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La pandémie a accru les inégalités hommes-femmes, selon des organismes

Une mère fait l'école à la maison à ses enfants.

Même si les femmes ont occupé des postes essentiels pendant la pandémie, elles ont été les principales victimes de la crise économique.

Photo : iStock

La célébration de la Journée internationale des femmes n’est pas propice à la réjouissance, cette année. Alors que la pandémie de COVID-19 sévit depuis près d’un an, les femmes semblent en payer le plus lourd tribut. Les organismes de défense des droits des femmes espèrent que les autorités publiques se saisiront de l’opportunité de la relance économique pour réduire les inégalités.

La pandémie a affecté de manière disproportionnée les femmes, et ce à plusieurs niveaux.

Voilà le constat sans équivoque que dresse la directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF), Maïra Martin, qui estime que la pandémie a accru les inégalités entre les hommes et les femmes.

Que ce soit sur le plan économique, social ou en matière de santé, les femmes semblent avoir été touchées de manière plus importante par la pandémie de COVID-19.

Appelées au front notamment dans les établissements de soins de santé, les femmes ont été les plus grandes victimes du virus de la COVID-19, selon Anne-Cécile Desfaits, directrice associée de l'Institut de la santé des femmes et des hommes, qui fait partie du réseau des Instituts de recherche du Canada (IRSC).

Comme 80 % des personnes qui travaillent dans la santé sont des femmes, il y a un risque accru d’avoir la COVID-19 et elles sont particulièrement vulnérables au stress et à la dépression, explique Mme Desfaits. Cela est démontré dans plusieurs recherches et on parle surtout de personnes qui sont en début ou à mi-carrière.

Au Québec, 53 % des infections et des décès rapportés dans la province touchent les femmes. En Ontario, elles représentent 50,5 % des cas, selon le plus récent bilan provincial.

La violence conjugale s’est aussi exacerbée pendant la pandémie, notamment pendant le confinement où des femmes se sont retrouvées avec leurs conjoints violents sans pouvoir accéder à de l'aide.

Des femmes qui étaient en situation de violence conjugale se retrouvaient 24 h sur 24, 7 jours sur 7, avec leurs conjoints violents, dans un contexte difficile de stress et d'incertitude qui fait accroître les tensions. C’est malheureusement inévitable qu'il y ait une hausse des cas de violence, se désole Mme Martin.

Impact économique

C’est au niveau économique que les femmes ont payé le plus lourd tribut pendant la pandémie de COVID-19.

Entre mars et avril 2020, près de 1,5 million d'entre elles ont perdu leur travail.

De nombreuses femmes ont aussi dû réduire leur activité professionnelle pour s’occuper des enfants, lorsque les écoles et les garderies ont fermé leurs portes.

Selon les données de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, entre février et avril 2020, 23,2 % des femmes avec des enfants de cinq ans ou moins ont dû réduire leurs heures de travail et 8,4 % ont perdu leur emploi. Chez celles qui ont des enfants de 6 à 12 ans, 16,1 % ont réduit leurs heures et 12,5 % ont perdu leur emploi.

Des affiches montrent une tête de femme qui devient une main masculine et une tête de femme enserrée dans une main géante.

La directrice générale du groupe AOcVF, Maïra Martin

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Ainsi, au plus fort de la crise, la participation des femmes à la population active a reculé à 55 %, soit son plus faible niveau depuis ces 30 dernières années, comme l’a révélé une étude de la Banque Royale du Canada.

On estime peut-être que la pandémie va faire reculer de 30 ans tous les efforts que les femmes ont eus sur le milieu de l’emploi, donc c'est un gros retour en arrière.

Une citation de :Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes

Même si certaines femmes ont pu retrouver le chemin du travail, les inégalités continuent de persister.

D’après les données de Statistique Canada, sur les 213 000 emplois perdus en janvier 2021 au pays, 73 400 concernaient des femmes comparativement à 33 500 pertes chez les hommes, dans la tranche des 25-54 ans.

Penser à l'après COVID-19

Pour la directrice générale AOcVF, il est temps que les autorités prennent à bras le corps ce problème, alors que se profile la relance économique, avec la campagne de vaccination contre le virus de la COVID-19.

Il faut que la relance se fasse en prenant en compte les femmes.

Une citation de :Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes

Il va falloir prendre l’opportunité pour ne pas simplement revenir avant mars dernier, mais essayer de réfléchir et de rattraper l’écart des inégalités qui se sont creusées pendant cette dernière année, mais aussi d'essayer de résoudre des inégalités qui étaient déjà présentes, souligne Mme Martin.

Pour les organismes de défense des droits des femmes, l’inclusion des femmes sur le marché du travail devra passer, entre autres, par l’accès aux services de garde, tandis que la pandémie a révélé au grand jour le travail essentiel qu'occupent celles-ci dans la société.

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