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Un marché locatif « périlleux » à Rimouski

Logement à louer à Rimouski

À Rimouski, le taux d'inoccupation des logements ne dépasse pas 1% (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À Rimouski, de nombreux locataires doivent confirmer d'ici la fin du mois de mars s'ils renouvellent leur bail ou s'ils se lancent plutôt à la recherche d'un nouveau logement, une mission qui pourrait s'avérer ardue : le marché locatif actuel est « périlleux », selon le coordonnateur du Comité logement Rimouski-Neigette, Guy Labonté.

Ceux qui ont un logement présentement, avant de penser à déménager, ils devraient être sûrs d'en avoir trouvé un autre, explique-t-il. Et ceux qui arrivent en ville avec des animaux... bonne chance!

À Rimouski, le taux d'inoccupation des logements ne dépasse pas 0,9 %. Pour les logements de trois chambres et plus, ce taux d'inoccupation plonge même à 0,2 %, selon Guy Labonté.

Selon les dernières données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le taux d'inoccupation est de 1,9 % à Matane et de 1,4 % à Rivière-du-Loup.

Caroline Bérubé, Rimouskoise depuis une quinzaine d'années, a dû surmonter de nombreuses difficultés pour se trouver un logement. Après un an de recherches et de nombreuses entrevues au cours desquelles elle devait parfois répondre à des questions personnelles, la mère monoparentale a fini par en trouver un... mais au prix fort.

Après trois déménagements, j'ai finalement trouvé, mais il faut savoir que c'est un 4 et demi que je paye plus de 1000 dollars par mois, sans les services inclus, raconte-t-elle.

On n'est pas dans des cas où on cherche le luxe : on cherche la base, se nourrir, se loger... et on n'y arrive pas!

Une citation de :Caroline Bérubé, une Rimouskoise
Caroline Bérubé, souriante.

Caroline Bérubé a mis un an à trouver un 4 et demi qu'elle paye à fort prix.

Photo : Radio-Canada / Xavier Lacroix

Cette pénurie de logements peut avantager certains propriétaires, qui pourraient en profiter pour augmenter le prix mensuel de leurs loyers au-delà ce qui est permis par le Tribunal administratif du logement (TAL), qui met à disposition des locataires et des propriétaires un outil de calcul de l'augmentation de loyer.

Pour un 4 et demi, pour un loyer de 650 $, on calcule que c'est en bas de 5 dollars que la hausse devrait être, explique Guy Labonté. On voit beaucoup plus qu'une telle augmentation : on voit du 10, 15, 25 dollars qui sont demandés, et on explique bien aux locataires de refuser.

Malgré cela, certaines personnes acceptent des augmentations qui dépassent la hausse autorisée par le TAL.

Les locataires ne veulent pas se mettre leur propriétaire à dos, ils vont accepter et à la fin de l'année quand vous calculez toutes les hausses on se ramasse avec des 18 ou 20 dollars, explique-t-il. Et la hausse cette année a été de 43 $, en moyenne.

Des investissements attendus

Guy Labonté soutient que ce sont les personnes en situation de pauvreté qui ressentent le plus les conséquences de cette hausse.

Les revenus ne sont pas là avec les coûts de loyers qu'on a présentement, explique-t-il. Alors nous, on se bat, année après année, pour qu'il y ait un investissement très fort dans la construction de logements sociaux pour aider les personnes en situation de pauvreté.

En octobre 2020, Québec et Ottawa ont signé une entente pour investir 3,7 milliards de dollars sur 10 ans dans le logement social.

Le coordonnateur du Comité logement Rimouski-Neigette dit attendre avec impatience les prochains budgets des gouvernements provincial et fédéral. Plus de 240 maires de villes du Québec qui ont signé une lettre demandant au gouvernement d'investir dans le logement social pour aider ces personnes, rappelle-t-il.

Durant la campagne électorale de 2018, la Coalition avenir Québec s'était engagée à construire 15 000 logements sociaux pendant son mandat. Selon Guy Labonté, 2500 logements sociaux ont été construits à l'heure actuelle.

D'après un reportage de Xavier Lacroix

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