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Belle-Île en Acadie, ou l'histoire partagée de la diaspora acadienne dans le monde

Des Bellilois, sifflets à la bouche, portant des chandails de l'Acadie et agitant des drapeaux de l'Acadie.

« Belle-Île en Acadie » est un documentaire du cinéaste néo-écossais Phil Comeau.

Photo : Gracieuseté de Phil Comeau

La Presse canadienne

Le réalisateur Phil Comeau s’émerveille de voir combien les descendants des colons acadiens sont attachés à leur héritage.

Son documentaire de 2019, Belle-Île en Acadie, suit un pèlerinage des Acadiens de Belle-Île-en-Mer en Bretagne, en France, dans les provinces maritimes pour le Congrès mondial acadien, un festival de la culture acadienne qui se tient tous les cinq ans.

Phil Comeau, un Acadien né en Nouvelle-Écosse, veut explorer les thèmes du patrimoine et de l'appartenance dans son plus récent documentaire.

Son court-métrage a été présenté l'an dernier au festival Rendez-vous Québec Cinéma, juste avant le début de la pandémie.

Belle-Île en Acadie s'ouvre sur une image d'une carte de l'est du Canada recouverte d'un texte décrivant la déportation des Acadiens en 1755.

Douglas Lapierre, vêtu d'un drapeau acadien, observe le monument commémorant le Grand Dérangement.

Le monument commémorant la déportation des Acadiens, sur le front de mer d'Halifax, en Nouvelle-Écosse (archives).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Plus de 1100 personnes ont notamment été expulsées de force de leurs terres et déportées vers l'État de Virginie par les Britanniques.

Après s'être vu refuser l'entrée, ils ont été envoyés dans des camps de détention en Angleterre, où ils sont restés jusqu'en 1763 et ont été libérés avec la signature du traité de Paris, à la suite de la fin de la guerre de Sept Ans entre la France et la Grande-Bretagne.

Près de la moitié des survivants de cette infâme déportation ont déménagé à Belle-Île-en-Mer. D'autres, cependant, sont retournés en Amérique du Nord, se réinstallant dans plusieurs endroits différents du continent, y compris dans les Maritimes.

Phil Comeau devant un micro de Radio-Canada.

Le cinéaste acadien Phil Comeau (archives).

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Le réalisateur explique que les thèmes du film vont bien au-delà de l'Amérique du Nord et de la France. Je voulais explorer comment les gens réagissent à l'exil, comment les gens vivaient exilés même des générations plus tard, car il y a actuellement 70 millions de réfugiés dans le monde.

Au cours du documentaire de 26 minutes, Phil Comeau suit le groupe alors qu'il visite ce qu'il appelle leurs terres ancestrales à travers la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard.

Les émotions bouillonnent lorsque les pèlerins découvrent divers endroits historiques des Maritimes; beaucoup d'entre eux n'avaient jamais mis les pieds dans la région.

Forte connexion

Présent dans le court-métrage, Claude Boudreau, directeur de tournée pour Les Voyages DiasporAcadie, qui organise de voyages vers des destinations d'importance historique pour la diaspora acadienne, avance que malgré la distance, la force de connexion des descendants acadiens contribue à combler cet écart à travers le temps.

En entrevue avec La Presse Canadienne, il dit ressentir une proximité particulière avec les Acadiens de France parce que ses ancêtres faisaient partie de ceux qui étaient détenus dans des camps de prisonniers anglais et qui sont finalement revenus en Nouvelle-Écosse.

Lorsqu'on se réunit, en une demi-heure, nous trouvons une connexion quelque part, fait valoir M. Boudreau à propos de la rencontre avec des Acadiens du monde entier. La fierté dans leurs yeux a été un moment fort de ma carrière.

Une autre guide touristique présente dans le film, Susan Surette-Draper, trouve gratifiant d'avoir amené le groupe à visiter des endroits de la Nouvelle-Écosse liés à l'histoire acadienne.

Pour moi, expliquer, montrer et accompagner les gens est toujours une expérience intéressante, qui me rend humble. C'est toujours une sorte de privilège de pouvoir le faire, décrit-elle en entrevue.

L'île Georges reste méconnue du grand public malgré sa proximité au centre-ville d'Halifax.

Visite de l'île Georges, à Halifax, à l'été 2019.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

Selon M. Boudreau, le film est un témoignage d'espoir pour d'autres personnes dans le monde qui se retrouvent déplacées comme l'ont été les Acadiens lors de la Déportation, connue depuis sous le nom de Grand Dérangement.

Mme Surette-Draper croit aussi que l’histoire des Acadiens en est une qui résonne auprès d'autres cultures puisque chacun peut trouver une sorte de lien dans sa propre histoire de famille.

Belle-Île en Acadie se termine par des images montrant le groupe marcher le long d'une plage humide au pied de certaines falaises du Cap Enragé, au Nouveau-Brunswick.

Un membre parle de passer le flambeau à sa petite-fille, qui l'accompagne pendant le voyage, pour s'assurer que d'autres générations de descendants acadiens continuent de maintenir leur lien avec les Acadiens des siècles passés.

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