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Côte d'Ivoire : pouvoir et opposition revendiquent la victoire aux législatives

Des agents comptent les votes.

Des agents de la Commission électorale indépendante (CEI) comptent les voix après la fermeture des bureaux de vote lors des élections législatives, dans le quartier de Yopougon de la ville d'Abidjan, le 6 mars 2021.

Photo : afp via getty images / SIA KAMBOU

Agence France-Presse

Le pouvoir et l'opposition ont revendiqué dimanche leur victoire aux législatives de la veille en Côte d'Ivoire, avant la proclamation des résultats par la Commission électorale indépendante (CEI), qui continue de compter les bulletins de vote.

Pour la première fois en 10 ans, l'ensemble des principaux acteurs politiques a participé à ces législatives, laissant espérer qu'elles permettent d'apaiser la vie politique d'un pays à l'histoire récente marquée par de fortes tensions et les violences électorales.

Adama Bictogo

Adamo Bictogo lors d'un discours en janvier 2019

Photo : afp via getty images / ISSOUF SANOGO

Notre objectif était de remporter autour de 60 % des sièges, nous y sommes, a déclaré Adama Bictogo, numéro deux du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir.

À cette étape du dépouillement, les premières tendances [...] montrent clairement que notre parti sortira vainqueur avec une majorité confortable, a-t-il ajouté.

En début d'après-midi, Niamkey Koffi, coordinateur général pour les législatives du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, principal parti d'opposition) avait lui aussi revendiqué la victoire.

Nous pensons être autour de 128 sièges avec nos alliés, a-t-il affirmé, soit juste la majorité des 255 députés de l'Assemblée nationale.

Ces deux déclarations de responsables des partis au pouvoir et de l'opposition sont intervenues alors que la CEI, chargée de la proclamation des résultats, n'en avait annoncé dimanche soir qu'une partie.

Faible participation

Le PDCI de l'ex-président Henri Konan Bédié a formé une alliance avec Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), coalition regroupant les partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo dominée par son parti, le Front populaire ivoirien (FPI).

Notre inquiétude, c'est la manipulation des résultats, a dit M. Koffi, en mettant en garde le gouvernement contre toute tentative qui fausserait la sincérité du scrutin.

Il a dénoncé des résultats provisoires émaillés de tricheries, de tripatouillages, de manipulations, ainsi que des tentatives d'inversion des résultats dans plusieurs grandes villes et circonscriptions importantes, où le PDCI et le RHDP revendiquent la victoire.

Il a listé les communes de Yopougon, Abobo, Port Bouët et Marcory à Abidjan, la capitale politique Yamoussoukro, la cité balnéaire de Grand-Bassam, ainsi qu'Agboville où se présentait le numéro deux du parti au pouvoir, Adama Bictogo.

M. Bictogo a récusé les accusations de fraudes. Ils sont dans leur logique, la logique des perdants, a-t-il affirmé, ajoutant : L'opposition n'est plus audible.

Selon M. Koffi, le taux de participation ne dépasse pas 20 % au niveau national – contre officiellement 34 % aux précédentes législatives de 2016 – en raison des craintes de violences qui ont dissuadé les électeurs d'aller voter.

La population n'a pas manifesté un réel intérêt pour cette élection, a indiqué, sans donner de chiffres, Indigo, organisation ivoirienne qui avait déployé 500 observateurs dans tout le pays.

Grand retour du parti de Gbagbo

Les législatives de samedi se sont dans l'ensemble déroulées dans le calme, contrairement à la présidentielle d'octobre 2020, marquée par des violences avant et après le scrutin qui avaient fait 87 morts et quelque 500 blessés.

Alassane Ouattara et son épouse Dominique Ouattara

Le président ivoirien Alassane Ouattara avec son épouse Dominique Ouattara, à Abidjan, lors des élections législatives ivoiriennes du 6 mars 2021.

Photo : afp via getty images / SIA KAMBOU

Ce scrutin avait été boycotté par les partis d'opposition et le président Alassane Ouattara réélu avec plus de 94 % des voix pour un troisième mandat controversé.

Le vote de samedi a marqué le grand retour du FPI de Laurent Gbagbo. Son parti boycottait tous les scrutins depuis l'arrestation de M. Gbagbo en avril 2011 à Abidjan et son transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, après des violences postélectorales ayant fait quelque 3000 morts.

Après son acquittement en janvier 2019 il a été remis en liberté conditionnelle et vit depuis à Bruxelles. Ses partisans attendent avec impatience son retour, que M. Gbagbo à récemment annoncé pour bientôt.

L'enjeu des législatives pour les partis d'opposition est d'obtenir suffisamment d'élus à l'Assemblée nationale afin d'empêcher la consolidation d'un pouvoir absolu du président Ouattara et de son parti.

Pour poursuivre la politique de réformes du chef de l'État, le RHDP entend lui conserver sa majorité absolue de 167 sièges sur 255, obtenue en décembre 2016 alors qu'il était allié au PDCI.

Le scrutin s'est tenu sans le premier ministre Hamed Bakayoko dont l'hospitalisation à Paris depuis le 18 février a été prolongée. Selon la CEI, il a été réélu dans son fief de Séguéla.

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