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Ouvrir une résidence privée pour aînés en pandémie : un parcours semé d'embûches

Amélie Bélanger regarde l'objectif.

Amélie Bélanger, copropriétaire des Jardins du Lac-Témiscouata, une résidence privée pour aînés

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

Radio-Canada

Un couple du Témiscouata, déjà propriétaire d'une première résidence pour personnes âgées, a décidé de relever le défi d'acheter un second établissement pour aînés en pleine pandémie.

Amélie Bélanger et Michael Morin ont pris possession de la résidence, qu'ils ont appelée Jardins du Lac-Témiscouata, le 1er mars après un processus d'acquisition qui s'est avéré beaucoup plus difficile que lors de l'achat de leur première résidence.

Le principal défi pour le couple a été d'obtenir un prêt d'un établissement financier pour l'achat de cette résidence, située à Témiscouata-sur-le-Lac.

Une résidence privée pour aînés, vue de l'extérieur.

La résidence privée pour aînés les Jardins du Lac-Témiscouata

Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross

En comparaison de ce qu'ils avaient vécu lors de l'acquisition de leur première résidence, Amélie Bélanger indique qu'ils ont été obligés d'apporter une mise de fonds bien plus élevée.

[L'établissement financier] a eu un pied sur le break quand ils ont vu notre demande de financement puisque dans les résidences privées, au Québec, c’était très difficile : ils étaient réticents à embarquer dans un deuxième projet, raconte-t-elle.

Le couple a dû démontrer de manière beaucoup plus détaillée ses compétences pour gérer ce type d'établissement. Vu qu’on avait déjà une RPA, ils ont constaté que c’était bien géré et que ça allait bien, et ça a aidé, explique-t-elle.

Malgré les difficultés rencontrées, Amélie Bélanger croit en la nécessité d’offrir aux citoyens des RPA de petites tailles en raison, notamment, de la qualité des soins et du service personnalisé. Je trouve que ça fait plus familial que d’avoir de gros bâtiments, précise-t-elle.

On refuse deux à trois clients par semaine. Au niveau du Témiscouata, il y a beaucoup de demandes.

Une citation de :Amélie Bélanger, propriétaire de deux RPA à Témiscouata-sur-le-Lac

De plus en plus de fermetures

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés s'inquiète du rythme de fermeture des résidences privées dans la province : de plus en plus de RPA ferment leurs portes depuis quelques années.

Selon l’organisme, 125 résidences privées ont mis fin à leurs activités entre la fin mai 2019 et le début de décembre 2020.

Selon le président du Regroupement, Yves Desjardins, cette situation s’explique par le fait que la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) a cessé d'assurer les prêts pour l'achat de résidences privées pour aînés de moins de 100 unités.

Il indique également que les résidences pour aînés font généralement peu de profit. Les banques et autres prêteurs sont donc plus hésitants à accorder un prêt pour ce type d'établissements.

Ceux qui désirent se retirer du marché n’ont pas la possibilité de vendre leur résidence privée pour aînés, ce qui explique les nombreuses fermetures – il y en a au-dessus de 550 depuis 6 ans – alors les résidences se retirent tout simplement du marché et cessent leurs activités.

Les résidents en font les frais

Pour Yves Desjardins, ce sont au bout du compte les aînés qui en paient le prix, parce que les résidents sont contraints de déménager à la suite de ces fermetures.

Selon lui, la situation est souvent encore plus difficile en milieu rural, comme au Témiscouata.

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés croit que la bonification du crédit d'impôt pour le maintien à domicile et l'application d'une méthode de fixation des loyers tenant mieux compte de la réalité des résidences pour aînés seraient des bonnes pistes de solutions pour améliorer la situation.

Avec les informations de Shanelle Guérin et de Michaële Perron-Langlais

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