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Depuis 20 ans, elles font leur place parmi les hommes : 2 policières de Gatineau se racontent

Pascale Chouinard et Émilie Désilets racontent leur parcours à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Pascale Chouinard et Émilie Désilets sourient.

Pascale Chouinard (à gauche) et Émilie Désilets (à droite) sont policières pour la Ville de Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Lafrenière

Karine Lacoste

Pascale Chouinard et Émilie Désilets ont chacune une vingtaine d’années d’expérience comme policière. Elles sont aussi mamans et doivent concilier la carrière qui les passionne à leur vie de famille. Elles ne considèrent pas pour autant qu’il est plus difficile d’exercer leur métier parce qu’elles sont des femmes. En racontant leurs parcours, elles souhaitent encourager d’autres jeunes filles à revêtir l’uniforme.

Pascale Chouinard est enquêteuse intérimaire à l’équipe rotative. Sa tâche consiste notamment à accompagner les équipes de patrouille-gendarmerie et à enquêter sur les événements qui surviennent. Accidents de la route, disparition et détresse psychologique font partie de son quotidien.

Avoir le mini sentiment que parfois, je fais une différence dans la vie de quelqu’un, c’est le fun. C’est vraiment le fun.

Une citation de :Pascale Chouinard, enquêteuse intérimaire, Service de police de la Ville de Gatineau
Pascale Chouinard en entrevue avec une personne de dos.

Dans le cadre de son travail Pascale Chouinard réalise des entrevues avec des victimes (Simulation).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Lafrenière

À ses débuts, elle percevait un malaise de la part des policiers plus âgés face à la policière de 20 ans qu'elle était alors. Aujourd’hui, Pascale Chouinard dit ne pas ressentir de différence parce qu’elle est une femme.

Quand j’étais à l’école en technique policière, on était presque 50/50. Les gars en formation étaient habitués d’interagir avec nous autres les filles. [...] Ça a évolué dans l’acceptation , souligne-t-elle.

À l'heure actuelle, au sein du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), 94 des 395 policiers sont des femmes, soit 24 % du corps policier. La proportion est similaire chez les policiers temporaires : sur 73 policiers, 17 sont des femmes, soit 23 % de l'effectif.

Cette année les femmes représentent 36,5 % des diplômées de l’École nationale de police du Québec. Au début des années 2000, elles étaient presque aussi nombreuses que les hommes à obtenir leur diplôme, avec une proportion de 44 % en 2002-2003.

Source : École nationale de police du Québec

Faire sa place

Émilie Désilets conduit une voiture banalisée.

La sergente Émilie Désilets au volant d'une voiture banalisée.

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Émilie Désilets est quant à elle sergente à la section circulation et événements spéciaux. En plus de coordonner une équipe de 22 agents, elle planifie les événements spéciaux et s'assure de leur bon déroulement.

Elle raconte qu’à ses débuts, alors qu’elle faisait encore de la patrouille, le fait d'être une femme pouvait faciliter certaines de ses interventions : les hommes à qui elle s’adressait ne cherchaient pas la confrontation, comme ils pouvaient le faire avec ses collègues masculins.

Émilie Désilets porte un uniforme de police et sourit à la caméra.

Émilie Désilets lors de sa graduation de l'École nationale de police du Québec.

Photo : Gracieuseté d'Émilie Désilets

Émilie Désilets reconnaît toutefois que l’horaire de travail des policiers peut complexifier la vie familiale. Le rotatif ce n’est pas nécessairement fait pour tout le monde, constate-t-elle. [...] Moi j’ai été chanceuse, j’ai rencontré un conjoint qui travaillait sur un horaire régulier .

C’est un élément à considérer avant de choisir le métier de policier selon elle, mais ça ne devrait pas décourager celles qui rêvent de cette profession.

Avoir le cœur bien accroché

Un écusson de police au cou de Pascale Chouinard.

Un écusson de police de la Ville de Gatineau au cou de Pascale Chouinard.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Lafrenière

Pascale Chouinard croit qu’il est important de bien se connaître avant de s'aventurer dans ce milieu parfois difficile.

C’est vrai que c’est ‘’rough’’ la police. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être capable de vivre ça et d’être capable de retourner chez soi le soir, puis d’avoir une vie normale.

Une citation de :Pascale Chouinard, enquêteur intérimaire, Service de police de la Ville de Gatineau

C’est sûr que c’est peu commun. Il y a des choses que je vois, que des gens ne verront jamais dans leurs vies , admet-elle. Ça ne l’empêche pas d’avoir une vie équilibrée pour autant. Je suis une maman avec trois enfants, une vie qui roule à 100 mille à l’heure. Je suis capable de mettre de côté [ le travail], affirme Pascale Chouinard.

Il y a une belle confrérie dans ce monde de police-là, mais je pense qu’au départ, ça part [de nous mêmes d'avoir ] les capacités à faire le travail, qu’on soit un homme ou une femme , conclut-elle.

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