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Le pape célèbre sa plus grande messe en Irak, devant des milliers de fidèles

Le pape Francois, avec des aides, récite la messe au micro.

Le pape célèbre à Erbil sa plus grande messe en Irak, le 7 mars 2021.

Photo : Getty Images / AFP / VINCENZO PINTO

Agence France-Presse

Après avoir prié pour les « victimes de la guerre » dans le nord de l'Irak ravagé par les djihadistes, le pape a célébré dimanche sa plus grande messe durant son voyage historique dans ce pays devant des milliers de fidèles et sous haute sécurité.

Désormais au Kurdistan irakien, qui se présente en havre de paix dans un Moyen-Orient déchiré par les guerres, le pape François, friand de bains de foule et qui n'a cessé de louvoyer pour bénir des chrétiens irakiens sur son chemin, est enfin dans son élément.

Le souverain pontife argentin de 84 ans est apparu debout dans sa célèbre papamobile devant des milliers de fidèles installés à distance les uns des autres sur la pelouse ou dans les gradins du stade Franso Hariri à Erbil, certains sous des ombrelles pour se protéger du soleil.

Il a fait son entrée sous les youyous, les percussions et les cris de fidèles qui le suivaient en courant dans une vraie ambiance de stade.

Le pape a ensuite commencé la messe en latin, chape violette sur le dos et calotte blanche sur le crâne, devant une assemblée silencieuse et recueillie, au dernier jour de sa visite en Irak – la première effectuée par un pape dans ce pays.

Le pape debout au micro dans le stade, devant des membres du clergé au premier plan et des fidèles au second plan.

Le pape François a donné la messe dimanche matin devant des milliers de fidèles irakiens rassemblés dans un stade du nord du pays.

Photo : Getty Images / AFP / VINCENZO PINTO

Après des déplacements en avion, en hélicoptère et en voiture blindée dans un pays sorti il y a trois ans d'un conflit sanglant contre le groupe djihadiste État islamique, le pape était dimanche au plus près des membres d'une des plus anciennes communautés chrétiennes, mais aussi l'une des plus dispersées dans le monde.

Depuis son arrivée vendredi, gardes du corps et agents des forces de sécurité assurent une surveillance plus que renforcée. Ils ont aussi été particulièrement vigilants au cours de cette messe au stade Franso Hariri – du nom d'un politicien chrétien assassiné il y a 20 ans –, après une attaque aux roquettes fin février contre l'aéroport d'Erbil.

Mais dimanche, il est parvenu à toucher la foule, d'abord à Mossoul, ancienne capitale autoproclamée de l'EI, où il a déploré l'exil des chrétiens d'Orient sur une estrade construite au milieu des ruines, faute d'église toujours debout.

Le pape François dans la vieille ville de Mossoul, dans le nord de l'Irak.

Le pape François près des ruines de l'église catholique syriaque de l'Immaculée Conception (al-Tahira-l-Kubra), dans la vieille ville de Mossoul, dans le nord de l'Irak, le 7 mars 2021.

Photo : Getty Images / SALEH AL-OBEIDI

Là, le pape, qui marche avec difficulté en raison d'une sciatique, a fait un tour en voiturette de golf sous les youyous et les vivats d'une petite foule.

C'est le plus beau des jours! s'est exclamé Hala Raad, qui l'a vu passer. Maintenant, on espère vivre en sécurité; c'est ça le plus important, a poursuivi cette chrétienne, qui a fui Mossoul lors de la percée djihadiste et qui n'y revient plus que pour de courtes visites.

Puis, à Qaraqosh, localité chrétienne martyre à mi-chemin entre Mossoul et Erbil, le souverain pontife a appelé une foule émue à reconstruire et à ne pas se décourager alors que le nombre de chrétiens est passé en 20 ans de 6 % à 1 % de la population en Irak.

Le pape François est salué par les fidèles dans la ville à prédominance chrétienne de Qaraqosh, à une trentaine de kilomètres au nord de Mossoul, en Irak.

Le pape François est salué par les fidèles à son arrivée à l'église catholique syriaque de l'Immaculée Conception (al-Tahira-l-Kubra), dans la ville à prédominance chrétienne de Qaraqosh, dans la province de Ninive, à une trentaine de kilomètres au nord de Mossoul, en Irak, le 7 mars 2021.

Photo : Getty Images / VINCENZO PINTO

Un premier déplacement depuis la COVID-19

Si le pape se déplace sous haute protection dans un pays où se terrent encore des cellules djihadistes clandestines, il doit aussi composer avec la COVID-19 pour son premier déplacement en 15 mois.

L'Irak est en confinement total après que les contaminations quotidiennes eurent atteint un record : plus de 5000 cas.

De ce fait, le nombre de fidèles dans le stade a été réduit à plusieurs reprises.

En effet, si le pape ainsi que tous les journalistes et ecclésiastiques qui l'accompagnent ont été vaccinés avant leur départ, aucun des fidèles présents au stade ne l'a été.

Seules 50 000 doses de vaccin sont arrivées à ce jour en Irak et seuls des médecins ont pu en bénéficier.

C'est un voyage particulier aussi au regard des conditions sanitaires et de sécurité, a convenu Matteo Bruni, le porte-parole du Vatican.

Mais c'est un geste d'amour pour cette terre et ce peuple, que François voulait visiter depuis la percée de l'EI en 2014 en Irak, et tout geste d'amour est toujours un peu extrême, a-t-il ajouté.

Le pape doit quitter lundi matin l'Irak pour Rome.

Avant d'aller dans le nord du pays, le souverain pontife s'était rendu samedi à Najaf, ville sainte musulmane chiite du sud, pour rencontrer le grand ayatollah Ali Sistani. Ce dernier lui avait dit œuvrer pour que les chrétiens d'Irak vivent en paix, en sécurité et avec tous leurs droits constitutionnels.

Un ayatollah et le pape.

Le grand ayatollah Ali Sistani a reçu le pape François, une première.

Photo : Reuters / HANDOUT

De nombreux chrétiens hésitent encore à rentrer définitivement chez eux.

Quand, en 2014, l'EI a pris la plaine de Ninive, des dizaines de milliers d'entre eux ont fui. Peu font désormais confiance aux forces de l'ordre, qui les avaient alors abandonnés, disent-ils.

Aujourd'hui, beaucoup affirment vivre dans la peur des paramilitaires désormais intégrés à l'État qui ont repris le terrain aux djihadistes.

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