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Difficile d’établir un lien entre la baisse des stocks de homard et la pêche autochtone

Des homards vivants dans une glacière.

Les débarquements ont augmenté significativement avant de baisser après 2015 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Les données récentes du ministère des Pêches et des Océans donnent à première vue raison aux pêcheurs non autochtones qui s’inquiètent des conséquences de la pêche de subsistance sur les stocks de homards. Une vue d’ensemble des 18 dernières années montre un portrait beaucoup plus complexe.

Quand la ministre Bernadette Jordan a annoncé l’intention du fédéral d’autoriser la pêche de subsistance à l’intérieur des saisons existantes, elle a évoqué l’importance de la conservation de la ressource.

Les stocks de homard sont sains sur la côte est et ont pu le demeurer en partie parce que mon ministère s’efforce de surveiller la biomasse, et de déterminer les limites et les pratiques de pêche appropriées année après année, a affirmé la ministre dans une déclaration écrite la semaine dernière.

La conservation de la ressource est devenue un argument pour des pêcheurs commerciaux non autochtones qui s’opposent à la pêche de subsistance convenable garantie par les traités. L’association des pêcheurs de la baie de Fundy fait par ailleurs observer un déclin de la ressource de 68 % depuis 2016.

En hausse, puis en baisse

Des données du ministère des Pêches et des Océans montrent effectivement un déclin en 2016, mais aussi un pic de 2002 à 2015.

CBC a effectué une demande d’accès à l’information en vue d’obtenir des données sur les débarquements de tous les ports des zones de pêche 34 et 33 de 2002 à 2020.

Carte de la Nouvelle-Écosse avec les zones de pêche 33 et 34 en jaune.

La zone jaune représente les zones de pêche au homard 33 et 34 de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Quand on examine plus attentivement ces données, on peut noter que les débarquements en 2020 (l’année durant laquelle s’est amorcée la pêche de subsistance) étaient même supérieurs à ceux de 2002.

De plus, on peut remarquer que le poids moyen des prises en 2020 se situe dans la moyenne des 18 dernières années.

Dans une note qui accompagnait les données, Pêches et Océans Canada reconnaît que les débarquements ont diminué dans la baie Sainte-Marie, mais pas de manière significative par rapport aux autres zones de pêche.

Données partielles

Le ministère a accepté de dévoiler une partie des données seulement, pour des raisons de confidentialité. Certains ports ne sont donc pas représentés et des données sont par ailleurs incomplètes.

Même si les données doivent être interprétées en fonction de ces limites, elles indiquent tout de même une tendance similaire : une augmentation de 2002 jusqu’à 2015, puis une diminution par la suite.

Les données des ports de la baie Saint-Marie, où la Première Nation de Sipekne'katik a entrepris sa pêche de subsistance modérée l’an dernier, montrent la même tendance.

Un portrait incomplet

La quantité de homards capturés ou débarqués est l’un des trois indicateurs du ministère des Pêches et des Océans pour évaluer la vitalité de la ressource. Les deux autres indicateurs sont les prises par unité (ou effort) et des sondages indépendants annuels auprès des représentants du ministère.

L’utilisation des quantités de prises comme seul indicateur de la biomasse des stocks de homards comporte des risques, écrivait le ministère dans un rapport d’évaluation de la zone 34 en 2018.

Avec les informations de CBC

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