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Des femmes du monde entier portent leurs luttes et leurs espoirs dans la rue

Des femmes défilent dans la rue.

Des femmes ont pris la rue à Manille, aux Philippines, pour dénoncer les politiques «autoritaires» et «misogynes» du président Rodrigo Duterte.

Photo : Getty Images / Jes Aznar

Radio-Canada

Des femmes de tous les milieux et de toutes les conditions sont descendues dans les rues partout dans le monde pour y revendiquer leurs droits et y exprimer leurs aspirations à l'occasion de la Journée internationale des femmes. Mais s’affirmer et se mobiliser en tant que femme est encore un geste téméraire dans de nombreux pays.

C’est le cas notamment en Afghanistan, où bien peu de femmes se sont mobilisées lundi après l’assassinat de trois femmes journalistes la semaine dernière à Jalalabad, dans l’est du pays.

Pour la Journée internationale des femmes, toutes les employées de la station de télévision Enekaas, où travaillaient les trois journalistes assassinées, ont été forcées d’arrêter de travailler, officiellement pour assurer leur sécurité.

L’émancipation des femmes dans les médias du pays passe très mal en Afghanistan, où la présence de journalistes féminines a diminué de 18 % ces six derniers mois en raison des violences et des menaces dont elles sont la cible.

Pas moins de 300 femmes qui travaillent dans des médias afghans ont dû quitter leur emploi ou ont été congédiées au cours de cette période, rapporte le Comité pour la protection des journalistes afghans (AJSC).

Des femmes et des enfants tiennent des drapeaux.

Une poignée de femmes et des enfants se sont rassemblés le long d'une rue de Kaboul, capitale de l'Afghanistan, pour souligner la Journée internationale des femmes.

Photo : afp via getty images / WAKIL KOHSAR


Turquie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé lundi que son pays allait créer une commission parlementaire pour mieux lutter contre les violences faites aux femmes. Cette annonce survient quelques jours après une violente agression qui a choqué le pays, celle d'une femme par son ex-mari à Samsun, dans le nord de la Turquie, en pleine rue et sous les yeux de leur fille.

Des centaines de femmes ouïgoures se sont aussi rassemblées devant le consulat général de Chine à Istanbul pour dénoncer les mauvais traitements infligés à leur peuple par le gouvernement chinois.

Les manifestantes issues de la minorité musulmane ouïgoure, qui vit en Chine, ont dénoncé la détention de plus d'un million d'Ouïgours et de membres d'autres minorités musulmanes dans des camps de rééducation au Xinjiang, en Chine.

Les 400 femmes réunies à Istanbul ont également dénoncé les violences sexuelles infligées, selon elles, aux femmes ouïgoures par les autorités chinoises.

Arrêtez le génocide!, Libérez nos proches!, Le viol est un crime contre l'humanité, donnez une voix aux femmes ouïgoures, pouvait-on lire sur des banderoles déployées par les manifestantes.

Une femme masquée tient des photos d'enfants et un drapeau.

Une manifestante ouïgoure exhibe des photos de ses proches lors d'une manifestation devant le consul général de Chine, à Istanbul, en Turquie.

Photo : afp via getty images / OZAN KOSE


États-Unis

Aux États-Unis, la première dame Jill Biden a récompensé lundi 21 femmes en leur remettant le Prix international du courage féminin pour souligner la détermination de celles qui persistent à demander justice malgré les menaces et la peur.

Parmi les 21 femmes récompensées du Prix international du courage féminin du département d'État américain, sept d'entre elles, originaires d'Afghanistan, ont malheureusement reçu cet honneur à titre posthume.

Les 14 autres femmes récompensées sont originaires de la Biélorussie, du Cameroun, de la Chine, de la Colombie, de la République démocratique du Congo, du Guatemala, de l'Iran, du Myanmar, du Népal, de la Somalie, de l'Espagne, du Sri Lanka, de la Turquie et du Venezuela.


France

La Journée internationale des femmes a été ponctuée d'une avancée remarquée dans l’univers des médias avec la nomination de la dessinatrice Coco au poste de caricaturiste attitrée au journal Libération.

Jamais auparavant une femme n’avait été dessinatrice en résidence d’un grand quotidien français, des postes historiquement dévolus à des hommes.

