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Francophonie : le NPD veut instaurer la Journée de la bataille des épingles à chapeau

Photo en noir et blanc des gardiennes de l'école Guigues d'Ottawa.

Les sœurs Desloges et les gardiennes de l'école Guigues d'Ottawa en 1913.

Photo : ARCHIVES DE L'UNIVERSITÉ D'OTTAWA

Radio-Canada

L'opposition officielle en Ontario profite de la Journée internationale des femmes pour rendre hommage aux Franco-Ontariennes, particulièrement leur combat pour l'éducation en français.

Le porte-parole du NPD en matière d’affaires francophones, Guy Bourgouin, a rappelé, lundi, une journée bien spéciale dans l'histoire franco-ontarienne survenue en 1916, qui a été appelée la bataille des épingles à chapeau.

Le 7 janvier de cette année-là, plusieurs mères de famille et enseignantes, dont les sœurs Diane et Béatrice Desloges, bravent les forces de l’ordre qui tentaient d’empêcher la tenue de classes en français dans une école d’Ottawa en vertu du Règlement 17, et ce, en étant munies d’objets comme des épingles et des rouleaux à pâte.

Le NPD devait déposer lundi un projet de loi privé à Queen’s Park visant à faire en sorte que la journée du 7 janvier soit reconnue en Ontario comme la Journée de la bataille des épingles à chapeau.

Cet événement (…) est devenu une pierre angulaire, et un grand symbole dans la lutte contre le Règlement 17 et pour le déroulement de plusieurs événements marquants pour les droits et la langue française partout en Ontario, a déclaré le député Bourgouin.

Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), se réjouit de l'initiative. [Ce] projet de loi met vraiment l'accent sur deux causes qui sont très importantes pour l’AEFO : les francophones et les femmes, affirme-t-elle.

Selon la présidente de l’AEFO, ce projet de loi permettra aussi de faire connaître les luttes francophones au-delà de la communauté franco-ontarienne.

Nous les francophones, on se connaît, on sait qui on est, on connaît nos contributions, dit-elle, mais c’est important d’avoir des journées comme ça pour souligner et faire connaître notre culture et nos réalisations historiques à d’autres voisins, nos collègues anglophones, allophones, francophiles, etc., qui connaissent peut-être un petit peu moins notre histoire.

Michèle Minor Corriveau, professeure à l’École d'orthophonie de l’Université Laurentienne, soutient pour sa part que la bataille des épingles à chapeau doit être remise dans son contexte pour pouvoir en saisir toute l’ampleur.

Entreprendre une telle lutte à une époque où les femmes n’avaient à peu près aucun statut et encore moins de pouvoirs, en sachant (…) qu'elles se mettaient à risque de subir de grandes conséquences en allant à l'encontre des principes d’une loi qui nuisait à leur culture, raconte-t-elle.

Selon elle, en reconnaissant les efforts des femmes qui ont pris part à ce mouvement d’opposition en faisant du 7 janvier en Ontario une journée commémorative, nous nous assurons de lever nos chapeaux à ces dames.

Pour France Gélinas, députée néo-démocrate de Nickel Belt, le dépôt d’un tel projet de loi servira aussi à ancrer dans l’histoire la contribution féminine et féministe dans les luttes linguistiques en Ontario. Du tout début, les femmes ont toujours compris l'importance de l'éducation en français, dit-elle.

Selon elle, ce projet de loi est l’occasion de faire en sorte que tous les Ontariens puissent connaître les sœurs Desloges, leur lutte et leurs convictions.

Appui du gouvernement Ford?

Le député Bourgouin fonde bon espoir d’obtenir l’appui du gouvernement progressiste-conservateur lors du dépôt de ce projet de loi privé. C'est pas un projet de loi qui est partisan, a-t-il déclaré.

Selon lui, le gouvernement semble maintenant plus ouvert à soutenir la communauté franco-ontarienne. Il souhaite que le gouvernement saisisse l’occasion de la Journée internationale des femmes pour appuyer le projet de loi.

Le bureau de la ministre des Affaires francophones et des Transports, Caroline Mulroney, a fait savoir par courriel que le projet de loi serait étudié avec intérêt à la suite de sa présentation à l'Assemblée législative.

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