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Encore trop tôt pour penser à la zone jaune, selon un expert

Un panorama de la ville de Québec.

La région de Québec

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Il faudra attendre encore au moins quelques semaines avant d’envisager que les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches puissent passer au jaune. Les facteurs à considérer ne sont plus les mêmes qu’au début de la pandémie, selon un expert en virologie.

Le nombre de cas quotidiens est en baisse depuis plusieurs jours dans ces deux régions. La Capitale-Nationale enregistre 29 nouveaux cas de COVID-19 dans le plus récent bilan de la santé publique, dévoilé lundi en fin d'avant-midi.

En Chaudière-Appalaches, neuf personnes ont nouvellement contracté le virus.

Le gouvernement doit s’assurer qu’on maintienne ce taux d’infection assez bas et qu’on continue même à diminuer vers la valeur magique de 100 nouveaux cas par jour au Québec. Si on regardait uniquement cette donnée, plusieurs régions seraient effectivement près de tomber en zone jaune, affirme Benoit Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal et expert en virologie.

Variants

Toutefois, au-delà des données épidémiologiques, du taux de transmission du virus et de la capacité du système de santé dans chaque région, on doit maintenant tenir compte d'une donnée qui n’existait pas lors de la première vague : la présence de variants.

Les variants détectés jusqu’à présent sont plus contagieux que le coronavirus original. Certains pourraient aussi résister en partie aux vaccins.

Alors qu’au moins deux nouveaux cas de variants viennent d’être confirmés dans la région de la Capitale-Nationale, la santé publique doit faire preuve de prudence et éviter de réduire trop rapidement les mesures sanitaires, selon Benoit Barbeau.

Il ne faut absolument pas se comparer à 2020 et faire ce qu'on faisait pour une zone jaune cette année -là. En 2020, on passait d’une couleur à une autre en fonction de l'augmentation des transmissions. En ce moment, en plus de ça, les variants sont là, rappelle-t-il.

Semaine de relâche

L’expert en virologie croit également que le gouvernement devrait attendre encore une ou deux semaines afin de pouvoir mieux observer les effets réels de la semaine de relâche.

Je pense que le gouvernement est un peu anxieux concernant ce qui va arriver avec les nouveaux cas d’infection et les variants. Il y a des écoles où des cas de variants ont été détectés dans la région de Québec. Ces variants pourraient nous amener à une troisième vague, mentionne Benoit Barbeau.

Données fidèles?

Le professeur souligne aussi que, même s’il indique une tendance, le nombre de nouveaux cas ne reflète pas toujours parfaitement la réalité.

Parfois, il y a un nombre plus faible de cas d’infection, mais il y a aussi moins de prélèvements dans la période qui est analysée. Ça donne une bonne idée de la tendance, mais ce n'est pas toujours toute la réalité, explique-t-il.

Critères non dévoilés

Le ministère de la Santé refuse de préciser les critères qui font en sorte qu’une région peut passer au jaune.

Par écrit, une responsable des communications du ministère indique que l’objectif actuel est de garder la situation sous contrôle dans les régions les moins touchées et de demeurer prudent en raison de la présence de variants qui circulent au sein de la population québécoise. Aucune région n’est à l’abri d’éclosions de variants.

En utilisant les critères qui avaient été adoptés l'automne dernier par le ministère de la Santé, les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches pourraient se qualifier comme zones jaunes. Toutefois, quand ces critères ont été diffusés, les variants n'existaient pas ici. Il ne semble pas y avoir eu de mise à jour du document public depuis.

Benoit Barbeau estime que la campagne de vaccination, jumelée aux mesures sanitaires, devrait permettre aux citoyens de bon nombre de régions de retrouver des activités presque normales d’ici l’été prochain.

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