Corinne Rey, alias Coco, est une survivante de la tuerie de Charlie Hebdo, survenue en 2015 à Paris en lien avec la publication de caricatures du prophète Mahomet. À 38 ans, elle remplacera au début avril le Néerlandais Willem, qui prendra sa retraite du quotidien à la veille de son 80e anniversaire.

Des dizaines de milliers de manifestantes s'étaient aussi donné rendez-vous à Paris et dans plusieurs grandes villes de France pour y tenir des défilés et dénoncer les inégalités qui persistent entre les hommes et les femmes dans la société française, notamment en ce qui a trait aux salaires, à la discrimination et aux violences sexuelles.

Une femme portant des gants à vaisselle et un masque tape des mains.

Plus de 30 000 manifestantes ont défilé dans les rues de Paris lundi pour rappeler que le combat pour l'égalité des sexes n'est pas fini.

Photo : Reuters / GONZALO FUENTES


Espagne

Les manifestations liées à la Journée internationale des femmes, qui rassemblent habituellement des centaines de milliers de personnes, ont dû être annulées cette année à Madrid en raison de la pandémie de COVID-19.

Les manifestations étaient cependant autorisées dans les autres villes du pays, notamment à Barcelone, à Séville et à Valence, où la situation sanitaire est moins critique.

En Espagne, le 8 mars est devenu un rendez-vous incontournable pour les féministes depuis 2018, lorsqu'une grève massive avait été déclenchée et que des centaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues pour soutenir les droits des femmes.

Des femmes tiennent une longue banderole sur une place publique.

Des manifestantes ont bravé l'interdiction de manifester à Madrid pour déployer cette banderole contre la «violence machiste».

Photo : Getty Images / Pablo Blazquez Dominguez


Myanmar

Des milliers de femmes ont bravé lundi la junte militaire birmane pour souligner la Journée internationale des femmes dans un pays en proie à de violents affrontements quotidiens entre les militants prodémocratie et la junte qui s’est emparée du pouvoir, le 1er février dernier.

La cheffe de l’État, Aung San Suu Kyi, et le président Win Myint ont tous deux été arrêtés et placés en détention depuis.

Lundi, des activistes, des enseignantes, des agricultrices, des ouvrières, des intellectuelles et des étudiantes ont défilé dans les rues du pays pour marquer la journée internationale de la femme et exiger le retour d'Aung San Suu Kyi.

Des femmes portant des casques de construction font un signe de la main.

Des manifestantes ont bravé les forces de sécurité de la junte militaire pour manifester dans les rues de Rangoon.

Photo : afp via getty images / STR


Inde

Des dizaines de milliers de fermières et d’agricultrices indiennes ont déclenché des grèves de la faim et des grèves assises (sit-in) à l’occasion de la Journée internationale des femmes dans plusieurs villes du pays pour protester contre de nouvelles lois agricoles qui les désavantagent.

Les manifestations ont eu lieu principalement autour de la capitale, New Delhi, où des dizaines de milliers de fermiers campent depuis des mois pour dénoncer de nouvelles lois qui, selon eux, pousseront les fermes familiales à la faillite au profit des multinationales et des grandes corporations.

Des femmes manifestent en levant les bras.

Des femmes se sont mobilisées en Inde pour dénoncer les politiques agricoles du gouvernement qui acculeront, selon elles, les agriculteurs du pays à la faillite au profit des grandes corporations.

Photo : afp via getty images / NARINDER NANU

Ailleurs dans le monde, des rassemblements et des manifestations pour les droits des femmes ont aussi eu lieu à Lahore, au Pakistan.

À Manille, aux Philippines, des centaines de femmes ont aussi répondu à l’appel du mouvement féministe Gabriela pour dénoncer les politiques autoritaires et misogynes du gouvernement du président Rodrigo Duterte.

Des centaines de femmes ont aussi pris la rue en Grèce où une série de dénonciations d’agressions sexuelles dans le milieu des sports et de la culture défrayent les manchettes.

À Bangkok, en Thaïlande, des travailleuses ont défilé dans les rues à l'initiative des syndicats pour réclamer plus de droits et un meilleur traitement en matière de congé de maternité.

Des femmes portants des chapeaux et robes identiques défilent dans la rue.

Des travailleuses thaïlandaises ont marché dans les rues de Bangkok pour réclamer plus de droits en matière de maternité.

Photo : afp via getty images / LILLIAN SUWANRUMPHA

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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