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De retour au pays, une infirmière refuse les nouvelles exigences de quarantaine

Des travailleurs portant masque, visière, gants et tenue de protection au centre de dépistage de l'aéroport Pearson.

Les voyageurs internationaux doivent maintenant se soumettre à un test de dépistage à leur arrivée à l'aéroport Pearson de Toronto, puis attendre leurs résultats à l'hôtel.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Une infirmière autorisée qui a refusé ouvertement de se conformer aux règles de quarantaine et aux autres directives fédérales pour les voyageurs qui reviennent de l’étranger pourrait faire face à des mesures disciplinaires de la part de son ordre professionnel en Ontario.

Dans une série de vidéos publiées jeudi depuis son propre compte sur les médias sociaux, on voit l’infirmière Jessica Faraone à l’aéroport international Pearson de Toronto, ne portant visiblement pas de masque, déclarer qu'elle a refusé de passer un test de dépistage de la COVID-19 et d’aller se placer en quarantaine dans un hôtel.

Ces mesures sont maintenant obligatoires pour les voyageurs aériens qui reviennent au Canada.

Dans l'une des vidéos, on peut entendre un responsable de l'aéroport dire à Jessica Faraone que, même si elle a droit à son opinion, elle doit respecter les autres en se conformant aux directives de santé publique, ce à quoi la femme répond qu’elle est infirmière. Je suis une travailleuse de première ligne, dit-elle. En fait, je suis considérée comme une héroïne.

Dans un courriel à CBC, Mme Faraone explique qu’elle s’est rendue à Arusha, en Tanzanie, pour travailler bénévolement comme infirmière dans un hôpital pendant cinq semaines.

Elle dit avoir refusé de se conformer aux directives de santé publique à son retour au pays jeudi parce qu'elles vont 100 % à l’encontre de notre Charte des droits et libertés, selon elle.

Elle soutient également que, lorsque la pandémie a commencé, elle a décidé de travailler dans des foyers de soins de longue durée qui ont été durement touchés par le virus. L’infirmière ne précise pas si elle a l’intention de retourner dans ce type d'établissements ou si elle y sera autorisée.

L’Ordre des infirmières examine l’affaire

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO), l'organisme de réglementation de la profession dans la province, dit être au courant des vidéos publiées en ligne et indique qu’en vertu des conditions énoncées sur le site Internet de l’organisme, Mme Faraone pourrait faire l'objet de mesures disciplinaires.

Lorsque les infirmières communiquent avec le public et s'identifient comme infirmières, elles ont une responsabilité envers l’OIIO et le public qu'elles protègent, indique l'Ordre.

Les infirmières ont la responsabilité professionnelle de ne pas faire publiquement des déclarations antivaccination, antimasque et antidistanciation qui contredisent les preuves scientifiques.

La PDG de l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario, Doris Grinspun, estime pour sa part que Mme Faraone a eu un comportement offensant qui n’est pas professionnel et qui contrevient aux mesures de santé publique.

C’est inimaginable que cette vidéo puisse apparaître sur les médias sociaux alors que des milliers d’infirmières, d'infirmiers et d'autres professionnels de la santé travaillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour protéger les Ontariens et essayer de sauver des vies, écrit Dornis Grinspun dans un courriel à CBC.

Sanctions fédérales possibles

Dans une déclaration écrite, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) confirme aussi être au courant des agissements de Jessica Faraone et dit examiner l’affaire, mais ne donne pas plus de détails, citant des enjeux de confidentialité.

L’agence ajoute que les voyageurs sont légalement tenus de suivre les instructions d'un agent de contrôle ou d'un agent de quarantaine sur les tests et la mise en quarantaine obligatoire à l'hôtel, et que les contrevenants à la Loi sur la mise en quarantaine s'exposent à des amendes de 750 000 dollars et à des peines pouvant atteindre six mois d’emprisonnement.

Avec les informations de Sabrina Jonas, de CBC

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