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Team Sailor Scouts : se battre fièrement comme des filles aux jeux vidéo

Des femmes jouent à un jeu vidéo lors d'un événement.

Une équipe de Team Sailor Scouts lors d'une compétition de sport électronique.

Photo : Guong Le

Stéphanie Dupuis

Avec trois équipes compétitives, l’organisation de sport électronique Team Sailor Scouts souhaite faire plus de place aux femmes dans un milieu majoritairement masculin.

L’aventure de Team Sailor Scouts, qui porte le slogan Fight like a girl (se battre comme une fille), a commencé au bar le Meltdown, situé dans le Quartier latin à Montréal, où s'organisent des tournois de sport électronique. C’est là que les joueuses Véronique Bouffard et Stephanie Melody Yan, cofondatrices de l’organisation, se sont rencontrées.

À force de se revoir et de repérer les seules filles dans l’espace, on s’est réunies, on a commencé à faire des tournois ensemble, et ça s’est bien passé.

Une citation de :Véronique Bouffard

Depuis près de cinq ans maintenant, elles sont des dizaines de joueuses montréalaises à se réunir en deux équipes pour s’entraîner et compétitionner dans le jeu vidéo Overwatch sous le nom de Team Sailor Scouts. Depuis un an, une troisième équipe compétitive, cette fois-ci du jeu de tir à la première personne Valorant, porte le dossard rose.

Des joueuses de jeux vidéo portant le dossard Team Sailor Scouts.

Team Sailor Scouts compte trois équipes de sport électronique presque entièrement féminines dans son organisation.

Photo : Courtoisie Team Sailor Scouts

L’objectif : On veut que les femmes aient des occasions égales et des expériences de jeux plus agréables, affirme Véronique Bouffard.

Car des phrases telles Les filles ne sont bonnes qu’à jouer aux Sims, ou encore Tu tires bien, pour une fille, Véronique Bouffard et Camille McWilliams, la gestionnaire des joueuses de Valorant, en ont entendues à maintes reprises.

C'est sans compter les nombreuses fois où, dans certains jeux vidéo, les joueuses sont cantonnées au rôle de soignante, qui agit un peu comme la mère de l’équipe, un stéréotype qu’elles souhaitent combattre.

Voir les joueurs comme des alliés

Gérer une équipe féminine vient avec son lot de défis, à commencer par le recrutement.

Il n’y a pas beaucoup de filles présentes dans les soirées de jeux vidéo, a constaté Véronique Bouffard, qui s’y rend parfois pour dénicher des talents.

On voit beaucoup moins de filles que d’hommes sur la scène esports : elles composent moins de 10 % des équipes pros.

Une citation de :Véronique Bouffard

La pandémie de COVID-19 n’a pas facilité le recrutement de cyberathlètes féminines, alors qu’elles ont été privées de leur lieu d’entraînement et de recrutement, l’Esports Central Arena, à Montréal.

Si au départ Team Sailor Scouts était composée entièrement de joueuses, en mai dernier, les dirigeantes ont dû modifier leur approche.

On avait un besoin criant de trois remplaçantes pour l’équipe d’Overwatch, explique Camille McWilliams, qui s’est jointe à Team Sailor Scouts quelques mois après sa fondation.

L’organisation a décidé d’admettre des hommes parmi les rangs de son équipe A d’Overwatch, une décision en phase avec sa vision du sport électronique.

Si tout le monde est impliqué, c’est plus facile d’avancer. On ne veut pas que les hommes soient exclus du débat.

Une citation de :Véronique Bouffard

Les joueurs qu’on a sélectionnés appuient la philosophie, les objectifs et les valeurs de Sailor Scouts, ajoute-t-elle, avant de préciser que l’équipe B d’Overwatch demeurera entièrement féminine.

Des actions sur plusieurs plans

Pour Véronique Bouffard, piloter une organisation de sport électronique qui met les femmes à l’avant-scène ne se résume pas qu’à des compétitions.

On participe aux événements de gamers partout au Québec, que ce soit le balado Geekette, le Comiccon ou encore des conventions auxquelles on est invitées pour parler de la place des femmes dans l’esport.

Une citation de :Véronique Bouffard

Team Sailor Scouts, qui est soutenue par une équipe de rédaction, de marketing et de graphisme, met également de l'avant des joueuses sur son blogue et sur les réseaux sociaux.

Ces actions portent peu à peu fruit : Depuis notre première compétition, j’ai remarqué qu’on voyait plus de femmes dans les événements, note Camille McWilliams.

De son côté, Véronique Bouffard mène la bataille sur deux fronts, autant du côté des développeurs que du côté esports, car elle travaille comme développeuse de communauté pour Ubisoft, un rôle qui l’amène à lutter contre les interactions toxiques en ligne dans les jeux vidéo.

Si les têtes dirigeantes de Team Sailor Scouts rêvent de compétitions internationales et de parité dans les équipes compétitives, à court terme, elles espèrent passer du statut d’organisme à but non lucratif à entreprise. Ce souhait pourrait bientôt se réaliser, alors que l’organisation est en discussion avec Northern Arena, une compagnie ontarienne qui a fait sa marque dans le sport électronique au Canada.

Northern Arena veut vraiment amener les filles plus loin, et c’est une grande fierté de voir qu’il y a de l'intérêt de la part d’une entreprise aussi importante, indique Véronique Bouffard.

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