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COVID-19 : grève de la faim au Centre de surveillance de l'immigration de Laval

Une clôture à mailles de chaîne coiffée de barbelés, portant l'adresse « 200, montée Saint-François ».

Le centre de détention pour immigrants, montée Saint-François, à Laval

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Des hommes détenus au centre pour immigrants de Laval ont entamé une grève de la faim, cette semaine, afin de protester contre leurs conditions de détention « inhumaines », exacerbées par la COVID-19.

Il s'agit de la troisième grève de la faim à survenir au Centre de surveillance de l'immigration de Laval depuis le début de la pandémie, selon l'organisme Solidarité sans frontières, qui travaille avec les immigrants et les réfugiés. Le détenu Carlos Martin, qui a entamé sa grève de la faim lundi, soutenait en entrevue mercredi que six autres détenus refusaient également de s'alimenter.

M. Martin, originaire de Colombie, soutient qu'il est détenu à Laval depuis près de 16 mois et qu'il y a entre-temps contracté la COVID-19. Il explique que lui et les autres grévistes de la faim s'inquiètent des nouveaux variants du coronavirus et il prétend que certains gardiens ne suivent pas les procédures sanitaires appropriées.

J'ai vu des gardiens qui présentaient les mêmes symptômes que moi et qui n'utilisaient pas de gants, qui enlevaient leur masque, a-t-il déclaré.

Dans un courriel, jeudi soir, Judith Gadbois-St-Cyr, une porte-parole de l'Agence des services frontaliers du Canada, a assuré qu'il n'y avait actuellement aucun détenu en grève de la faim. Le porte-parole de Solidarité sans frontières, Bill Van Driel, a toutefois déclaré vendredi matin qu'à sa connaissance sept détenus participaient toujours à la grève de la faim.

Pas une première

Un groupe de détenus avaient entamé une grève de la faim en mars 2020, car ils voulaient obtenir leur libération en raison des craintes liées à la pandémie naissante.

En février dernier, un détenu a refusé de s'alimenter après avoir contracté la maladie, selon Solidarité sans frontières. Les détenus ont alors été mis en isolement cellulaire et n'ont été autorisés à sortir que pour prendre une douche ou téléphoner, a déclaré M. Van Driel dans une récente entrevue.

Selon lui, les visites au centre de détention sont suspendues depuis le 16 mars 2020, soit depuis le début de la pandémie. Il soutient aussi que, comme les détenus issus de l'immigration sont généralement gardés pendant une courte période, leurs conditions de détention sont pires que dans les prisons ou les pénitenciers. Il n'y a pas de programmes, pas de services, pas de soutien psychologique, des choses qui, même dans les pires prisons, seraient offertes.

Carlos Martin soutient que les gardiens ripostent aux grévistes de la faim en les soumettant à des fouilles intrusives. Ils refusent de nous donner de l'eau [ou] du Gatorade dans nos cellules, ils viennent trois ou quatre fois par jour et désorganisent tout, a-t-il dit.

La porte-parole des Services frontaliers assure que les détenus qui participent à des manifestations alimentaires ont accès à des soins médicaux et ne sont pas obligés de manger. Elle précise par ailleurs qu'il y a actuellement 18 personnes dans l'établissement de Laval, que 3 ont eu la COVID-19 et qu'elles se sont toutes rétablies.

Interrogée sur la grève de la faim, jeudi, Mary-Liz Power, porte-parole du ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a déclaré : Nous sommes au courant de la situation [...] et nous la suivons de près. Elle a aussi soutenu que le nombre de personnes dans des centres de détention pour immigrants avait été réduit de plus de 50 % depuis le début de la pandémie.

Carlos Martin estime que son processus juridique a été retardé par la pandémie. Si vous avez une question ou une inquiétude, la seule chose qu'ils vous disent, c'est que c'est à cause de la COVID. Maintenant, il ne se soucie plus beaucoup de la décision des autorités dans son dossier d'immigration : tout ce qu'il souhaite, c'est sortir de là le plus vite possible. La vérité, c'est que je veux simplement retrouver ma liberté.

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