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La SFM souligne l’importance d’une approche globale aux services en français

Vue des airs du Palais législatif du Manitoba.

Un rapport publié lundi indique un bond de 34 % des plaintes concernant les services en français au Manitoba en 2019-2020.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

En réaction au rapport annuel sur les services en français de la province, la Société de la francophonie manitobaine (SFM) réclame une approche pangouvernementale au Manitoba.

Le rapport publié lundi indique que le nombre de plaintes recevables a augmenté de 34 % en 2019-2020. Plus de la moitié concernaient le secteur des soins de santé.

Les entités publiques qui ont accusé un retard dans l’atteinte d’objectifs y mettent aussi en cause le remaniement ministériel consécutif à l’élection provinciale de 2019.

Pour le directeur général adjoint de la SFM, Jean-Michel Beaudry, il est encourageant de voir des rapports comme celui-ci qui n’essaient pas de peindre une situation en rose quand on sait qu’il y a encore beaucoup de travail à faire.

Il n’est pas particulièrement préoccupé par la hausse de plaintes, vu que leur nombre reste relativement bas depuis plusieurs années. Il croit par contre que le rapport souligne l’importance de s’assurer que la province adopte une approche pangouvernementale aux services en français.

M. Beaudry donne l’exemple du remaniement ministériel qui aurait enrayé l’atteinte de certains objectifs.

Ça montre vraiment que quand ce n’est pas une approche globale, ça dépend beaucoup de la sensibilité de certains gestionnaires à l’intérieur d’une entité publique. Dès qu’il y a des changements de personnel, ça peut complètement disparaître, dit Jean-Michel Beaudry.

Jean-Michel Beaudry devant des drapeaux

Jean-Michel Beaudry, directeur général adjoint de la Société de la francophonie manitobaine (SFM).

Photo : Radio-Canada

Il donne l’exemple frappant d’Info Santé, lors de la pandémie. À cause d’un changement tout d’un coup, le service en français disparaît essentiellement.

Je pense que beaucoup des lacunes qui ont été identifiées dans le rapport de cette année et des années passées ont été exacerbées par la pandémie et on le sait déjà, qu’il va y avoir une augmentation considérable des plaintes pour l’année en cours, note-t-il.

Lors d’une crise sanitaire, les francophones reçoivent l’info après la population générale et là, on parle de santé de sécurité, le problème est amplifié , poursuit-il. M. Beaudry cite en exemple les communiqués du gouvernement provincial concernant la COVID-19 qui sont habituellement publiés en français plusieurs heures après les communiqués en anglais.

Il croit qu’un autre événement récent, la fermeture de 21 centres agricoles de la province dont deux bilingues, montre que la province n'a pas pris en compte la francophonie.

Encore une fois si on ne tient pas en considération le fait francophone dans toutes les décisions de l’appareil gouvernemental, ça a un impact démesuré sur la population francophone, résume-t-il.

Des progrès, selon la ministre

Dans une entrevue en français et en anglais avec Radio-Canada, la ministre des Affaires francophones, Rochelle Squires, affirme que ce rapport souligne la volonté de son gouvernement d'assurer le suivi de ses engagements en matière de langue française.

Elle dit que les plans stratégiques des services en français de chaque entité publique sont des documents vivants , et qu’ils ne sont pas faits pour rester sur une étagère, d’où le fait que le gouvernement puisse illustrer ses progrès dans le rapport.

La ministre reconnaît que le remaniement ministériel a ralenti ces progrès.

Parfois, il y a des moments où les progrès sont plus lents, mais tant que nous sommes sur cette marche continuelle vers le progrès, nous continuons de faire évoluer la fonction publique et le gouvernement, dit Mme Squires.

La ministre ajoute que le rapport souligne un renforcement de la capacité bilingue du gouvernement et une certaine consolidation de services en français.

Un plan rapproché du visage d'une femme blonde avec des lunettes.

Rochelle Squires, ministre des Affaires francophones au Manitoba.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Cette année des progrès ont encore été réalisés au niveau de la prestation de services en français, de la sensibilisation d’employés à l’importance de l’offre active et de lancement d’initiatives de coopération, dit-elle, en notant l’augmentation de 72 % de fonctionnaires ayant reçu une formation sur l’offre active.

La ministre reconnaît cependant que la pandémie a révélé des secteurs où le gouvernement doit effectuer des améliorations pour être capable de transmettre de l’information dans les deux langues aussi rapidement que possible.

Pour cela, ele fait valoir l’importance de la communication bilingue simultanée de la part d’entités publiques et affirme que son gouvernement essaiera une approche pangouvernementale pour les services en français.

Les sous-ministres centraux sont autour de la table pour les réunions du Conseil consultatif des affaires francophones, et soutiennent les autres [sous-ministres] pour devenir uniforme dans la prestation de services en français, ajoute Rochelle Squires.

La ministre dit être ouverte à toutes les recommandations du rapport, qui serviront de guide au gouvernement provincial. Elle doit d’ailleurs rencontrer à ce sujet le Conseil consultatif des affaires francophones dans les prochaines semaines.

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