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Pandémie de COVID-19 : le Canada aurait-il pu manquer de nourriture?

Des agrumes dans un marché.

Heureusement pour le Canada, malgré la fermeture des frontières avec nos voisins du Sud, les chaînes d’approvisionnement alimentaire ont été maintenues.

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Thomas Laberge

Le Canada avait-il assez de nourriture pour tous quand la pandémie a débuté? Cette question est bel et bien passée par la tête de la ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, quand on a envisagé la fermeture totale des frontières avec les États-Unis.

« C'est effectivement une question qu'on s’est posée sérieusement avec tous mes homologues des provinces. On s'est réunis virtuellement 22 fois dans l'année pour se poser toutes ces questions et prévoir le pire. »

— Une citation de  Marie-Claude Bibeau, ministre de l'Agriculture du Québec

En effet, les chaînes d’approvisionnement entre le Canada et les États-Unis sont très reliées.

Notre première inquiétude, c'était l’éventuelle fermeture des frontières à la circulation de la nourriture [...] Il y a énormément de mouvements alimentaires entre le Canada et les États-Unis. Alors s'il y avait eu une coupure, ça aurait eu un impact important sur notre approvisionnement alimentaire , a-t-elle dit en entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir.

Marie-Claude Bibeau parle assise devant une bibliothèque.

La ministre canadienne de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau

Photo : Radio-Canada

La ministre a par exemple expliqué que des plants de fraises du Canada étaient envoyés en Californie pour la production des fruits et que ceux-ci étaient ensuite revendus de ce côté-ci de la frontière.

On aurait mangé beaucoup de carottes.

Marie-Claude Bibeau assure qu’elle n’a jamais cru que les Canadiens allaient manquer de nourriture. Toutefois, la diversité alimentaire aurait pu être moindre sur les rayons des épiceries.

« On aurait peut-être mangé beaucoup plus de patates, de carottes, de navets et de pommes et on aurait oublié les bananes et les kiwis [...] On aurait eu moins de diversité et certains produits auraient été plus chers. »

— Une citation de  Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale de l'Agriculture

Selon le directeur de laboratoires de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, ce manque de diversité aurait pu avoir des conséquences.

C'est sûr que la santé des Canadiens aurait été affectée. Dans le cas des fruits et légumes, entre le mois de novembre et le mois d’avril, 80 % de ce qui est vendu arrive de l'extérieur [...] Si on s'en tient au Guide alimentaire canadien, la moitié de l'assiette est problématique , a-t-il affirmé.

Pénurie de main-d’œuvre étrangère

Le manque de travailleurs étrangers a aussi provoqué beaucoup d’inquiétude chez la ministre Bibeau, d’autant plus que le secteur agroalimentaire était en pénurie de main-d'œuvre avant la pandémie et que les Canadiens sont peu enclins à aller travailler dans les champs.

On a travaillé très fort pour essayer de simplifier les processus, mais aussi pour s'assurer que [la venue des travailleurs étrangers] au Canada se ferait de façon sécuritaire pour la santé des Canadiens et pour leur santé à eux aussi [...] C’était vital pour nous qu'on ait ces travailleurs-là dans les champs dès le printemps, a-t-elle lancé.

Des éclosions dans des usines de transformation, par exemple des abattoirs, ont aussi eu pour effet de ralentir la production. L’usine de transformation du porc de Red Deer en Alberta a fermé ses portes pendant deux semaines en février, après que l’établissement est devenu un foyer d’éclosion de COVID-19.

En tout, 500 infections et 4 décès, dont 3 chez des employés, ont été recensés. L’usine a recommencé à fonctionner la semaine dernière.

Cela s’est notamment traduit par une augmentation du prix à la consommation du bœuf canadien de 18 % en juin et de 13 % en juillet 2020, selon un rapport de l’École des politiques publiques de l’Université de Calgary.

Heureusement pour le Canada, malgré la fermeture des frontières avec nos voisins du Sud, les chaînes d’approvisionnement alimentaire ont été maintenues.

L’intégrale de l’entrevue avec Marie-Claude Bibeau sera présentée dimanche à 11 h (heure de l'Est) à l’émission Les coulisses du pouvoir, sur RDI et ICI Télé.

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