•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'amour au temps du coronavirus : quel impact sur la façon dont nous tissons des liens?

L'application Tinder.

L'application Tinder.

Photo : Associated Press / Tsering Topgyal

Radio-Canada

Lorsqu’on doit limiter ses contacts à une bulle de quelques personnes, que les rassemblements et les rencontres sont découragés par les autorités sanitaires, et que les bars, les restaurants et les salles de concert ferment et ouvrent à répétition, rencontrer de nouvelles personnes devient un défi considérable.

Pour ceux et celles qui sont célibataires, la recherche de partenaires depuis un an n’a rien en commun avec ce qu’elle était avant l’apparition de la COVID-19.

Cette pandémie entraîne-t-elle des ajustements temporaires à la stratégie de ceux qui cherchent l’âme sœur, ou aura-t-elle des répercussions durables sur la façon dont nous tissons des liens entre nous?

Un homme assis face à la caméra de son ordinateur.

Noé Klein

Photo : Radio-Canada

Noé Klein, un étudiant au doctorat en sociologie qui examine la construction des relations de couple, s'est penché depuis un an sur la manière d'utiliser des applications de rencontre.

Il y a déjà eu un changement qui s’est fait au début de la pandémie, raconte-t-il. Les rencontres en personne étant jugées risquées, les échanges en ligne ont dû se prolonger.

Il y a eu une utilisation beaucoup plus importante des échanges vidéos, des appels et des contacts à distance, mentionne M. Klein.

Ce temps d’arrêt n’est peut-être pas nécessairement une mauvaise chose, observe-t-il. On change le rythme des rencontres aujourd’hui avec la pandémie, parce que, justement, on prend plus le temps d’apprendre à connaître la personne et de s’assurer que, finalement, ça vaut le coût, ça vaut le risque d’aller rencontrer cette personne en vrai.

Une femme assise devant la caméra de son ordinateur, dans une pièce ensoleillée.

Sophie LeBlanc Roy, psychologue

Photo : Radio-Canada

Sophie LeBlanc Roy, psychologue, souligne les avantages de cette approche.

Ça fait en sorte que le seul moment que je peux voir cette personne-là, c’est quand on est nous deux, tout seul, explique-t-elle. Ça développe davantage l’intimité.

En revanche, ce type de connexion peut laisser les utilisateurs sur leur faim, ou même en décourager certains à long terme.

Un homme coiffé d'un gros casque d'écoute, devant un mur blanc.

Maxime Dubé

Photo : Radio-Canada

Avec la pandémie, je dois prendre beaucoup plus mon temps, dit Maxime Dubé, 25 ans. Il y a des personnes qui m’intéressent, mais qui ne veulent pas rencontrer du tout, même si c'est pour aller prendre une marche.

La distance l’épuise, à la longue. Je finis par décrocher quand c’est exclusivement en ligne, note-t-il.

Le fait que je ne peux pas faire les activités et les rencontres comme j’aimerais les faire , réfléchit Pierre Boudreau, 22 ans. Ça fait que ma motivation par rapport à ça diminue.

Une femme en entrevue par webcam devant un mur rose, des plantes vertes autour d'elle.

Natalie Comeau

Photo : Radio-Canada

Natalie Comeau, 27 ans, est célibataire depuis environ un an. Sociable, elle a toujours privilégié les nouvelles rencontres dans les événements sociaux et les rassemblements. La pandémie, nous dit-elle, a évidemment éliminé jusqu’à nouvel ordre cette possibilité.

Elle a profité de la pandémie pour faire une introspection et espère que d’autres auront fait le même exercice.

Les gens après la pandémie réalisent un peu, comme moi je l’ai fait, ce qui est le plus important. C’est quoi leur objectif, vraiment? Qu’est-ce qu’ils cherchent dans la vie?, analyse Mme Comeau. Le fait d’avoir réfléchi à ça pendant la pandémie, j’espère rencontrer des gens qui se connaissent eux-mêmes.

Selon la psychologue Sophie LeBlanc Roy, ce souhait pourrait être exaucé.

Ça risque de guider davantage les gens sur les choix qu'ils vont faire dans leurs interactions, ou lorsqu'ils s'abonnent à ces sites de rencontres, parce qu'ils ont davantage travaillé sur eux et ils savent peut-être davantage ce qu'ils recherchent dans les relations, dit-elle.

Un homme en entrevue par webcam.

Pierre Boudreau

Photo : Radio-Canada

Les changements forcés par la pandémie vont-ils durer? Il est encore trop tôt pour le dire, selon le chercheur Noé Klein, mais nos célibataires ont déjà commencé à y songer.

Natalie Comeau a l'intention de laisser les choses aller plus naturellement dans la sphère amoureuse de sa vie. Maxime Dubé compte retrouver ses habitudes prépandémiques.

Quant à Pierre Boudreau, il anticipe de changer de stratégie. Avant, j’avais l’habitude d’attendre une semaine ou deux [...] avant d’aller sur une date, mais là, je vais être un petit peu plus fonceur, dit-il.

D’après le reportage de Marie-Ève Brassard

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !