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COVID-19 : un plan d'action pour aider les femmes

La pandémie de COVID-19 a touché plus durement les femmes que les hommes : elles sont plus nombreuses à avoir perdu leur emploi, et leurs charges familiales ont augmenté. Un plan d’action spécifiquement féminin s’impose, selon Québec.

Deux femmes marchent dans la rue.

23 millions de dollars seront investis cette année dans les ministères et les organismes pour qu’ils bonifient les mesures prévues pour les femmes dans leurs programmes.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En tout, 23 millions de dollars seront investis cette année dans les ministères et les organismes pour qu’ils bonifient les mesures prévues pour les femmes dans leurs programmes.

Nathalie D'Amours, qui est responsable de Famille Point Québec, un regroupement de soutien aux familles, a rapidement constaté les répercussions de la pandémie sur les mères.

La femme prend plus souvent sur elle les charges invisibles, le souci de penser aux repas, faire les courses, les devoirs des enfants… Je ne dis pas que les pères sont absents. Au contraire! Je constate que les conjoints sont de plus en plus présents, mais le petit déséquilibre qui était là avant se remarque encore plus en temps de crise, dit-elle.

Durant le confinement de la première vague, le nombre d’heures consacrées aux enfants a augmenté de 27 heures par semaine pour les mères, comparativement à 13 heures pour les pères, selon un document gouvernemental obtenu par Radio-Canada.

Les femmes sont aussi beaucoup plus nombreuses à avoir perdu leur emploi, déplore le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT). Selon Yasmina Drissi, parmi les 210 000 chômeurs pandémiques, plus de 55 % sont des femmes, majoritairement non syndiquées.

Elle ajoute que 32 000 autres ont quitté volontairement leur travail pour des questions de conciliation travail-famille ou pour consacrer leur temps à un membre de la famille comme proche aidante.

Il y a un recul au niveau de l’égalité entre les femmes et les hommes […], et c’est clair que les consignes sanitaires où les enfants sont retirés du milieu scolaire font que les femmes sont plus appelées à s’absenter du travail.

Une citation de :Yasmina Drissi, coordonnatrice au CIAFT

La baisse d’emploi chez les femmes se situe d’ailleurs à 7,1 %, comparativement à 4,6 % pour les hommes, confirment les données du gouvernement.

Un plan spécifiquement féminin

Québec craint de voir la crise de la main-d’œuvre s’aggraver et veut soutenir les femmes pour qu’elles restent sur le marché du travail. La ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, profite de la Journée internationale des femmes pour déposer un plan d’action de 23 M $, qui se décline en 24 actions.

Elle assure que la mise en œuvre sera rapide puisque tout l’argent doit être dépensé cette année. On est allé cibler [les secteurs] où on savait que la pandémie causerait plus d’impact chez les femmes, fait-elle remarquer.

En tout, 15 ministères et organismes seront appelés à bonifier leurs programmes, notamment en matière de conciliation travail-famille-études et d’accès à l’emploi.

C’est un plan d’action rapide, qui vient en complément aux différentes stratégies ou aux plans qui existent déjà […]. C’est un colmatage de certaines brèches, qui fera en sorte qu’on pourra spécifiquement rejoindre les femmes.

Une citation de :Isabelle Charest, ministre responsable de la Condition féminine

Québec veut aussi reconnaître le travail non rémunéré des femmes, effectué dans la cellule familiale. Le gouvernement prévoit la création de passerelles accélérées de formations et d’accès à l’emploi pour les amener à occuper des emplois en sciences, en technologies, en ingénierie et en mathématiques.

Le gouvernement compte aussi inciter les ministères et les organismes à recourir à l’analyse différenciée selon les sexes dans le déploiement de leurs actions.

Selon les données recueillies par Québec, 63 % des femmes affirment se sentir plus isolées. Le gouvernement s’inquiète de la détresse psychologique et du fait que le confinement augmente les risques pour celles qui se trouvent en contexte de vulnérabilité.

Des sommes supplémentaires sont donc aussi prévues pour briser l’isolement des victimes de violence conjugale et sexuelle, une situation qui a bouleversé le Québec la semaine dernière, après un double féminicide.

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