•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vaccination : la deuxième dose se fait attendre pour les professionnels de la santé

Une aînée reçoit son vaccin.

Alors que les personnes âgées ont déjà leur RDV pour la deuxième injection, ce n'est pas le cas pour le personnel soignant.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Alors que la vaccination avance auprès des personnes âgées, les travailleurs de la santé en première ligne peinent à obtenir un rendez-vous pour leur deuxième dose.

Stéphanie Lesieur, préposée aux bénéficiaires dans un CHSLD de Boucherville s’est fait vacciner en décembre dernier. Gabrielle Voisine, une médecin de Montérégie, en février. Toutes les deux attentes désespérément d’obtenir leur rendez-vous pour la deuxième dose, en vain.

Changement de posologie

Pourtant, lorsque les vaccins ont été mis à la disposition des pays, les fabricants indiquaient que la deuxième dose, pour être efficace, devait se faire dans les 21 jours après la première piqûre. Ce délai a été revu à la hausse.

Mercredi, le ministère de la Santé et des Services sociaux annonçait que le délai entre l’administration des deux doses du vaccin de Pfizer et Moderna sera allongé à quatre mois.

Vaccination des travailleurs de la santé

Les études d'efficacité menées sur le terrain, tant ici au Québec qu'ailleurs au Canada et à l'échelle internationale, démontrent que le vaccin offre une protection significative après l'administration d'une première dose, soit 80 %, indique le ministère.

Un changement de posologie qui laisse perplexes les deux travailleuses de la santé. On ne sait plus quoi croire, dit Mme Lesieur, en évoquant la possibilité que cette nouvelle information soit erronée. Que va-t-il se passer alors? Ça va engendrer des coûts, ajoute-t-elle, sous-entendant que la première dose n’aura peut-être servi à rien.

Une femme âgée effectue le coloriage d'un enfant patinant.

Les personnes âgées sont prioritaires pour recevoir le vaccin contre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Pasquale Harrison-Julien

Je ne sais pas si c’est correct de vacciner avec autant d’écart entre les deux doses, ajoute la Dre Voisine. Cette dernière a fait part de sa frustration concernant la campagne de vaccination sur les réseaux sociaux. Elle estime que le personnel soignant devrait rapidement obtenir la deuxième injection, puisqu’il est au front.

Il y a un certain non-sens dans l’ordre dans lequel on procède aux choses. Ça serait important que les travailleurs de la santé soient immunisés. Avec une seule dose de vaccin, on a un 50 % d’immunisation, tandis qu’avec deux doses on peut aller chercher un 90-95 %, disait l'INSPQ.

Une citation de :Dre Gabrielle Voisine, médecin de Montérégie

Conséquences sur le système de santé

Selon elle, ne pas pleinement vacciner le personnel de la santé peut avoir des conséquences sur le système en lui-même. En effet, un employé malade doit s’isoler. Cela fait donc une paire de bras en moins sur le terrain. Par ailleurs, ils deviennent des vecteurs de transmission.

Le point sur la vaccination au Canada :

Au Canada, 1 380 063 personnes (3,63 % de la population) ont reçu au moins une dose d'un vaccin contre la COVID-19.

  • 841 878 personnes (2,22 % de la population) ont reçu une seule dose.
  • 538 185 personnes (1,42 % de la population) ont reçu deux doses.
  • 52,80 % des travailleurs de la santé ont reçu au moins une dose d'un vaccin.
  • 29,91 % ont reçu une seule dose.
  • 22,89 % ont reçu deux doses.

Claude Talbot, le président du syndicat des employés du CHUM – où 7029 personnes ont reçu une première dose – abonde dans ce sens.

C’est vraiment de l’improvisation. Le danger, c’est qu’on est au cœur de l’action donc si on n’est pas vacciné, c’est nous qui allons contaminer les patients.

Une citation de :Claude Talbot, président du syndicat des employés du CHUM

Mmes Voisine et Lesieur n’ont pas pu avoir de nouvelles concernant une date de rendez-vous pour leur deuxième dose. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté d'obtenir des réponses.

Selon la Dre Voisine, son cas n’est pas isolé. Interrogé sur le sujet, le CHUM indique que ses employés auront des nouvelles dès que l’établissement aura reçu les doses de vaccins selon les priorités établies par le ministère et la direction de la santé publique.

Par ailleurs, le ministère de la Santé renvoie la responsabilité aux fournisseurs. Nous avons toujours mentionné que le rythme de la campagne de vaccination dépend de la livraison des vaccins et que tous les vaccins que nous avons reçus seront utilisés de manière à immuniser le plus grand nombre de personnes possible auprès des groupes prioritaires, indique-t-il par courriel.

Avec les informations de Marie-Michelle Lauzon

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !