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Immersion : un 45e album pour Angèle Dubeau

Une femme blonde posant de face, tenant un violon dans ses bras croisés

Les pièces de la violoniste ont été écoutées plus de 115 millions de fois sur des plateformes de diffusion comme Apple Music et Spotify.

Photo : Photo de presse : Analekta

Radio-Canada

Après des mois de confinement difficiles mais effervescents sur le plan musical, la violoniste québécoise nous parle des trois albums qu’elle prévoit sortir cette année, de son amour pour l'œuvre de Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead, ainsi que de son nouveau rôle de commissaire pour Apple Music.

Ses pièces ont été écoutées plus de 115 millions de fois sur les plateformes de diffusion telles Apple Music et Spotify, un chiffre énorme qui témoigne de l’empreinte importante d’Angèle Dubeau sur le monde de la musique classique.

Lorsque René Homier-Roy lui a demandé de commenter sa popularité fulgurante à l'occasion d'une entrevue pour l'émission Culture club, Angèle Dubeau a affirmé qu’elle peinait à y croire.

Vraiment, ça m’impressionne. Moi-même, je me répète le chiffre en me disant que ça n’a pas de bon sens. C’est évident que quand j’ai commencé, il y a plus de 40 ans, jamais je n’avais pensé rejoindre autant de gens, explique-t-elle.

Moi qui ai toujours voulu rejoindre le plus grand nombre de personnes possible, d’abaisser les barrières, de faire en sorte que la musique classique devienne accessible à tous, ça me réjouit.

Angèle Dubeau, toujours aussi prolifique

Angèle Dubeau s’apprête à sortir non pas un, mais trois albums complètement différents en 2021; un plan ambitieux qui a reçu l'aval de Mario Labbé, président et fondateur de l’étiquette Analekta.

Le premier, c’est Immersion, qui relate le début de confinement et toutes les émotions qui me sont arrivées comme un tsunami. J'ai décidé de mettre ça en musique, affirme-t-elle.

Ensuite, quand j’ai vu que cette pandémie perdurait et n’en finissait plus, je me suis dit qu’il y avait une chose qu’on ne pouvait pas m’enlever. On peut m’enlever les concerts, la performance sur scène, mais on ne peut pas m’enlever l’enregistrement.

Revisiter l’œuvre de Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead

L’album Immersion comprend des versions revisitées des œuvres de compositeurs comme Philip Glass, Michael Nyman et Ludovico Einaudi, mais aussi de Jonny Greenwood, multi-instrumentiste et cofondateur du groupe Radiohead.

Jonny Greenwood est toujours un membre très actif de Radiohead, mais à la base, c’est un musicien de formation classique, explique-t-elle. Il est altiste et a même étudié les ondes Martenot. C’est quelqu’un qui a écrit pour la BBC et qui a fait plein d'œuvres symphoniques. C’est son petit côté givré, que les gens ne connaissent pas.

Angèle Dubeau affirme que son envie de retravailler les œuvres du musicien lui trottait dans la tête depuis une dizaine d’années. Son rêve se réalise enfin sur Immersion, dans lequel elle interprète une suite de trois segments tirés de la trame sonore du film Il y aura du sang (There Will Be Blood, 2007), composée par Greenwood.

Préparer une liste de lecture pour Apple Music

Les goûts raffinés d’Angèle Dubeau et son habileté à démocratiser la musique classique ont attiré l’attention du service de diffusion Apple Music, qui lui a donné le mandat de créer une liste de lecture composée de morceaux classiques à écouter pour se concentrer.

On m’a donné un thème centré sur la musique classique, [mais] on m’a donné carte blanche. Je leur ai fourni 50 œuvres; une liste de lecture sur laquelle on peut lire, étudier, qui peut amener cette espèce de bulle de concentration, explique-t-elle.

Mon travail est déjà fait; c’est déjà rendu chez Apple, qui en est très satisfait. Et maintenant, il y a des grands manitous qui vont décider quand ça va sortir.

Infatigable, mais pas invincible

Après avoir survécu à un cancer du sein diagnostiqué en 2013, la violoniste se considère plutôt en forme, mais elle sait qu’un jour ou l’autre, la pratique de son instrument deviendra trop difficile pour elle. Pas question, par exemple, de se produire sur scène jusqu’à l’âge de 95 ans.

À 95 ans, je vais toujours avoir la flamme, mais honnêtement, je ne crois pas que j’en jouerai encore. Il faut dire les choses comme elles sont : le violon est un instrument qui demande beaucoup physiquement, dit-elle en faisant une comparaison avec le piano, qui, selon elle, est moins exigeant lorsque le corps vieillit.

Actuellement, je touche du bois. J’ai des petits bobos, je vois régulièrement mon ostéopathe, mais c’est impossible de penser qu’à 95 ans, je pourrai encore faire une carrière active de violoniste. Je pourrai peut-être jouer pour mes petits enfants ou mes arrière-petits-enfants, avec un petit trémolo dans le vibrato, mais je ne serai certainement plus sur scène.

Alors qu’elle a lancé Immersion il y a à peine deux semaines, la violoniste affirme qu’elle répète déjà pour l’enregistrement de son deuxième album de l’année, avec son ensemble La Pietà.

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