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Envoyée spéciale

Début du procès de Derek Chauvin, accusé du meurtre de George Floyd

Toshira Garroway devant un mur peint sur lequel on peut voir des visages.

Toshira Garroway a lancé un organisme qui soutient les familles endeuillées.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

C’est certainement l'un des procès les plus suivis de la planète : celui de Derek Chauvin, le policier de la Ville de Minneapolis, accusé d’avoir tué George Floyd, le 25 mai 2020. Le drame est rapidement devenu le symbole de la lutte des personnes racisées dans le monde entier et a mis le doigt sur les violences policières.

Les images avaient fait le tour du monde et entraîné une série de manifestations violentes à Minneapolis, d’abord, puis dans de nombreuses grandes villes américaines et ailleurs.

Sur la vidéo, un homme noir agonisait sous le genou d’un policier blanc, pendant 8 minutes 46 secondes. On entendait la victime, George Floyd, supplier l'accusé en prononçant 20 fois I can’t breathe, avant de rendre son dernier souffle, une heure plus tard, à l’hôpital.

Lundi, les caméras seront braquées sur ce policier, Derek Chauvin, 45 ans, accusé de meurtre au second degré et d'homicide involontaire coupable.

À la veille du procès de M. Chauvin, plusieurs familles des victimes de violence policières se sont rassemblées devant le palais de justice de Minneapolis. Sur une longue banderole, elles ont inscrit les noms des 429 victimes de violences policières au Minnesota seulement.

Des gens qui marchent en portant une pancarte sur laquelle on voit George Floyd. Ils portent aussi un cercueil.

Des manifestants se sont donné rendez-vous à la veille du procès du policier accusé d'avoir tué George Floyd.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

Quand ils tuent nos proches, ils tuent une famille entière, c’est toute une communauté qui meurt. Ils nous ont volé quelque chose qu’on ne retrouvera jamais, a indiqué Toshira Garroway, présidente de l’organisme Families against police brutality.

Le Minnesota doit faire l'objet d'une enquête fédérale. C’est meurtre, après meurtre, après meurtre et ces gens-là sont libres.

Une citation de :Toshira Garroway présidente de l’organisme Families against police brutality

Le corps du conjoint de Toshira Garroway a été retrouvé dans un dépotoir de recyclage. Les dernières images avant sa mort le montrent fuyant la police. La femme est devenue, malgré elle, le visage de ces victimes collatérales.

Des fausses pierres tombales en plastique avec des noms de victimes.

Un cimetière symbolique près de la place George Floyd de toutes les victimes de violence policière a été réalisé.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

Elle a justement fondé le groupe Families against police brutality pour que les familles ne se taisent plus. Pendant longtemps, les gens ne me croyaient pas que la police était capable de tel crime, mais depuis la mort de George Floyd, on nous écoute, dit-elle.

Ces familles affirment que le seul policier à avoir été condamné pour avoir tué un citoyen est un policier noir, Mohammed Nour.

L’homme de 33 ans a été condamné à 12 ans et demi de prison pour le meurtre au troisième degré de Justine Ruszczyk, une Australienne qui s’était installée à Minneapolis aux côtés de son fiancé.

En juillet 2017, elle avait appelé le 911 pour signaler l'agression possible d'une femme dans une allée derrière sa maison. En arrivant sur la scène, le policier affirme avoir tiré sur Mme Ruszczyk, car il craignait de mourir.

Des gens manifestent avec des pancartes.

Trois autres policiers sont accusés d'avoir aidé et encouragé le meurtre au deuxième degré et l'homicide involontaire coupable et devraient être traduits en justice en août.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

Le seul policier en prison est noir parce qu’il a commis le péché ultime de tuer une personne blanche, a dit Valerie Castille, la mère de Philando Castille.

Son fils avait été interpellé en juillet 2016 lorsqu’il était au volant de sa voiture et que ses feux arrière ne fonctionnaient pas. Lorsqu’il s'apprêtait à chercher ses papiers d’identité et son permis d’arme, le policier Jeronimo Yanez l’a tué à bout portant.

La scène a été diffusée en direct sur Facebook live par sa conjointe. On entendait son fils de 3 ans pleurer sur la banquette arrière de la voiture. Le policier a été poursuivi puis acquitté après son procès. Il affirmait lui aussi avoir tiré parce qu’il avait peur pour sa vie.

À lui tout seul, Derek Chauvin symbolise le procès que toutes ces familles n’ont pu obtenir, et elles veulent des réponses.

Trois autres policiers – Thomas Lane, J. Kueng et Tou Thao – sont accusés d'avoir aidé et encouragé le meurtre au deuxième degré et l'homicide involontaire coupable. Ils devraient être traduits en justice en août.

Comme Derek Chauvin, tous les trois ont été licenciés peu après la mort de George Floyd.

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