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COVID-19 : des syndicats encouragent les travailleurs de la santé à se faire vacciner

Une personne travaillant dans le milieu de la santé et portant masque et visière note des informations sur un papier. THE CANADIAN PRESS/Nathan Denette

Selon le CISSS de l’Outaouais, seulement 40 % de ses employés admissibles se sont fait vacciner.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais (STTSSSO-CSN) encourage ses membres à se faire vacciner.

Il s’agit toutefois d’un choix personnel, selon sa présidente, Josée McMillan. Chacun a ses décisions à prendre et nous, on va continuer à [les] encourager à se faire vacciner, dit-elle. Malheureusement, on ne peut pas prendre la décision pour nos membres. Donc chaque membre a une réflexion à faire.

La question de la vaccination obligatoire suscite bien des débats, selon Mme McMillan, alors qu’une partie de la population ne souhaite pas recevoir le vaccin.

La ministre québécoise des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a invité le personnel de la santé et les employés des milieux de vie pour aînés à se faire vacciner dans la foulée de l’éclosion au centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Lionel-Émond où moins de la moitié du personnel de l’établissement a accepté le vaccin contre le coronavirus.

Quant aux résidents, 96 % d'entre eux ont reçu leur première dose de vaccin et le gouvernement de François Legault a d’ailleurs annoncé, vendredi, qu’il y dépêchait une équipe SWAT.

L’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ) estime que la récente éclosion, qui a déjà fait trois morts, proviendrait des employés de l’établissement.

Josée McMillan en entrevue devant un micro.

Josée McMillan, présidente Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé des services sociaux de l’Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada

Si tout le monde a le vaccin, sûrement qu’on va éviter des éclosions, mais même si on est vacciné, on nous dit qu’on peut transmettre le virus. […] Il y a tout ça qui reste dans une zone grise.

Une citation de :Josée McMillan, présidente du STTSSSO-CSN

Selon le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO), le développement rapide des vaccins est l’une des raisons pour lesquelles certains de ses membres les refusent.

De ce qu’on m’a dit sur le plancher, il y a des gens qui auraient des croyances religieuses en lien avec ça, donc ils ne sont pas pour le vaccin, ajoute son représentant des relations de travail, Louis Carpentier. J’ai même entendu des gens qui disaient qu’ils avaient peur que ce vaccin-là modifie leur ADN.

M. Carpentier prévient que la vaccination obligatoire pour les travailleurs de la santé pourrait représenter un danger au niveau de la main-d’œuvre.

Juste avec les arrêtés ministériels, où […] les gens se sont fait forcer à travailler à temps complet […], on a beaucoup de gens qui quittent, raconte-t-il. On pourrait encore avoir des gens qui démissionneraient et qui s’en iraient travailler dans un autre milieu complètement.

Les intentions pour la vaccination augmentent, selon la ministre Blais

En entrevue à l’émission Les matins d’ici lundi, la ministre Marguerite Blais a indiqué que les intentions du personnel de la santé de recevoir le vaccin ont augmenté.

On n’avait plus de vaccin en Outaouais. Les vaccins arrivent cette semaine et il y a eu une sensibilisation qui a été faite auprès du personnel, a-t-elle expliqué.

Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais, seulement 40 % de ses employés admissibles se sont fait vacciner, ce que qualifie de contradictoire la ministre des Aînés et des Proches aidants.

Marguerite Blais en mêlée de presse.

La ministre québécoise des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, en mêlée de presse (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

C’est un problème humain. Il y a des gens qui ne veulent pas recevoir le vaccin, a soutenu la ministre. C’est un peu contradictoire, surtout au niveau de la perception.

Mme Blais estime qu’il faut faire preuve de prudence quant à la vaccination obligatoire en raison du manque de personnel.

Faut-il imposer la vaccination obligatoire?

Le professeur agrégé de l’École de médecine du Nord de l’Ontario, spécialisé en immunologie, le Dr Alain Simard, croit que rendre la vaccination contre la COVID-19 obligatoire pourrait avoir des effets négatifs sur la population.

Ça peut avoir un effet inverse. Les gens n’aiment pas ça se faire forcer dans leurs décisions, fait-il valoir.

L’approche à privilégier, selon lui, est l’éducation. C’est également l’avis du virologue et professeur agrégé à l’Université d’Ottawa, le Dr Hugues Loemba.

Le Dr Hugues Loemba, dans son bureau. À gauche, trois bibliothèque sont remplies de livres.

Le Dr Hugues Loemba est médecin-chercheur, virologue et professeur à l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

Ce dernier a notamment fait une présentation auprès de travailleurs d’un foyer de soins de longue durée d’Ottawa où près de la moitié des membres du personnel n’avait pas pris le vaccin. Il estime que cette présentation a fait en sorte que plusieurs ont changé d’avis.

On doit trouver des moyens pour rassembler ces personnes, leur donner l’information qu’il faut, dit-il.

Interrogée par Radio-Canada, Santé publique Ottawa (SPO) n'a pu fournir de chiffres concernant la vaccination des employés du milieu de la santé.

Le Dr Loemba mentionne que l’obligation de la vaccination risque de virer en polémique juridique. Mais il est d’avis qu’il faut fortement recommander le vaccin afin de protéger l’ensemble de la population.

Des recours judiciaires

Le gouvernement du Québec pourrait imposer la vaccination obligatoire, explique l’avocat Julien Pelletier-David.

Dans un état d’urgence sanitaire, et à condition qu’il y ait état d’urgence sanitaire au Québec, l’article 123 de la Loi sur la santé publique permet au ministre d’ordonner la vaccination obligatoire, dit-il.

Il s’agirait d’un décret politique, à l’image de celui sur le port du masque obligatoire, précise l’avocat.

Pour la question des travailleurs de la santé, ça peut devenir aussi une question de droit syndical. Ici, il va falloir prouver que la mesure est raisonnable et justifiée dans le cadre du travail, mentionne M. Pelletier-David.

M. Pelletier-David soutient également que des contestations judiciaires à une telle mesure sont envisageables.

Il y a toujours le pouvoir de pouvoir contester de telles mesures de la santé publique parce que les actions du gouvernement sont tout de même soumises au contrôle des tribunaux, conclut-il.

Ce dernier ajoute que des régimes de vaccination obligatoire pour les enfants existent en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Il faut alléguer une contestation religieuse, c’est-à-dire une conviction religieuse ou encore un problème de santé lié à la vaccination, précise-t-il.

Avec les informations de Jérémie Bergeron, Rosalie Sinclair, Frédéric Pepin et Gabriel Le Marquand Perreault

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