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Le président du Sénégal lance un appel au calme et allège le couvre-feu

Un véhicule blindé de l'armée sénégalaise à Dakar.

Un véhicule blindé de l'armée sénégalaise à un carrefour de Dakar le 5 mars 2021, lors des affrontements qui ont suivi l'arrestation du principal leader de l'opposition, Ousmane Sonko.

Photo : Getty Images / SEYLLOU

Agence France-Presse

Le président sénégalais Macky Sall a lancé lundi un appel au « calme et à la sérénité », lors de sa première intervention publique depuis que l'arrestation, le 3 mars, de son principal opposant, Ousmane Sonko, a provoqué les pires troubles dans son pays en une décennie.

Le chef de l'État sénégalais a aussi annoncé un allègement du couvre-feu en vigueur à Dakar et à Thiès (ouest), les deux régions qui concentrent la grande majorité des cas de COVID-19.

Le couvre-feu y sera désormais fixé de minuit à cinq heures du matin, alors qu'il était en vigueur de 21 h à 5 h depuis janvier, a-t-il dit.

Après cinq jours de garde à vue, Ousmane Sonko, son plus farouche adversaire, a été inculpé vendredi matin dans une affaire de viols présumés, qu'il nie. Le député de 46 ans a été remis en liberté sous contrôle judiciaire par le juge, un geste considéré comme un pas vers l'apaisement.

En fin d'après-midi, alors que ses partisans avaient à nouveau manifesté par milliers dans le centre de Dakar, Ousmane Sonko a conservé son ton de défiance habituel face à Macky Sall en affirmant que la révolution est déjà lancée et que rien ni personne ne pourra l'arrêter.

Il faut garder cette mobilisation, il faut qu'elle soit beaucoup plus importante même, mais il faut surtout qu'elle soit pacifique, a-t-il dit, en se fixant pour perspective la présidentielle de 2024, à laquelle il a demandé à Macky Sall de renoncer sans ambiguïté.

Macky Sall est lui-même apparu à 20 h, heure locale, à la télévision publique pour une déclaration solennelle entièrement consacrée aux événements de ces derniers jours, qui ont fait officiellement au moins 5 morts, et au moins 10 selon Ousmane Sonko.

M. Sall dit mesurer les difficultés quotidiennes

Ousmane Sonko.

Le candidat à la présidence Ousmane Sonko lors d'un rassemblement le 21 février 2019 à Pikine, au Sénégal

Photo : Getty Images / Xaume Olleros

Filmé dans son bureau, à côté du drapeau sénégalais, Macky Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, n'a pas prononcé une seule fois le nom de son adversaire.

Il a promis que l'État viendra en aide aux familles endeuillées et facilitera l'accès des blessés aux soins et salué la retenue des forces de défense et de sécurité, sans quoi le bilan aurait été, selon lui, bien plus lourd.

Sur l'aspect judiciaire de cette crise, laissons la justice suivre son cours en toute indépendance, a dit M. Sall, alors qu'Ousmane Sonko l'accuse d'avoir instrumentalisé la justice pour l'écarter de la prochaine présidentielle.

Tous ensemble, taisons nos rancœurs et évitons la logique de l'affrontement qui mène au pire, a aussi dit Macky Sall, en se déclarant prêt au dialogue.

Le président, que de nombreux manifestants accusent de gouverner au profit d'une petite élite, a dit mesurer les difficultés quotidiennes des Sénégalais, aggravées par la pandémie.

Il a aussi reconnu que les efforts pour l'emploi des jeunes restent encore insuffisants et a promis de débloquer de nouveaux fonds en leur faveur.

Mais il leur a aussi fait la leçon : Quand on saccage un commerce, on ne crée pas de l'emploi, on ne fait pas reculer la pauvreté, on l'aggrave, a-t-il expliqué.

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