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Les républicains de New York veulent mettre le gouverneur Cuomo en accusation

Andrew Cuomo fait un geste de la main en parlant.

Le gouverneur Andrew Cuomo est notamment critiqué pour la façon dont il a géré la situation des maisons de retraite de l'État pendant la pandémie.

Photo : Associated Press / John Minchillo

Radio-Canada

Les élus républicains de l'Assemblée législative de l'État de New York ont annoncé lundi une résolution de mise en accusation du gouverneur démocrate Andrew Cuomo, placé sur des charbons ardents en raison de sa gestion critiquée de la pandémie et de plusieurs allégations d'inconduite et de harcèlement sexuels.

Une bombe n'attend pas l'autre, a déclaré lundi après-midi le leader de la minorité républicaine de l'assemblée, William Barclay, au cours d'une conférence de presse donnée par plusieurs membres de son parti.

Pour être soumise au vote, la résolution doit recevoir l'aval du président de l'assemblée, le démocrate Carl Heastie. Advenant son adoption, elle aboutira devant le Sénat.

Le gouverneur démocrate de 63 ans, un temps perçu comme un candidat à l'investiture démocrate en vue de la présidence américaine, a perdu la confiance de membres de son propre parti.

Dimanche, M. Heastie a publié un communiqué mettant en doute la capacité du gouverneur à continuer à diriger cet État et estimé qu'il était temps pour le gouverneur de se poser sérieusement la question de savoir s'il [pouvait] répondre aux attentes des citoyens de New York dans ces conditions.

Plusieurs autres, dont la leader de la majorité au Sénat, Andrea Stewart-Cousins, ont directement appelé à sa démission. Mme Stewart-Cousins a cité les allégations de harcèlement sexuel à son endroit et un environnement de travail toxique ainsi que la façon dont il a géré la situation des maisons de retraite de l'État pendant la pandémie.

Un autre sénateur, James Sanders fils, a lui aussi réclamé le départ de M. Cuomo, lundi.

Le gouverneur, en poste depuis dix ans, a de nouveau rejeté cette possibilité dimanche au cours d'une conférence téléphonique. Je ne vais pas démissionner pour des allégations, a soutenu le sexagénaire, contestant la crédibilité des accusations dont il fait l'objet.

Il a aussi plaidé pour que les New-Yorkais fassent preuve de patience en attendant les résultats de l'enquête supervisée par la procureure générale de l'État, Letitia James.

Il y a quelques jours, le gouverneur Cuomo s'est excusé sincèrement d'avoir blessé certaines femmes, tout en réfutant tout geste déplacé.

En 2008, le gouverneur Eliot Spitzer, un démocrate, avait été contraint de démissionner après avoir figuré sur la liste de clients d'un réseau de prostitution de luxe. La perte du soutien des leaders politiques avait contribué à sa décision.

Une enquête qui s'annonce longue

L'enquête sur les allégations d'inconduite sexuelle, qui se soldera par la production d'un rapport, est susceptible de durer plusieurs mois.

Mme James a par ailleurs annoncé lundi le nom des avocats qui mèneront l'investigation. Il s'agit de Joon Kim, un ancien procureur par intérim pour le district sud de New York, et d'Anne Clark, une avocate spécialisée dans la discrimination en matière d'emploi, notamment en matière de harcèlement sexuel.

Mme James, une démocrate elle-même perçue comme une candidate possible au poste de gouverneur en 2022, a choisi de faire appel à des avocats externes pour mener l'enquête afin d'éviter qu'elle semble teintée politiquement.

Il ne fait aucun doute qu'ils ont tous deux les connaissances et l'expérience nécessaires pour mener cette enquête et fournir aux New-Yorkais les réponses qu'ils méritent, a-t-elle assuré au sujet des deux avocats recrutés, dans un communiqué.

Ils disposeront de vastes pouvoirs leur permettant d'ordonner la production de documents et d'assigner des témoins à comparaître, dont le gouverneur lui-même.

Selon le New York Times, ils devront faire un rapport hebdomadaire à la procureure générale de l'État. Toujours d'après le quotidien, l'enquête des deux avocats pourrait s'étendre à toute allégation qui pourrait faire surface en cours de route.

Deux nouveaux témoignages d'inconduite sexuelle, venant s'ajouter à ceux de deux anciennes collaboratrices et d'une femme qui n'a pas travaillé pour Andrew Cuomo, ont déjà émergé samedi.

Karen Hinton, une ancienne collaboratrice de M. Cuomo, a raconté au Washington Post ce qu'elle a décrit comme une tentative de relation sexuelle dans une chambre d'hôtel en 2000, à laquelle elle a dit avoir résisté.

Ana Liss a pour sa part déclaré au Wall Street Journal que le gouverneur l'avait mise mal à l'aise avec des questions sur sa vie amoureuse et l'avait embrassée sur la main.

Anna Ruch a dit au quotidien que les faits qu'elle impute au gouverneur démocrate se seraient produits en septembre 2019, lors d'une cérémonie de mariage.

M. Cuomo, dont la réponse à la pandémie était pourtant considérée, au début, comme un modèle, était déjà sur la sellette pour sa gestion de la crise de la COVID-19 dans les résidences pour aînés. Il fait même l'objet d'une enquête du FBI.

Avec les informations de New York Times

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