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La pandémie fait grincer des dents

Un homme se tient la mâchoire et semble souffrir.

Selon l'Institut canadien d'occlusion, les consultations pour des douleurs liées à la mâchoire sont en hausse.

Photo : iStock

Depuis bientôt un an, la pandémie de COVID-19 cause bien des incertitudes... et des maux. Des professionnels de la santé bucco-dentaire ont observé une hausse des consultations pour des douleurs à la mâchoire.

Tensions musculaires, craquements, douleurs, maux de tête, dents fracturées : les problèmes sont multiples chez la population.

Le président et fondateur de l'Institut canadien d'Occlusion, Alain Aubé, n'a jamais vu une demande aussi importante pour des problèmes liés à la mâchoire. Tous les dentistes on s’en parle, c’est d’une évidence incroyable, affirme-t-il.

Sa plage horaire est complète jusqu'au 15 août. En ce moment, il y a tellement de gens qui prennent rendez-vous, ça n'a aucun sens, ajoute le dentiste.

Il y a une augmentation de stress, ça, c’est clair, tout le monde le voit, tout le monde le vit, mais ça révèle des problèmes qui étaient préexistants.

Une citation de :Alain Aubé, président et fondateur de l'Institut canadien d'Occlusion

Selon lui, il n'y a pas plus de problèmes qu'avant, mais le stress devient un catalyseur. Le niveau de stress est augmenté, et quand on a une augmentation de stress, on a une augmentation de la conscientisation de nos problèmes.

La mâchoire est donc plus fragile. Ils vont serrer les dents beaucoup, ou jouer avec leurs dents, frotter leurs dents ensemble, énumère-t-il.

Un dentiste regarde la radio d'un patient.

Un dentiste regarde la radio d'un patient.

Photo : iStock

Des troubles répandus

D'emblée, le Dr Aubé souligne que la majorité des gens ont des troubles de la mâchoire.

Au fil des siècles, les activités de l'humain ont changé et le développement de sa mâchoire a aussi évolué.

Selon ce que les anthropologues nous disent, on mange moins dur, on mange moins cru, donc on mastique moins, on cuit nos choses, et ça, ça aurait fait qu’on aurait développé une plus grande fragilité et une moins bonne croissance, explique-t-il.

Durant la crise sanitaire, les gens serrent davantage des dents, ce qui génère des tensions et des douleurs. Le professionnel compare la mâchoire à n'importe quel autre membre.

Ça serait comme lever un bras toute la journée, on aurait mal au bras à la fin de la journée si on le surutilise, mais souvent les gens s’en rendent pas compte, c’est inconscient, c’est très reflex.

Il faut comprendre que ça ne vient pas que du stress, c’est-à-dire que le stress n’aurait pas d’effet si on avait de bonnes occlusions dentaires, si on avait un bon développement de nos mâchoires.

Une citation de :Alain Aubé, président et fondateur de l'Institut canadien d'Occlusion
Bouche ouverte avec miroir chez le dentiste.

De nombreux patients consultent pour des problèmes de mâchoire.

Photo : iStock

Des patients proactifs

La dentiste propriétaire de la Clinique dentaire du Quartier, à Québec, Julie Lessard, affirme que ce sont les patients qui font dorénavant les premiers pas.

Il y a plus de patients qui m’en parlent par eux-mêmes, parce que normalement c’est moi qui leur disaient qu’ils avaient de l’usure sur leurs dents et qu’il y avait peut-être du bruxisme la nuit, constate-t-elle.

La dentiste remarque également une tendance chez les 20 à 30 ans. Les patients sont aussi plus ouverts à porter une plaque occlusale la nuit.

Parce qu'eux-mêmes notent qu’ils sont plus stressés et qu'ils se réveillent le matin avec des douleurs à la mâchoire et des maux de tête, donc ca c’est des signes qu’il y a du bruxisme la nuit, souligne-t-elle.

Pour éviter des douleurs à la mâchoire, Alain Aubé suggère de dépenser son stress autrement, en faisant du sport ou en lisant, par exemple. Il faut faire ce que chacun aime faire pour se calme pour que tout le monde, on passe cette pandémie sans trop de dégât, soulève-t-il.

Le dentiste, qui a fondé l'Institut pour mettre en lumière ces maux oubliés, se réjouit de constater que les patients et les praticiens sont de plus en plus sensibilisés aux problèmes d'occlusion.

Il y a encore du travail à faire, ce n'est pas fini, il y a encore plein de choses à faire et c’est pour ça que je vais être encore là j’espère, mais oui, il y a plus de conscientisation.

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