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Côte d'Ivoire : législatives dans le calme, espoir d'une vie politique apaisée

Une femme et un homme comptent le nombre d'électeurs sur des bulletins en papier.

Les agents de la Commission électorale indépendante (CEI) comptent le nombre d'électeurs après la fermeture des bureaux de vote lors des élections législatives, dans le quartier de Yopougon de la ville d'Abidjan, le 6 mars.

Photo : AFP / SIA KAMBOU

Agence France-Presse

Les électeurs de la Côte d'Ivoire ont voté samedi dans le calme pour choisir leurs députés avec l'espoir que ce scrutin permettra d'apaiser la vie politique de leur pays, quatre mois après une présidentielle agitée par des troubles meurtriers.

Pour la première fois depuis dix ans, les principaux acteurs politiques ont participé à ces législatives, alors que l'opposition avait boycotté la présidentielle du 31 octobre 2020, marquée avant et après le scrutin par des violences ayant fait 87 morts et près de 500 blessés.

Les bureaux de vote ont fermé à 18 h (heure locale), puis le dépouillement a débuté. Les résultats seront donnés par la Commission électorale indépendante (CEI) au fur et à mesure du dépouillement.

C'est une élection qui va amener la paix en Côte d'Ivoire et la réconciliation, a affirmé un électeur, Patrice Dago.

Cette fois-ci, on veut que ce soit une élection paisible, qu'il n'y ait pas de victimes dans la population, a renchéri une électrice, Odille Demi.

Hormis trois blessés à l'arme blanche dans la commune de Port-Bouët à Abidjan, selon le maire et candidat d'opposition Sylvestre Emmou, le scrutin s'est déroulé sans incidents majeurs dans l'ensemble du pays, selon les journalistes de l'AFP et les centaines d'observateurs ivoiriens déployés.

En costume et cravate bleus, le président Alassane Ouattara, qui espère que son parti, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), conservera sa majorité absolue à l'Assemblée nationale, a voté sous un soleil radieux à Cocody, commune résidentielle d'Abidjan.

Je souhaite que les épisodes malheureux des élections présidentielles de 2010 et 2020 soient définitivement derrière nous, a-t-il dit.

Le président ivoirien Alassane Ouattara dépose son bulletin de vote.

Le président ivoirien Alassane Ouattara dépose son bulletin de vote au bureau du lycée Sainte-Marie de Cocody, à Abidjan, lors de l'élection législative ivoirienne du 6 mars.

Photo : AFP / SIA KAMBOU

Appels au calme

Vêtu de noir, l'ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans, chef du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, opposition), a voté dans le même bureau et appelé la CEI à faire en sorte qu'il n'y ait ni tricheries ni troubles.

À Yopougon, commune populaire d'Abidjan qui compte le plus grand nombre d'électeurs de la Côte d'Ivoire – près de 500 000 sur 7,4 millions –, Michel Gbagbo, fils de l'ex-président Laurent Gbagbo et candidat, a aussi souhaité que tout se passe dans le calme et la paix.

Un sentiment très largement partagé par les électeurs interrogés par l'AFP, fatigués des violences électorales de l'histoire récente de leur pays.

Ce scrutin a marqué le grand retour dans le jeu électoral du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo.

Le FPI boycottait tous les scrutins depuis l'arrestation de M. Gbagbo en avril 2011 à Abidjan et son transfert à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, après des violences postélectorales ayant fait quelque 3000 morts.

Ses partisans attendent avec impatience son retour, que l'intéressé a récemment annoncé pour bientôt sur Facebook.

Le président Ouattara s'est déclaré favorable, au nom de la réconciliation nationale, à ce retour qui se fait toutefois attendre.

Henri Konan Bédié porte des lunettes et parle dans un micro.

L'ancien président de la Côte d'Ivoire Henri Konan Bédié

Photo : Associated Press / Diomande Ble Blonde

Des alliances

Le FPI, force motrice d'une coalition appelée Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), a fait alliance avec son rival historique, le PDCI d'Henri Konan Bédié.

Le PDCI et le FPI, qui avaient boycotté la présidentielle, ne reconnaissent pas la réélection d'Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé.

Cependant, ils veulent aujourd'hui la majorité à l'Assemblée pour empêcher la consolidation du pouvoir absolu de M. Ouattara et de son parti.

Le RHDP dit quant à lui s'attendre à une vague orange, la couleur du parti, vague qui permettrait de poursuivre les réformes.

Aux dernières législatives, en décembre 2016, le RHDP, alors allié au PDCI, avait remporté la majorité absolue avec 167 sièges.

En outsider face au RHDP et à l'alliance PDCI-EDS, une autre alliance s'est formée entre l'ancien premier ministre de M. Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan, et les formations d'un ex-ministre, Albert Mabri Toikeusse, et de l'ex-chef des Jeunes patriotes Charles Blé Goudé, qui a longtemps été un des piliers des partisans de Laurent Gbagbo.

M. Affi N'Guessan, arrêté après la dernière présidentielle et remis en liberté conditionnelle, a dit espérer que cette élection fonde un nouveau départ pour notre pays sur la voie de la démocratie et de la stabilité politique.

Le scrutin s'est tenu sans le premier ministre Hamed Bakayoko, candidat à Séguéla (Nord), dont l'hospitalisation à Paris depuis le 18 février a été prolongée, a annoncé vendredi soir la présidence ivoirienne.

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