreprise ont dû essayer de se remettre en selle. Parmi ces gens, Liz Guerrier, 52 ans, qui a renoncé aux soirées animées pour se lancer dans la production maraîchère. Portrait.

Liz Guerrier gérait un pub dans la vibrante Toronto, la ville où elle avait passé toute sa vie, depuis sa naissance, et où elle avait élevé ses enfants.

Quand elle passe devant son ancien établissement de l’avenue St. Clair, appelé Dave’s, Liz se sent profondément triste et garde le goût amer de l’échec.

Il y avait dix ans qu’elle accueillait les résidents du quartier dans ce pub. Gros hamburgers maison, produits locaux apprêtés avec amour et simplicité, spectacles intimes les fins de semaine avec des musiciens du coin, tous les ingrédients y étaient pour en faire un succès auprès de la communauté.

Façade de bar.

La devanture du bar que gérait Liz Guerrier.

Photo : Radio-Canada

Il y avait toujours des gens qui venaient voir ce qui se passait au pub. Il y avait beaucoup d'énergie.

Une citation de :Liz Guerrier

Quand COVID-19 rime avec faillite

Une semaine avant que les autorités sanitaires ordonnent la fermeture des restaurants, en mars 2020, elle décide de mettre la clé sous la porte, mettant du même coup à pied tout son personnel. Ç'a été très dur. J'avais mis tout mon cœur et mes tripes pour construire ça, raconte-t-elle, un an plus tard, devant la façade du pub qui attend ses nouveaux locataires.

Je n'ai plus de commerce, j'ai 52 ans, et la triste réalité, c'est que pas grand monde n'est intéressé à engager des gens à ce stade. Vous devez vraiment créer votre propre destin.

Une citation de :Liz Guerrier
Une femme devant un comptoir, préparant un hamburger.

Liz Guerrier dans son ancien bar, préparant un hamburger

Photo : Radio-Canada

Aujourd’hui, elle habite dans la petite maison sise sur la propriété de la mère de son conjoint John, un grand gaillard sorti tout droit d’un film de cowboys, avec une voix graveleuse à la Sam Elliott.

On est loin de Toronto. Pas tellement pour ce qui est de la distance (seulement une heure de route au nord), mais plutôt pour ce qui est du décor et du style de vie. Dans cette immensité enneigée, Liz et John se sont installés dans la communauté ontarienne d’Erin.

Apprentis agriculteurs

Lorsqu’elle discutait avec sa belle-mère, une agente immobilière de la région, une idée a germé dans l'esprit de Liz : celle de repartir à zéro comme maraîchère. Puisqu’elle avait accès à une terre inutilisée de neuf hectares sur la propriété de sa belle-mère, elle s’est lancée dans la production de fruits et de légumes.

La COVID nous a fait prendre conscience du problème de la chaîne d'approvisionnement avec le grand nombre de produits qui viennent de la Californie. Et si on arrêtait d'acheter ces produits?

Une citation de :Liz Guerrier

Ne cherchez pas la serre ni les premières pousses, car, dans la torpeur hivernale, le couple n’en est qu’aux préparatifs.

Là, nous avons planté de l’ail l’automne dernier; dans les prochaines semaines, ce sera au tour des carottes, des haricots et de toutes sortes de légumes et d’herbes, explique Liz.

Ces apprentis maraîchers vont commencer par planter un hectare avec l’objectif de fournir des produits aux résidents des alentours, mais aussi de livrer à des clients torontois.

Beaucoup de planification, de feuilles de calculs et beaucoup de rêves aussi, dit Liz Guerrier, les yeux pétillants.

Une femme et un homme dans un terrain enneigé.

Liz Guerrier avec son conjoint, John

Photo : Radio-Canada

D’une entreprise à une autre

Le rêve se concrétise de jour en jour avant même que le couple ait planté quoi que ce soit. Forte de son esprit d'entrepreneure, Liz s’est plongée dans les livres pour apprendre ce nouveau métier.

Elle a en effet vendu des cartes de membre (c'est un peu comme des actions d'entreprise) pour son futur gigantesque potager, qu’elle a baptisé Coyote Song Farm & Forest. Pour une carte, on recevra 115 $ de produits maraîchers.

Et la frénésie urbaine de Toronto, dans tout ça? Il n’y aura pas de retour en arrière : la COVID-19 a vraiment changé sa vie.

À la question : Sans la COVID-19, seriez-vous ici? elle répond de but en blanc : Non, je serais toujours au pub. C'est un grand pas et je vois des gens qui parlent de résilience et de courage dans mon histoire. Mais j'ai besoin d'aller de l'avant. Je ne pouvais pas m'asseoir et pleurer sur mon sort, cela n'aurait servi à rien.

Le couple continue de rêver à ses champs qui, bientôt, seront couverts de légumes et de fruits. Liz sait que ce ne sera pas tous les jours rose, mais une chose est sûre pour elle : grâce à la pandémie, elle a fait le bon choix.

Je pense que j'essaie de vivre la meilleure vie. C'est ça : j'essaie de vivre la meilleure vie possible.

Une citation de :Liz Guerrier

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