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Un comité des Communes assigne à comparaître les frères Kielburger, d'UNIS

Craig et Marc Kielburger sur scène tiennent des micros.

Les frère Craig et Marc Kielburger sont les cofondateurs de l'organisme UNIS.

Photo : Reuters / MARIO ANZUONI

La Presse canadienne

Les membres du comité d'éthique de la Chambre des communes ont voté à l'unanimité, lundi, pour assigner à comparaître les cofondateurs d'UNIS (WE Charity), Craig et Marc Kielburger.

Les frères Kielburger avaient refusé la semaine dernière de venir témoigner, ce que les députés de tous les partis ont trouvé préoccupant, lundi. Une convocation d'un comité des Communes a force de loi et la motion donne aux frères Kielburger jusqu'à vendredi pour comparaître, pendant au moins trois heures, sans quoi ils seront blâmés par l'ensemble de la Chambre.

Les deux hommes devaient comparaître devant le comité d'éthique lundi, qui devait être à l'origine le dernier jour de témoignages dans l'enquête sur l'accord fédéral qui prévoyait que l'organisme sans but lucratif UNIS administre un programme de bourses aux étudiants, aujourd'hui abandonné.

Mais l'organisme a souligné dans un communiqué diffusé la semaine dernière que le député néo-démocrate Charlie Angus avait demandé à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et à l'Agence du revenu du Canada (ARC) d'enquêter sur les activités d'UNIS. L'organisme estimait donc qu'il serait injuste de soumettre en même temps ses dirigeants à l'enquête d'un comité partisan.

Alors qu'UNIS accueillerait et coopérerait avec toute enquête potentielle menée par ces agences, aucune organisation ne devrait être soumise à la fois à une enquête sur les mêmes questions par un comité parlementaire partisan qui souhaite mener sa propre enquête de substitution, indiquait l'organisme en refusant l'invitation à venir témoigner au Parlement.

Ils défient le Parlement

La motion de lundi a été présentée à l'origine par les conservateurs et amendée par les néo-démocrates, pour fixer la date limite de vendredi. Il s'agit d'un défi direct aux pouvoirs du Parlement d'enquêter sur les dépenses et les questions d'accès d'initiés qui sont bien du ressort de notre comité, a déclaré M. Angus à propos du refus des frères Kielburger de témoigner. Et cela fait partie des privilèges constitutionnels que nous avons en tant que membres démocratiquement élus représentant la population du Canada.

M. Angus a demandé les enquêtes de la GRC et de l'ARC après qu'un ancien donateur, le journaliste américain Reed Cowan, eut allégué devant le comité en février que la plaque sur une école qu'il avait financée au Kenya avait été remplacée par une plaque au nom d'un autre donateur.

L'organisme a expliqué qu'il s'agissait d'une erreur malheureuse; M. Angus y toutefois voit la preuve d'un modèle de relations de duplicité avec les donateurs.

Les frères Kielburger ont déjà témoigné pendant quatre heures devant le Comité des finances de la Chambre des communes, l'été dernier, après que la controverse sur le programme de bourses d'études eut éclaté.

En pleine pandémie, le gouvernement libéral avait alors eu l'idée de mettre sur pied plusieurs programmes d'aide financière pour les Canadiens. Cependant, la décision des libéraux d'attribuer à UNIS le contrat de 43,5 millions de dollars pour administrer l'un de ces programmes, malgré les liens étroits de l'organisme avec le premier ministre Justin Trudeau et sa famille, a provoqué des hauts cris et soulevé des questions d'ordre éthique.

Le commissaire à l'éthique, Mario Dion, enquête sur l'implication de M. Trudeau et de l'ancien ministre des Finances Bill Morneau, qui a également des liens familiaux avec UNIS. Les deux hommes se sont excusés de ne pas s'être récusés lors de la discussion au cabinet.

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