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La vaccination, un dilemme pour les sans-papiers

Une infirmière prépare une dose de vaccin.

Une clinique de vaccination contre la COVID-19 est ouverte à l'Hôpital général de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Des sans-papiers vivant au Canada redoutent d’aller se faire vacciner, car ils n'ont pas de statut légal au pays. Pourtant, plusieurs provinces affirment leur intention de vouloir immuniser le plus de gens possible contre la COVID-19 et affirment qu'elles ne demanderont pas à ceux qui se présentent aux cliniques de fournir une preuve de leur statut ou une carte de santé provinciale.

Avec les campagnes de vaccination qui vont bon train aux quatre coins du pays, de nombreux organismes soulèvent la question de l’immunisation de ceux qui sont sans statut légal.

Le groupe national de défense des réfugiés n’est pas encore en mesure de statuer sur la formule qui conviendrait pour assurer que tous aient accès à un vaccin s’ils le souhaitent, affirme-t-il par courriel.

En Colombie-Britannique, le collectif Sanctuary Health, qui vient en aide aux personnes sans statut légal, tire la sonnette d’alarme. Pour ce réseau qui aide plus de 250 familles de la grande région de Vancouver depuis le début de la pandémie, il est primordial que ces individus aient accès rapidement à la vaccination contre le nouveau coronavirus tout en étant protégés de la déportation.

Il note d'ailleurs que ces familles ne représentent qu'une petite partie des sans-papiers qui vivent dans le Grand Vancouver.

Omar Chu.

Omar Chu de Sanctuary Health attend de la Colombie-Britannique qu'elle s'engage à assurer la confidentialité des renseignements des personnes sans statut légal qui se présentent pour recevoir le vaccin contre la COVID-19.

Photo : BCCLA (Twitter)

Omar Chu, de Sanctuary Health, explique qu’il y a parmi ces personnes une grande peur que leurs informations soient divulguées aux services frontaliers.

Ils ont entendu qu'il y a des policiers sur les sites où ils font les tests. Alors ils ont peur que ce soit la même chose avec les vaccins.

Une citation de :Omar Chu, du collectif Sanctuary Health

Sanctuary Health attend des autorités provinciales qu’elles clarifient les règles concernant ces individus et surtout qu’elles s’engagent à garder confidentielles leurs informations.

Le vaccin pour tous, à certaines conditions

Les différentes autorités de santé martèlent depuis décembre que toutes les personnes admissibles pourront être vaccinées. Et c’est le message répété par le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique en réponse aux questions de Radio-Canada : Le vaccin contre la COVID-19 est disponible et gratuit pour toutes les personnes admissibles vivant en Colombie-Britannique.

Des cartes d'immunisation contre la COVID-19.

La Colombie-Britannique remet une carte d'immunisation à toute personne à qui un vaccin contre la COVID-19 a été administré.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Selon Victoria, l'admissibilité n'est pas conditionnelle au programme provincial d’assurance maladie, MSP, ou au fait qu’une personne soit un citoyen canadien.

Par contre, la déclaration écrite précise qu’au cours du processus de préinscription, les gens devront présenter une preuve d'âge et une preuve qu'ils vivent actuellement en Colombie-Britannique. Ce processus sera finalisé avant la phase 3 de notre plan de vaccination contre la COVID-19, conclut la déclaration écrite du ministère de la Santé.

Même s’il est possible pour les personnes sans statut légal de prouver qu’elles sont bien domiciliées dans la province, avec des factures, par exemple, Omar Chu croit que ce genre de renseignements peut décourager certaines d’entre elles.

De plus, sur son site Internet, la Colombie-Britannique stipule que, pour obtenir le vaccin, il est obligatoire de prendre un rendez-vous par téléphone et que, pour ce faire, il faut donner son nom, sa date de naissance, son code postal et son numéro d'assurance maladie. Ce qui va à l'encontre de ce qu'affirme le ministère de la Santé dans le courriel envoyé en réponse aux questions de Radio-Canada.

Situation similaire ailleurs au pays

Du côté de l’Ontario, même son de cloche : Notre objectif est de faire en sorte que tous les habitants de l'Ontario qui sont admissibles et qui veulent le vaccin puissent l'obtenir.

À l’instar de la Colombie-Britannique, la distribution des vaccins en Ontario s’effectue en fonction de la vulnérabilité des personnes. La priorité est donnée à ceux qui présentent un risque plus élevé de contracter le virus et qui sont plus à risque de le propager, rappelle une porte-parole du ministère de la Santé de l'Ontario.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.

Celle-ci précise par ailleurs que vous n'avez pas besoin d'une carte OHIP [d'assurance maladie de l'Ontario], pour recevoir le vaccin. Si vous n'avez pas de carte OHIP, vous pouvez apporter une pièce d'identité avec photo délivrée par le gouvernement, comme un permis de conduire, un passeport, une carte de statut ou d'autres cartes d'assurance maladie provinciales, explique-t-elle.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec assure que le vaccin sera gratuit pour tous et offert selon les priorités recommandées par le Comité d’immunisation du Québec et approuvées par nos autorités.

Il ajoute : Les personnes dites "sans-papiers" ainsi que celles ne possédant pas de pièces d’identité pourront se faire vacciner, sans présenter de pièces d’identité. [Les] systèmes informatiques qui soutiennent l’opération de vaccination permettent la saisie de l’information sur les personnes vaccinées même en l’absence de numéro d’assurance maladie.

Une femme nettoie un chariot.

Une employée du supermarché Superstore à Surrey, dans la région de Vancouver, désinfecte un chariot avant de le remettre à un client.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson (CBC)

Les sans-papiers : des travailleurs essentiels

Beaucoup de sans-papiers occupent des postes de travailleurs essentiels. Ce critère de vulnérabilité est justement mis en avant par Sanctuary Health. M. Chu souligne que la plupart des personnes sans statut légal souhaitent recevoir cette protection supplémentaire et devraient être prioritaires. En effet, ajoute-t-il, elles travaillent souvent dans les secteurs agricole, de la construction ou du nettoyage, où les contacts avec d'autres personnes sont nombreux.

Beaucoup de familles, de travailleurs dans notre réseau ont déjà eu la COVID-19 à cause de leur situation.

Une citation de :Omar Chu, Sanctuary Health

En Colombie-Britannique, les personnes admissibles recevront le vaccin en fonction du groupe prioritaire auquel elles appartiennent.

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