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Le vaccin d'AstraZeneca sera utilisé sans limite d'âge chez les adultes au Québec

Une fiole de vaccin et des seringues.

Le vaccin d'AstraZeneca sera utilisé lors de la campagne québécoise de vaccination de masse contre la COVID-19.

Photo : Reuters / BENOIT TESSIER

Le Comité sur l'immunisation du Québec (CIQ) de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) affirme que le vaccin développé par AstraZeneca et l'Université d'Oxford contre la COVID-19 « devrait être utilisé de manière préférentielle pour des personnes âgées de 18 ans et plus, sans autre restriction d’âge ou de comorbidité ».

Cet avis, daté de vendredi, a été publié lundi (Nouvelle fenêtre) sur le site web de l'INSPQ. On y apprend que, globalement, le vaccin – et son équivalent indien, le Covishield – montre un bon profil d’immunogénicité et d’efficacité dans tous les groupes d’âge dans lesquels il a été étudié, tant après une première dose qu'après une seconde.

Même si, comme pour tous les autres vaccins disponibles actuellement, son efficacité pourrait être amoindrie contre certains variants du SRAS-CoV-2, l’efficacité du vaccin d'AstraZeneca semble très élevée contre les formes graves de la maladie, incluant les hospitalisations et les décès, constate le CIQ.

Cela dit, le vaccin d'AstraZeneca – du fait de ses caractéristiques par rapport aux vaccins à ARNm – ne devrait pas être systématiquement offert aux personnes plus vulnérables. Ainsi, le CIQ soutient que les vaccins de Pfizer et de Moderna devraient être utilisés en priorité pour :

  • les personnes qui présentent un risque très élevé de maladie, de complications ou qui ne répondraient pas bien à tout vaccin, incluant les résidents en CHSLD et en RPA;
  • les personnes avec une immunosuppression;
  • les travailleurs de la santé les plus exposés.

Or, au Québec, les résidents des CHSLD et des RPA ainsi qu'environ 70 % des travailleurs de la santé sont déjà vaccinés, et la campagne de vaccination de masse est bien entamée.

D'ailleurs, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a réagi rapidement à l'avis du CIQ lundi en affirmant par communiqué que toutes les doses disponibles des vaccins approuvés devraient être utilisées sans délai et que celles fournies par AstraZeneca ne feraient pas exception.

Au contraire, son approbation permettra d’offrir plus de souplesse aux efforts de vaccination, notamment à partir des groupes prioritaires des 70 à 79 ans, a-t-il fait savoir.

En effet, il comporte de nombreux avantages, notamment celui de ne pas avoir besoin d’être congelé et de pouvoir être utilisé pendant 48 heures une fois la fiole entamée, ce qui facilite la logistique entourant la vaccination, poursuit le MSSS.

Ce vaccin pourrait même être utilisé dans le cadre d'une stratégie de vaccination mobile, écrit-il.

Un vaccin qui suscite des questions

Santé Canada a approuvé le vaccin d'AstraZeneca le 26 février dernier.

Le 1er mars, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a toutefois émis des doutes sur son efficacité à protéger les personnes âgées de 65 ans et plus en raison de l'insuffisance de données probantes sur l'efficacité dans ce groupe d'âge à l'heure actuelle.

Le vaccin d'AstraZeneca a également été critiqué pour son efficacité relativement faible, estimée à 62,5 %. Malgré cela, tous les messages devraient mettre en exergue [sa] très grande efficacité [...] pour prévenir les formes graves de la COVID-19, incluant les hospitalisations et les décès, recommande le CIQ.

Le Dr Horacio Arruda en conférence de presse.

« La santé publique considère que toutes les doses disponibles de vaccins approuvés devraient être utilisées sans délai », écrit le MSSS.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Interrogé sur le sujet la semaine dernière, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, avait dit attendre l'avis du CIQ au sujet du vaccin d'AstraZeneca avant de décider comment l'utiliser.

Le Québec, tout comme les autres provinces, devrait recevoir ses premières doses cette semaine. Ce chargement fort attendu arrivera de l'Inde, a confirmé le MSSS lundi. Il contiendra 113 000 doses de Covishield, qui devront être administrées avant le 2 avril.

Comme les autres Canadiens, les Québécois à qui ce vaccin sera offert ne pourront pas exiger d'en recevoir un autre sous prétexte qu'il serait moins efficace que ceux de Pfizer et de Moderna.

Tous les vaccins qui sont homologués par Santé Canada sont sécuritaires, a répété le directeur de la campagne de vaccination contre la COVID-19 au Québec, Daniel Paré, lundi soir, à l'émission 24•60. Ce sont de bons vaccins, a-t-il assuré.

Nous, on va s'assurer, selon les groupes prioritaires, de vous donner les meilleurs vaccins possibles pour vous, a promis M. Paré. [Mais] non, on ne peut pas, malheureusement, choisir le vaccin. Surtout dans le cadre d'une pandémie comme celle que nous vivons présentement.

Aucune indication encore pour le vaccin de Johnson & Johnson

Quatre vaccins ont été cautionnés jusqu'à maintenant par Santé Canada. Outre ceux de Pfizer, de Moderna et d'AstraZeneca, celui de Johnson & Johnson a reçu le feu vert du fédéral vendredi dernier.

Ce vaccin, contrairement à ceux de ses concurrents, ne requiert qu'une dose. Il ne s'agit pas d'un vaccin à ARN messager, comme ceux de Pfizer et de Moderna, mais d'un vaccin à vecteur viral non réplicatif similaire à celui d'AstraZeneca. Ni le CCNI ni le CIQ ne se sont encore prononcés sur ses conditions d'utilisation.

Ottawa devrait recevoir 910 000 doses de vaccin contre la COVID-19 d'ici vendredi.

Le gouvernement du Canada s'attend à ce que les manufacturiers de vaccins lui aient procuré un total de 8 millions de doses avant le 31 mars : 5,5 millions de celui de Pfizer-BioNTech et 2 millions de celui de Moderna, en plus des 500 000 doses du vaccin d'AstraZeneca-Oxford fournies la semaine dernière.

Le Québec estime pour sa part qu'il aura reçu 1,7 million de doses d'ici la fin du mois, soit presque trois fois ce qu'il a reçu jusqu'à maintenant.

Daniel Paré anticipe même la réception de 7 millions de doses d'ici la fin de juin, ce qui permettrait à tous les Québécois qui le souhaitent de recevoir une première injection à temps pour le début de l'été.

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