•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'auteure Louise Penny se porte à la défense d'une librairie du Mile End

La vitrine de la librairie S.W Welch.

La librairie S. W. Welch devra fermer ses portes en août. Le propriétaire de son local, l'agence immobilière Shiller Lavy, exige une importante hausse de loyer.

Photo : JEAN-FRANÇOIS THÉRIAULT

La Presse canadienne

La grogne sur les réseaux sociaux autour de la fermeture de la librairie S. W. Welch du quartier Mile End, à Montréal, a fait écho jusqu'en Estrie, où habite Louise Penny, l'auteure de la série de romans à succès Armand Gamache enquête.

Le commerce de quartier a annoncé qu'il fermera en août à la suite d'une importante hausse de loyer demandée par l'agence immobilière Shiller Lavy, propriétaire de l'immeuble dans lequel se trouve la librairie.

Dans une publication sur Facebook, Louise Penny a témoigné de son affection envers le secteur du Mile End, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, où elle a déjà habité, en invitant le grand public à encourager le commerce local.

Nous devons soutenir et défendre nos librairies. Elles sont un élément vital d'une communauté dynamique, comme toutes les petites entreprises indépendantes.

Une citation de :Louise Penny, auteure

Dimanche, la publication cumulait près de 10 000 mentions J'aime et des milliers de partages.

Celle qui prépare un ouvrage à paraître à l'automne en collaboration avec l'ex-secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a également souligné l'initiative qu'organise le mouvement citoyen Mile End Ensemble pour soutenir la librairie S. W. Welch.

Les gens sont invités à apporter un livre et à lire en file pendant qu'ils attendent leur tour pour acheter un livre en magasin (s'ils en ont les moyens), et à se rassembler pour soutenir l'histoire, la culture et les propriétaires de petites entreprises du Mile End, a-t-elle ajouté.

L'événement, qui se tiendra le 13 mars prochain, a été baptisé Qui achète encore des livres aujourd'hui?

Il s'agit d'une réponse directe à celle donnée par le propriétaire d'immeuble, qui juge dépassé le modèle d'affaires de la librairie de livres usagés située sur la rue Saint-Viateur.

Sur Instagram, des messages dénonçant ce que plusieurs voient comme une attitude cavalière ou un manque d'empathie de la part du propriétaire en pleine crise sanitaire ont fait ressurgir le débat sur l'embourgeoisement des quartiers prisés de la métropole.

Perdre un caractère unique

Devant l'avidité apparente des propriétaires commerciaux, certains résidents du Mile End craignent de perdre ce qui fait son caractère unique.

Saelan Twerdy, qui habite le quartier depuis 2015, se désole de voir quelques-uns de ses commerces favoris fermer les uns après les autres. Le déménagement du Cagibi, un café installé aujourd'hui dans la Petite-Italie, a été un coup dur pour celui qui a eu un coup de foudre pour la ville en fréquentant notamment ce lieu autrefois emblématique du coin.

La fermeture de ces commerces est une tragédie, et je crois que les promoteurs immobiliers en sont en partie responsables.

Une citation de :Saelan Twerdy, membre du collectif Mile End Ensemble

Évidemment, la faute ne repose pas entièrement sur eux, ajoute-t-il. Il déplore cependant la situation. Selon lui, la plupart des propriétaires qui détiennent des immeubles dans le coin ne vivent pas dans le quartier.

Ils se préoccupent peu du tissu social et économique de l'arrondissement, de ce qui le rend unique et des institutions qui ont bâti sa réputation. La spéculation immobilière chasse les commerces indépendants qui font le charme du coin, est-il d'avis.

Celui qui est aussi membre du collectif Mile End Ensemble a l'impression que la plupart de ces agents aimeraient surtout voir de grandes chaînes s'implanter, comme Lululemon et Starbucks.

Mais si leur plan est mené à terme, notre quartier finira par ressembler à n'importe quel autre quartier sur la planète, affirme-t-il. Je ne pense pas que ce soit ce que les résidents veulent ou ont même besoin.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !