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Unigym Gatineau dénonce le manque de palestres pour le sport à majorité féminine

Les soeurs Couture lors d'un entraînement avec Unigym

Le reportage d'Ismaël Sy

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Unigym a lancé, lundi, un ultime appel au déploiement de nouvelles installations dans l’ouest de Gatineau afin de permettre aux passionnés de gymnastique, principalement des femmes et des filles, de s’exercer.

En cette Journée internationale des droits des femmes, le club de gymnastique de Gatineau a présenté une pétition dénonçant un manque de palestres dans la région, arguant que cela mène bien des jeunes filles à renoncer à la gymnastique.

Depuis quelques années, on entend seulement parler du développement des patinoires pour les joueurs de hockey. [...] Pendant ce temps, on ne parle jamais de la construction d’une palestre de gymnastique et des milliers de jeunes filles ne peuvent pas pratiquer la gymnastique ou doivent la pratiquer dans des conditions inacceptables, a tonné l'athlète Marilou Gosselin, en conférence de presse.

Je suis triste que ma ville priorise les sports des garçons au détriment de celui des filles, a ajouté la jeune fille de 18 ans qui s'entraîne avec le club Unigym.

Plus précisément, l'organisation milite pour la mise en place d'un centre permettant l'entraînement en gymnastique dans l'ouest de la Ville, soit pour les secteurs de Hull et d'Aylmer.

Il y a des projets qui se travaillent, mais il n’y a jamais rien qui aboutit. Et pour que les projets aboutissent, ça prend une volonté autant de l’administration que du politique, a lancé le président du conseil d'administration d'Unigym, Martin Bisson.

Il a indiqué que la demande auprès de la Ville pour que des projets de palestres voient le jour remonte à 2004. Plusieurs initiatives successives ont toutefois avorté au fil des ans.

À chaque fois, c’est comme un échec de [devoir se] dire: "Ah, il n’y aura pas encore de palestre", a, de son côté, résumé Véronique Desjardins, entraîneuse pour le club.

Celle-ci a raconté avoir encore un souvenir net de l'ex-maire Marc Bureau promettant, en 2010, de faire du dossier une priorité.

Ça fait des dizaines d’années qu’on a des listes d’attente à n'en plus finir. Ce sont des enfants en bas âge, surtout, qui ne peuvent pas faire de gymnastique parce qu’on n’a tout simplement pas de place.

Une citation de :Véronique Desjardins, entraîneuse de gymnastique pour Unigym

Iniquité avec les infrastructures de sports typiquement masculins?

Pour étayer son argumentaire, le club de gymnastique, comptant 7000 membres, a mis de l’avant une compilation de chiffres. Celle-ci vise à démontrer que les investissements faits par la Ville de Gatineau dans des installations pour la pratique de sports de glace comme le hockey - typiquement associé aux garçons - sont beaucoup plus significatifs que pour les infrastructures de gymnastique.

Selon les chiffres avancés - et que Unigym dit tirer notamment des états financiers consolidés de la Ville - ce sont près de 100 millions $ que Gatineau a investis dans des arénas et des patinoires depuis 2015.

Pour la gymnastique, c’est 25 fois moins, a mentionné M. Bisson, accusant la Ville de faire en sorte que le masculin l'emporte sur le féminin au chapitre des installations sportives.

Pour parvenir à ce calcul, Unigym a comparé les 100 millions $ aux quatre millions de dollars prévus dans ses protocoles d’entente avec la Ville pour la location de différents locaux.

Malheureusement, plus de 17 années se sont écoulées et aucun geste concret n’a été posé, obligeant ainsi les gymnastes à s'entraîner dans des conditions déplorables comme dans les corridors, a-t-il déploré.

Le président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, Cédric Tessier, a mis en doute, en entrevue, la conclusion que tire Unigym d'un déséquilibre basé sur le genre.

Cédric Tessier répond aux questions des journalistes.

Le président du Comité exécutif de la Ville de Gatineau, Cédric Tessier (archives)

Photo : Radio-Canada

Il a toutefois relevé que, de façon générale, au Canada, des études démontrent des inégalités au niveau compétitif entre les sports à prédominance masculine et ceux fortement pratiqués par des filles, ainsi que des femmes.

La Ville veut vraiment avancer dans ce projet-là et c’est la raison pour laquelle [celui-ci] va faire l’objet, au cours des prochains mois, d’une attention particulière du comité exécutif, a-t-il assuré en précisant que de nouveaux détails pourraient être donnés dès ce printemps.

Quant aux écueils de plusieurs projets de palestres tombés à l'eau, M. Tessier a fait valoir que l'un des plus récents a échoué en raison du désistement d'un partenaire de la Ville, soit la commission scolaire Portage-Outaouais.

Au sujet des imposants investissements faits en infrastructures de sports de glace, il a aussi tempéré.

Pour moi, il y a une différence entre l'importance [d'un] dossier et son urgence. Il y a eu une urgence dans le dossier des glaces qui n’est pas exactement la même que pour le dossier de la palestre, a-t-il plaidé.

Avec les informations d'Ismaël Sy

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