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Le pétrole pourrait-il revenir à 100 $ le baril?

Ni les producteurs ni la plupart des analystes ne sont prêts à parier sur un tel prix.

Des barils de pétrole.

Certains analystes prédisent une hausse continue des prix du pétrole grâce à la relance de la demande postpandémie.

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Parier sur un rebond du prix du pétrole paraissait aberrant il y a quelques mois. Mais, au cours de la fin de semaine, l’or noir a flirté avec les 68 $ américains. Les pronostics vont donc bon train.

Certains analystes comme ceux des banques Goldman Sach et JP Morgan n’excluent pas la possibilité de voir les cours du pétrole atteindre sporadiquement les 100 $ américains.

Le professeur auxiliaire d’économie à l’Université d’Ottawa Jean-Thomas Bernard ne parierait cependant pas sa carrière sur un tel prix.

Se montrer optimiste au point de dire qu’on peut revenir à des prix de 100 dollars, j’aurais beaucoup de réserve là-dessus. Il faut être très prudent lorsqu’on prédit des prix du pétrole parce qu’on a tout observé par le passé, philosophe-t-il.

Une demande en hausse, une offre restreinte

En mars, le prix du West Texas Intermediate (WTI) a atteint son plus haut niveau en un an. La remontée actuelle est portée par une demande en croissance. Les campagnes de vaccination en cours dans le monde laissent espérer un retour de la consommation et de l’économie.

Selon Ann-Louise Hittle, spécialiste du pétrole chez la firme Wood Mackenzie, la demande de pétrole pourrait augmenter de plus de six millions de barils par jour cette année.

L’évolution de la pandémie pourrait bien sûr rendre la relance plus lente, mais les analystes sont confiants.

C’est plutôt du côté de l’offre que l’incertitude demeure. Lors de leur dernière réunion, les pays du groupe élargi de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP +) ont convenu de continuer à limiter leur production pour un mois.

Ce sont sept millions de barils de production par jour qui sont mis de côté. Cela donne un marché serré, explique Mme Hittle.

Des limites pour combien de temps?

Mais combien de temps les pays membres vont-ils se limiter? C’est toute la question. Jean-Thomas Bernard note ainsi que l’Arabie Saoudite n’aurait aucun mal à augmenter sa production du jour au lendemain.

L'Arabie Saoudite, c'est un pays qui peut ajouter assez facilement un million de barils par jour sur les marchés. Ils n'ont même pas à développer de nouveaux champs, explique M. Bernard.

L’économiste en chef à la firme Enverus, Judith Dwarkin, surveille aussi combien de temps les membres se conformeront aux décisions prises. Plus les prix iront à la hausse, plus ce sera difficile de résister à la tentation d'augmenter la production.

Les producteurs américains dans les réservoirs de schiste pourraient également accroître leur production, ajoute l’économiste en chef chez Alberta Central, Charles St-Arnaud.

Il y a un certain moment où les producteurs vont commencer à voir que les prix sont alléchants et ils vont s’ajuster à la hausse, ce qui ferait plafonner les prix , analyse M. St-Arnaud.

On a une certaine capacité de production qui peut revenir facilement en ligne.

Une citation de :Charles St-Arnaud, Alberta Central

Lui ne croit donc pas à un prix du baril à 100 $, même s’il pense que la relance de la demande maintiendra les prix à un niveau confortable pendant encore un an.

La géopolitique pourrait cependant créer une pression à la hausse, note Ann-Louise Hittle. Des attaques sur un port de réservoirs pétroliers en Arabie Saoudite dimanche ont ainsi conduit à une augmentation des prix des hydrocarbures. Mais une fois la faiblesse des dégâts constatés, les marchés ont perdu leurs gains.

Pas d’investissement en vue

Face à cette volatilité, le mot d’ordre est à la prudence chez l’entreprise pétrolière et gazière Birchcliff Energy.

Nous n’augmenterons pas la production. Nous allons utiliser cet argent pour payer nos dettes, a confirmé le président-directeur-général, Jeff Tonken.

Ces prix pourraient disparaître demain.

Une citation de :Jeff Tonken, PDG de Birchcliff Energy

La compagnie NuVista Energy prévoit augmenter sa production en mettant en activité des projets construits lors de la pandémie. Ensuite, elle suivra également les mêmes préceptes de prudence.

Aucun analyste ne s’attend d’ailleurs à des investissements dans de nouveaux projets pétroliers au Canada.

Avec des informations du Calgary Eye Opener

Avec les informations de Reuters

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